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Cameroun : Edgar Alain Mebe Ngo’o refuse de révéler les secrets défenses au juge

Edgard Alain Mebe Ngo'o. ©Droits réservés

L’ex-ministre s’est abstenu de parler des spécifications et des quantités des armes acquis par le Cameroun en Chine dans le cadre de la coopération entre les deux pays. Alors que les avocats de l’Etat souhaitaient l’entendre sur certains aspects de la convention exécutée à l’époque où il occupait le poste de ministre de la Défense, ce dernier opposa le caractère sensible du sujet.

 

 

 

 

 

Les faits sont rapportés par Kalara, journal d’information juridico-judiciaire. Le 18 octobre dernier à l’audience du Tribunal criminel spécial,  l’avocat du ministère des Finances s’est essentiellement focalisé sur la convention de prêt et de contrat commercial signée entre les gouvernements camerounais et chinois le 7 avril 2011. C’est M. Mebe Ngo’o, alors ministre de la Défense, qui avait représenté le Cameroun à cette cérémonie qui s’est déroulée à Pékin, en Chine.

A travers cette convention, d’une durée de dix ans, l’Etat chinois a doté le Cameroun d’une ligne du crédit d’un montant de 300 millions d’euros, soit 196 milliards de F, ouvert dans les livres d’Eximbank of China Pékin.

La convention en question, constituée de quatre marchés complémentaires (avenant) portait sur l’acquisition du matériel et des effets militaires chinois auprès de Polytechnolology, une entreprise publique chinoise. Pour l’accusation, cette convention a entraîné un détournement présumé de 60 milliards de F imputé  l’es-ministre de la Défense, qui réfute les faits.

Sujet sensible

Pour commencer, Me Atangana Ayissi a rappelé à l’ex-ministre qu’en prélude à la signature de la convention critiquée, les parties avaient signé un mémorandum d’entente. «  A l’article 1er, vous avez présenté une intention d’acheter six hélicoptères et quatre patrouilleurs. Après avoir obtenu le visa pour ces quantités, avez-vous effectivement passé les commandes ?», interroge l’avocat.

Mebe Ngo’o va d’abord indiquer que le mémorandum d’entente évoqué ne définissait pas les quantités, la nature et les spécifications techniques du matériel sollicité, précisions qu’il s’est abstenu de l’évoquer arguant le caractère sensible du sujet. « C’est le cœur névralgique de notre dispositif de défense. Je m’interdis en ma qualité d’ancien ministre de la Défense d’évoquer la nature, les quantités et les spécifications techniques des équipements majeurs. Je ne parlerai plus de ça », a réagi l’ex-Mindef.

Cela n’a pas empêché à Me Atangana Ayissi de revenir sur le sujet, en faisant constater que dans l’avenant numéro 1 de la convention religieuse, il ressort qu’au lieu de six hélicoptères, il y en eu que quatre, au lieu de quatre patrouilleurs, il y en a eu que deux. «Pouvez-vous dire si la diminution unilatérale  de ce matériel majeur a eu une incidence financière sur les 300 millions d’euros ? a demandé l’avocat.

Avec un air presque gêné, M. Mebe Ngo’o’ a répondu : « Je ne vais pas rentrer dans les détails des matériels majeurs. Ce sont les données stratégiques que je ne peux pas sortir de ma bouche », indiquant que toutes les informations recherchées sont contenues dans le contrat commercial.

« Il n’y a pas eu de modification quantitative. Ce qui est dans le mémorandum d’entente est purement indicatif. Rien ne change dans la valeur totale de la ligne de crédit de 300 millions d’euros », a déclaré l’ancien ministre.

Dans une lettre datée du 20 décembre 2012, Eximbank of China informait l’Etat du Cameroun de l’invalidation de la convention financière signée le 24 mai de la même année au sujet de l’avenant numéro 4. Me Atangana Ayissi va susciter la réaction de l’ex-ministre sur ce pan. M. Mebe Ngo’o’ raconte que la convention décriée devait s’exécuter sous forme de «crédit acheteur».

Au départ, il était prévu qu’Eximbank mette les fonds empruntés à la disposition du Cameroun qui se chargerait lui-même de payer son fournisseur, Polytechnology. Sauf que ce procédé entraînait un transfert de fonds de la Chine vers le Cameroun et vice versa.

 « La difficulté est venue de la partie chinoise, précisément la compagnie d’assurance Sinaussure, au motif que l’assurance chinoise ne voulait pas assurer un marché relatif à l’achat d’armement », a confié l’ex-ministre, avant de préciser que « les Chinois ne l’ont pas dit expressément mais ce sont nos experts qui l’ont compris ».


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