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Cameroun: « Dieu n’a pas besoin de mensonge » selon Marcel Kemajou

Cet auteur dépeint une société camerounaise en proie à une crise fondamentale des valeurs

Dieu n’a pas besoin de ce mensonge, sous la plume de Marcel Kemadjou Njanke, le lecteur retrouve dans cet ouvrage de 133 pages, une compilation des faits et des vécus présentés avec une ambiance digne des urbanités modernes reconnus aux camerounais, un langage marqué par les habitudes d’expression à la camerounaise et un style où les images trouvent leur champ d’expression. Dès la première de couverture, au-delà du titre, le lecteur a une indication à travers la mention Racontages qui dénote clairement la tendance narrative dans laquelle nous plonge Marcel Kemadjou. Le premier récit est celui qui a prêté son titre à l’ensemble du roman. Marcel Kemadjou Njanke a publié Cris de l’Ame, son premier recueil de poèmes et son premier livre en 1994, après avoir obtenu le prix de la jeune poésie d’Afrique centrale. Ont suivi « Le mendiant bleu » (nouvelles) et « Poto-poto blues » (poèmes) et très prochainement, « La chambre de Crayonne » (nouvelles) chez L’Harmattan. En plus de ses activités commerciales, il anime l’association Livre Ouvert créée en avril 2002.

Dans son dernier ouvrage Dieu n’a pas besoin de ce mensonge, il raconte les péripéties de la jeune Ahmaria contrainte par son père d’épouser un riche homme d’affaires dans le dessein d’éloigner la pauvreté de la case paternelle. Au bout de cette folle aventure, ennuis, isolement, chagrin seront le quotidien d’une coépouse en mal d’affections. C’est sur ces entrefaites qu’elle fait la connaissance d’un enseignant de philosophie, athée par essence avec qui elle vit le parfait amour au travers des correspondances téléphoniques. Son nouveau compagnon, Christophe, lui propose de divorcer d’avec l’homme d’affaire, Mallam, afin de l’épouser. Ahmaria en bonne femme camerounaise et foulbé de surcroit pose des préalables. Christophe doit s’islamiser à tout prix. Ce dernier, campant sur ses positions idéologiquement proche de la négation de Dieu déclare que même le créateur n’aurait pas besoin de ce mensonge car en s’islamisant il le ferait sans conviction.

Le deuxième centre d’intérêt est intitulé Madame fait divers C’est la peinture imagée des problèmes de ménages qui meublent le quotidien des habitants du quartier Makéa. Comment on utilise une matraque pour mater la liberté tel est le titre du troisième chapitre qui revient sur les comportements liberticides des forces de l’ordre qui torturent, embastillent les populations par orgueil et zèle. Un long – long rang et le livre de la cuisine des sourds-muets sont les textes qui clôturent l’ouvrage. Dans l’ensemble, Dieu n’a pas besoin de ce mensonge est un roman de lecture facile, agréable même si au demeurant quelques coquilles ternissent un travail qui vaut son pesant d’or.

Marcel Kemadjou Njanke, bien connu des milieux des poètes, n’est pas à sa première publication. Des recueils de poèmes et de nouvelles portent bel et bien son estampille. A plein temps, il exerce la profession de commerçant à Douala et coordonne le festival international de poésie 3 V. C’est un homme vivant dans et par la culture et très impliqué dans la création qui au quotidien décrypte la société au sein de laquelle il joue un rôle. Ecrivain engagé, réaliste ou poète inconditionnel? Marcel Kemadjou N. semble insaisissable… et affirme néanmoins qu’il est un témoin de l’histoire qui passe…

« Dieu n’a pas besoin de ce mensonge »
Journalducameroun.com)/n
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