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Cameroun: Des étudiants affrontent les forces de l’ordre dans la région du nord ouest

Ils auraient manifesté contre des coups de vol, des viols et autres exactions commises contre eux

Ils auraient manifesté contre des coups de vol, des viols et autres exactions commises contre eux dans les localités de Bambui et Bambili.
Suite à une série d’agressions enregistrées qui auraient été perpétrés dans la nuit du jeudi au vendredi 15 mai dernier à Bambili et à Bambui, près de Bamenda, des étudiants de l’Ecole normale supérieure annexe de Bambili, ceux de l’université polytechnique de Bambui et des élèves des établissements scolaires d’enseignement secondaire de cette ville, sont descendus dans les rues le mardi 19 mai dernier. Ils entendaient ainsi dénoncer l’insécurité qui règnerait au sein des différents campus et dans les habitations pour étudiants. Ils auraient d’après des témoignages manifesté en brandissant des pancartes comportant des messages de revendications. Sur leurs pancartes on pouvait lire que ces étudiants voudraient une présence plus effective des forces de l’ordre dans leur environnement.

Des témoins de l’évènement affirment que ce soulèvement s’inscrivait dans la volonté des étudiants de remédier aux attaques du 15 mai. Il se dit que ces étudiants et élèves n’ont eu cesse d’interpeller les responsables concernés à tous les niveaux, afin d’intervenir pour « éviter le pire ». On rapporte aussi que la semaine d’avant, des représentants des comités des mini-cités ont dénoncé fermement « cet état de fait caractérisé par l’indifférence totale du personnel de la sécurité, ainsi que la fuite en avant des responsables de l’administration ». En effet, dans un mémorandum signé le 07 mai, des étudiants qui logent dans des cités universitaires auraient évoqué qu’il ne se passait pas un jour sans qu’un incident, une agression à l’arme blanche, des menaces et des insultes, ne se produisent.
Ces élèves et étudiants relèvent également que l’insécurité gagne du terrain de manière inquiétante. Pour se faire entendre, ils ont érigé des barricades sur la chaussée, empêchant ainsi la circulation des véhicules pendant près de 6 heures. « Cette volonté délibérée encourage le pourrissement », précisent les rédacteurs du texte qui ajoutent : « Avant que des vies humaines ne soient perdues que nul ne pourra assumer, nous réitérons encore une fois, notre appel aux autorités concernées, afin d’agir pour remédier en urgence à cette situation ». Les autorités de villes informées de la situation, se sont rendues sur les lieux. Le préfet de la Mezam, Bertrand Mache, qui conduisait la délégation, a entamé un dialogue sans grand succès

D’après le journal Mutations qui rapporte aussi l’information, les revendications sont profondes : « Les étudiants sont abandonnés à eux-mêmes. Nos camarades sont violées. Et quand nous appelons la police, elle ne vient pas. C’est très grave et c’est dommage. Ces brigands ont pointé l’arme sur la tête de mon camarade. Cette nuit-là, ils ont braqué quinze mini-cités, avant d’emporter des téléphones portables, de l’argent, des bouteilles à gaz. Nous sommes démunis et ne pouvons plus rien face à des bandits armés. Nous voulons la sécurité. Cela veut dire que, à chaque coin, on doit avoir des policiers qui patrouillent », soutient un étudiant de première année journalisme à l’Ecole polytechnique de Bambui. Il en est de même de son camarade de deuxième année chimie à l’Ens de Bambili : « J’ai été attaqué dans notre cité qui s’appelle Queen Anne. Ces malfrats étaient au nombre de dix avec des armes. Notre bailleur a appelé des forces de l’ordre au environ de 1h du matin, mais jusqu’à 8h personne n’est venu », regrette-t-il.

Au cours de leur intervention, les éléments de la gendarmerie conduits par le commandant de la légion du Nord-Ouest, Jules César, ont dû faire usage du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants déchainés. Heureusement, au cours des affrontements, on n’a enregistré aucune perte en vie humaine, même si la débandade, côté manifestants, était telle que les gens couraient dans tous les sens, en renversant des étals de commerce.
Le préfet de la localité de Mezam qui reconnait l’existence et donc la légitimité des revendications des étudiants semble cependant désarmé face à la situation.

Image d’illustration

journal du Cameroun)/n

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