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« Cameroun: Course à la présidence, Chantal Biya prend une longueur d’avance »

Un lecteur réagit à la polémique sur le séjour de Chantal Biya à Los Angeles (Ndlr)

A la question posée à Arnaud de Montebourg à la télévision française, de dire selon lui quel était le principal défaut de Ségolène Royal alors candidate à l’élection présidentielle, il avait répondu : « Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut, c’est son compagnon ». (À savoir à l’époque François Hollande). Si on posait la question suivante aux Camerounais : « Quel est le principal défaut de Chantal Vigouroux, épouse BIYA? », je crois savoir que la majorité des Camerounais pourront répondre en toute honnêteté : « C’est Popaul ! ».

Nous assistons ces derniers jours à une joute médiatique qui oppose le Gouvernement et la Présidence de la République à la presse camerounaise, en l’occurrence le quotidien « Le Messager », à propos du Voyage de Mme Chantal BIYA à Los Angeles lors de l’African First Ladies Health Summit qui s’est tenu du 20 au 21 Avril 2009. Pourquoi tant de bruit pour si peu de chose ? L’absence de communication du cabinet de Madame BIYA Chantal et le manque de perspicacité de la presse camerounaise en sont la cause. C’est quoi USDFA ( United States Doctors for Africa ) ? Traduisez : Médecins Américains pour l’Afrique. Sur le site de cette organisation, nous pouvons lire:

« Our Vision

We envision a future for Africa, free from the burden of preventable and treatable diseases and conditions, in which its people can prosper. We see a potential for Africa in which it produces and invests the economic wealth, intellectual capital and human resources required to provide medical care to all its people.
Our Mission

US Doctors for Africa is a humanitarian organization committed to increasing access to medical care for diseases and conditions affecting the people of Africa. By mobilizing and distributing medical manpower, supplies, and equipment to medical institutions throughout the continent of Africa, we are able to provide medical and preventative healthcare and capacity-building to regions of Africa without available medical services. US Doctors for Africa believes that healthcare is a basic human right, and recognizes that a healthy population is essential for growth, development, and prosperity in every society.
Who We Are

US Doctors for Africa mobilizes volunteers and other resources from the United States and strategically distributes these resources in regions where they are most needed. Because the quality of care depends on understanding the cultures and contexts in which it is provided, we design and implement each response in concert with local needs and expertise, alert to regional circumstances and aware of ethnic, religious, cultural and/or national sensitivities.

US Doctors for Africa creates strong, strategic partnerships with NGOs, medical institutions, and governments operating in African nations in order to effectively and efficiently mobilize and deliver needed resources to areas in which we operate.

We also create strong, tactical partnerships with US medical institutions and pharmaceutical companies in order to receive donations of medical supplies and equipment, and distribute them to clinics, hospitals, and other medical institutions in Africa where there is a great need for resources.

US Doctors for Africa also responds to domestic natural disasters by mobilizing and distributing critical medical resources to areas that have been impacted by these events.
What We Do

US Doctors for Africa is a 501(c)(3) charitable organization that is dedicated to the idea that access to healthcare is a fundamental human right. We deliver multi-disciplinary teams of healthcare professionals and equipment to resource-poor regions in Africa with a mission to provide primary care, strategic planning, education, training, and capacity-building. We seek first to aid the people of Africa and then to empower them to respond to the health crisis they face.

US Doctors for Africa relies on the energy, talent, compassion and commitment of its volunteers and partner organizations. Responsible international citizenship incurs obligation and demands action. US Doctors for Africa acts to meet those obligations, recognizing that the hope it delivers to the African people is its own. »
En somme, une ONG américaine, à l’instar des ONGs françaises Médecins sans frontières, Médecins du Monde, créée par Mr. Ted Alemayhu, immigré éthiopien installé aux Etats-Unis d’Amérique. Son CV est par ailleurs éloquent :


Journalducameroun.com)/n

Mr. Ted Alemayhu – Chairman of the Board, Founder and CEO

Ted M. Alemayhu is the founder & Executive Chairman of U.S. Doctors for Africa (USDFA). As an internationally respected humanitarian leader, Alemayhu envisions a future for Africa in which it produces and invests the economic wealth, intellectual capital and human resources required to provide medical care to its entire people.
With a background in business and accounting, Alemayhu’s passion to ‘give back’ began at a young age while he was attending a prestigious Santa Barbara boarding school. Born in Addis Ababa, Ethiopia, Alemayhu had witnessed first-hand the lack of medical manpower and resources throughout the African continent. As a direct result of these issues, several millions of his fellow Africans are currently dying from preventable diseases. U.S. Doctors for Africa is a bridge that Alemayhu has built to bring American medical personnel to Africa to assist with the treatment of patients, as well as to train local medical caregivers.
Among numerous prestigious Awards and recognitions, Mr. Alemayhu is a recipient of the 2007 Eleanor Roosevelt Human Rights Award as well as the 2008 Columbia University Teacher’s College – The Harriet Tubman Freedom Award for Outstanding Global Community Activism and Lifetime Achievement to improve Health. Mr. Alemayhu was one of the 60 invited experts in the International development and foreign policy during the US Government sponsored « The HELP Commission » work-shop. Mr. Alemayhu serves as an Advisory Board member for AdMeTech Foundation; he is also a frequently invited speaker throughout the United States and abroad in regards to the shortage of medical-manpower in the continent of Africa. His work has been praised and recognized by African Heads of State, members of U.S. Congress, U.S. Senators, The World Bank, The IMF, Secretary General Kofi Annan, President Clinton, NASDAQ, as well as numerous heads of corporations and foundations. USDFA addresses urgent local needs while working for the long-term creation of self-sustaining and self-directed public health systems continent-wide. The organization works in partnership with African Governments, NGOs, and local medical institutions across the African continent.

Cette ONG inconnue en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale uvre ardemment depuis des années en Afrique de l’Est, à savoir l’Ethiopie, où elle fournit du personnel médical, la Tanzanie où elle participe activement à la lutte contre le VIH/SIDA aux côtés de la William J. Clinton Foundation’s HIV/AIDS Initiative, et bien d’autres actions que nous ne pourrons développer ici.

Parmi les donateurs, parrains ou supporters de cette organisation, on retrouve des personnalités imminentes telles que : Kofi Annan, ancien Secrétaire Général des Nations Unies, William Jefferson Clinton, ancien Président des Etats-Unis d’Amérique, Hilary Clinton, ancienne First Lady US et actuel Secrétaire d’Etat américain, Michael Steel, Chef du parti Républicain US, Maria Shriver, épouse du Gouverneur de la Californie le très connu Arnold Schwarzeneger et une ribambelle de stars du show business américain où l’on retrouve entre autres :Quincy Jones ( qui a fait la renommée de Michael Jackson ), Russel Simmons, Chris Tucker, Paris Hilton, Joely Fisher, star de la télé US, Sharon Stone qu’on ne présente plus et j’en passe bien d’autres. Enfin, on retrouve les grosses pointures de la finance mondiale : Le NASDAQ, la Banque Mondiale, et le FMI.
De nos jours, nous avons pu constater une pratique africaine de « l’alternance politique », qui consiste de la part des dirigeants à confisquer le pouvoir le plus longtemps possible et à le léguer au moment de partir à un proche qui va protéger les arrières du monarque partant, l’immunisant de toute poursuite ou vindicte populaire. Ce fut le cas pour Ahidjo qui a cru bon confier le pouvoir à BIYA qu’il estimait alors le plus conciliant de ses poulains, ce fut le cas pour le Togo avec la succession Eyadéma, cette transition se profile au Gabon où le fils Bongo se prépare à prendre la succession de Papa, et au Sénégal où Wade vient de mettre sur orbite son fils dans la course pour la présidence sénégalaise.
Au Cameroun, la situation est assez complexe pour Paul Biya. Il sait par expérience qu’on ne peut se fier à un collaborateur aussi timoré soit-il, pour lui confier sa succession. Surtout qu’aujourd’hui, on peut affirmer sans risque de se tromper qu’il n’a autour de lui aucun ami. La plupart de ses collaborateurs qui ont à un moment ou un autre cru se trouver en bonne grâce face à l’hôte d’Etoudi, se retrouvent actuellement pensionnaires à Kondengui ou dans toute autre geôle de la république pour des motifs aussi éparses que divers.

L’entourage, sans jamais se l’avouer n’attend probablement qu’une chose, lui faire faire sa peau à BIYA le moment venu, pour venger les amis qui croupissent en prison, ou laver les humiliations subies. Ils savent qu’ils pourront compter sur une population avide de voir le Président rendre gorge, et lasse d’attendre un changement au sommet de l’Etat. Par ailleurs, on ne connaît pas d’ambition politique à son fils Frank qui semble t-il est plus attiré par les affaires que par les intrigues du Palais. Le recours de Biya est de toute évidence du côté de Chantal BIYA, qui constitue sans nul doute un atout considérable. D’abord, c’est sa femme!

Ensuite, l’épouse du président dispose d’un capital de sympathie incontestable auprès de la population camerounaise aussi bien dans le triangle national qu’auprès de la diaspora. Certes, elle a ses détracteurs comme tout personnage public, mais au fond de chaque camerounais, on retient d’elle l’image de la jeune femme courageuse, sortie de nulle part, et devenue puissante, qui vilipende les ministres courtisans, qui vient en aide aux malades, aux enfants, et qui fait parler du Cameroun autrement que par des faits de détournements de fonds publics.

Par ailleurs, la jeunesse camerounaise voit en elle quelqu’un des leurs, qui a leur âge, qui a les mêmes passions, les mêmes centres d’intérêts, les mêmes aspirations. Ils aiment et écoutent la même musique et regardent les mêmes séries télé. Ainsi, ceux qui voit une faute de goût dans la photo avec Paris Hilton, n’auront rien compris dans la stratégie de communication de Chantal Biya. Il faut être proche du peuple et surtout de la jeunesse, de sa conception de la vie et de ses préoccupations quotidiennes. On est dans le rêve des « Feux de l’amour », de « Santa Barbara », de « Amour, Gloire et Beauté », et de « Cendrillon au pays des merveilles ». Tout cela participe aujourd’hui de la politique, et contribue à la popularité. Suivez mon regard.

Sur le plan politique intérieur, Chantal BIYA occupe une place qui s’affirme de plus en plus dans l’appareil d’Etat. Si dans la constitution camerounaise, l’épouse du chef de l’Etat n’a aucun rôle officiel, Chantal BIYA a su s’affranchir de cette difficulté avec l’instauration de la fête du 8 Mai (Journée Internationale de la Femme) comme « fête nationale » au Cameroun, avec défilé officiel présidé par… Madame Chantal BIYA. Elle devient de ce fait même un personnage politique national qui ne dit pas son nom, mais qui existe dans les faits. Des cérémonies qui précèdent la fête nationale du Cameroun qui a lieu le 20 Mai.

On croit savoir par ailleurs que tout ministre de la république a tout intérêt à rester en bons termes avec Mme BIYA, sous peine de graves déconvenues pour sa place au gouvernement.
L’affirmation de cette place dans la vie politique camerounaise vient d’éclater avec la sortie médiatique du ministre de la communication et du directeur adjoint du cabinet civil, portant le glaive à ces maudits journalistes qui veulent ternir l’image de la première dame du Cameroun sous de prétextes fallacieux de mauvaises fréquentations.. Etait-ce leur rôle ?

Chantal BIYA dispose à ce jour de plusieurs sites internet qui font la promotion de son uvre et de son organisation AFRICAN SYNERGY, et il suffit de taper son nom sur n’importe quel moteur de recherche internet pour s’en rendre compte, sans oublier les sites de la Présidence de la République. Avait-elle vraiment besoin du MINCOM ou de Joseph LE pour prendre sa défense ? Qu’en est-il de son cabinet personnel et/ou de son attaché(e) de presse (s’il existe) ? Ces interventions montrent incontestablement la place de plus en plus importante de Chantal BIYA dans le dispositif BIYA pour sa succession.
L’ONG créée par Chantal BIYA n’est pas une institution de la République Camerounaise quand bien même elle réunit les épouses des chefs d’Etats africains. En se rendant à Los Angeles pour le sommet USDFA – AFRICAN SYNERGY, deux ONGs qui veulent travailler de concert, elle n’y représentait aucunement le Cameroun, mais son association, aussi, les rencontres qu’elle y a fait, l’ont été je le crois sciemment et dans l’intérêt de AFRICAN SYNERGY, d’autant plus qu’elle savait pertinemment qui elle allait rencontrer là-bas, et quelle effet pouvait avoir telle ou telle photo, avec telle ou telle personnalité aux yeux de l’opinion. On peut dire que cette opération de lobbying est tout à fait réussie, car non seulement on en parle actuellement dans le monde entier, mais en plus Chantal BIYA est entrée dans le monde du Star System, elle y a acquis une nouvelle notoriété. N’était-ce pas volontaire ?

Toujours est-il que cet événement (le sommet USDFA – AFRICAN SYNERGY) s’ajoutant à sa prestation à l’UNESCO, vient asseoir la stature de Chantal BIYA comme leader au niveau national et international que doit se donner tout prétendant au pouvoir. Ce sont ces rencontres et événements qui, mis bout à bout, vont peser le moment venu sur la crédibilité et l’aptitude des prétendants au pouvoir d’Etoudi. Enfin, le choix Chantal BIYA sera l’occasion pour l’hôte d’Etoudi de réussir ce que son prédécesseur n’a pas réussi, à savoir quitter le pouvoir en gardant le pouvoir et de damer le pion à autres Bill et Hilary Clinton?

Face à Chantal, la concurrence s’essouffle et marque le pas. Si l’opposition toute entière ne parvient pas à s’unir pour battre BIYA, on note qu’au sein des différents partis règne une cacophonie indescriptible, alors même que nous approchons des élections présidentielles. Le SDF est englué dans ses problèmes de leadership, le Chairman est de plus en plus contesté, Milla Assouté avec ses élucubrations a du mal à exister et à constituer un parti politique, à croire qu’il ne représente vraisemblablement que lui-même. Et que dire de l’UPC et autres MANIDEM. ?

Aucun des leaders de ces partis ne convainc véritablement plus tant sur le plan national qu’international. Nous aurons certainement l’occasion d’en parler prochainement. Au sein du RDPC, qui oserait s’opposer au Lion le moment venu, lorsqu’il désignera la Lionne pour lui succéder dans la jungle camerounaise? La coiffure de Chantal ne serait-elle pas le signe avant coureur de l’avènement de LA FEMME LION? La voie serait-elle toute tracée pour Chantoux pour prendre la succession de Popaul ?
Si rien n’est acquis, quel serait son défaut?

P.S. Pour ceux qui veulent une information claire, Journalistes et autres internautes :
Tout sur le sommet USDFA – AFRICAN SYNERGY (Textes et Vidéos) sur le site : http://usdfa.org

Les opinions et analyses présentées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs et nullement la rédaction de Journalducameroun.com.
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