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Cameroun-Crise anglophone : la nouvelle colère du doyen des sénateurs

Chief Mukete (c) Droits réservés

Chief Nfon Mukete s’en est une fois de plus pris au président Paul Biya pour la gestion de la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.

« Je m’en fous. Allez le dire à n’importe qui. Allez dire à Paul [Biya]. Citez-moi n’importe où ». Ce coup de sang est de Victor Nfon Mukete, sénateur du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) pour le Sud-ouest, et doyen des élus de la Chambre haute du Parlement.

Le 5 avril au Sénat, Victor Nfon a laissé exploser sa colère au cours d’une plénière d’adoption du projet de loi fixant le nombre de conseillers régionaux par région au Cameroun. « Qu’est-ce que toutes ces absurdités ? Mon peuple meurt, il souffre et nous nous livrons à des jeux ici à Yaoundé. On devrait être prudent », a tonné le sénateur Mukete au cours des débats.

Dans un exposé qui a laissé l’audience interdite d’après plusieurs témoins, le chef supérieur des Bafaws (Sud-Ouest) a fustigé la gestion actuelle de la crise anglophone au Cameroun.

« Le système a échoué, la fédération est l’unique solution. Dix états fédérés pour que chaque région puisse gérer ses affaires. Pourquoi les gens ont peur de la fédération ? Je ne parle pas comme cela parce que le pays devrait être divisé. Non ! Je me suis battu ardemment pour la réunification de l’ex Southern Cameroon et l’ex République du Cameroun. Et je ne pourrais jamais détruire cet acquis », a-t-il déclaré.

C’est la seconde fois, en un peu plus d’un an, que le doyen des sénateurs du Cameroun se prononce publiquement contre la politique du gouvernement en ce qui concerne la crise anglophone.

En février 2018 en effet, dans les colonnes de Jeune Afrique, celui qui a fêté son 100e anniversaire fin 2018, jetait déjà une pierre dans le jardin. Pour lui, la solution à la crise actuelle c’est le fédéralisme. « Il ne peut y avoir aucune ambiguïté : l’extrême centralisation actuelle est une erreur », avait alors estimé Chief Mukete.

« Si l’on s’était abstenu d’emprisonner des leaders modérés qui n’avaient en définitive que des revendications sociales. Si l’on s’était abstenu aussi de brider la parole des protagonistes des deux camps, celui des modérés comme celui des sécessionnistes », avait regretté le sénateur.

Quelques jours après cette sortie, sa famille, notamment son fils Ekale Mukete, avait déclaré que la pensée du sénateur n’avait pas été bien comprise, et que ce dernier n’est pas pour un retour au fédéralisme. Celui-ci avait rappelé que son père reste un fidèle de Paul Biya.  Ekale Mukete, ancien maire Rdpc de Kumba (région du Sud-Ouest) accusait alors Jeune Afrique de publier des propos qui avaient été tenus des mois à l’avance, donc hors contexte.

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