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Cameroun: Des paysans insatisfaits dans le grand Nord

Le lancement officiel de la campagne agricole dans cette région n’a pas apporté des réponses concrètes à leurs préoccupations

Les saisons agricoles se suivent et se ressemblent dans la vaste partie septentrionale du cameroun. Cette année encore la cérémonie était bien orchestrée avec son lot de discours, visite des stands, remise du matériel agricole aux associations de producteurs et séances de travail diverses. Mais il faut le dire ce qui aujourd’hui s’est inscrit au rang de la tradition semble être d’avantage aux yeux des populations une festivité parmi de nombreuses autres sans réel intérêt pratique. Tout comme lors du lancement de la campagne 2008 dans le septentrion, le représentant des fournisseurs d’intrants a posé à nouveau les problèmes d’accessibilité aux intrants agricoles. D’autres soucis sont encore revenus tels les aléas et caprices climatiques, l’enclavement des zones de production, l’insuffisance des sources de financement, des activités agricoles, l’accélération de la dégradation des sols et de l’environnement. La réalité est que chaque année, l’agriculture dans la partie Nord du Cameroun souffre énormément. Le prix des intrants agricoles a augmenté de près de 60% et rend de plus en plus difficile la production du coton. Or jusqu’ici le gouvernement n’a pas apporté de réponse claire sur la question du coût des intrants et ne présente même pas un bilan mi parcours de début de résolution du problème.

Face à ces différentes plaintes posées par les agriculteurs de cette localité, le gouvernement par la voix de Jean Kuete ministre en charge de l’agriculture s’est à nouveau défilé de toute responsabilité. Dans son discours, le ministre a reversé la responsabilité de la situation à la flambée des prix des denrées de première nécessité, qui elle-même est une manifestation importante de la crise alimentaire mondiale. Ce que le vice- premier ministre n’a pas dit, c’est que la plupart des mesures prises par le président de la république pour rendre le coût des intrants accessible n’ont pas été suivi de réalisations concrètes. Les prix des denrées de grande consommation n’ont de cesse de grimper sur les marchés. La sécurité alimentaire est fortement menacée dans les ménages. Le vice-Premier ministre s’est réjouit de la distribution des semences améliorées de maïs, de riz et de sorgho aux producteurs et multiplicateurs. Des semences qui pourtant n’arrivent pas toujours aux légitimes destinataires. Bien plus, le bilan sur les projets de distribution de semences améliorées n’est jamais rendu publique, de sorte que l’on puisse savoir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché.

Très naturellement le ministre de l’Agriculture a donc terminé en tenant de nouvelles promesses. Il s’agira, a-t-il déclaré, pour la campagne agricole 2009, de lever les contraintes enregistrées au cours de la saison agricole écoulée et de mettre un accent particulier sur les actions innovantes, afin que le secteur agricole continue à assurer son rôle moteur de relance de notre économie nationale. Dans cette perspective, a-t-il déclaré, des actions majeures porteront sur la promotion et le développement de l’agriculture de seconde génération; la mise en valeur continue des terres irrigables pour la production du riz et des autres céréales et la promotion des cultures maraîchères; l’extension du programme ACEFA, grâce aux financements attendus de l’Union Européenne; le soutien de la culture du coton; l’extension de l’activité de l’Office céréalier sur l’ensemble du territoire national; l’accélération de la mise en uvre du Projet d’appui au développement de la micro finance rurale et de la Banque Agricole, entre autres. Mais le fait est que les populations qui vivent les difficultés engendrées par cette situation sont retournées dans leurs campagnes respectives insatisfaites, ou du moins très sceptiques. Interrogés sur la question, beaucoup d’entre elles se disent habituées à la cérémonie, mais qu’elle n’entrevoyait rien qui puisse dans l’immédiat résoudre leurs problèmes du moment. En effet, pour beaucoup qui ne vivent que de leurs activités rurales, si rien n’est fait au-delà des discours ce sera la famine et l’insécurité financière qui coûteront plus chers à l’Etat.

Image d’illustration
journalducameroun.com)/n
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