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Cameroun : Elle veut écarter ses frères dans la succession de leur mère

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Une femme a saisi la justice pour obtenir le jugement d’hérédité de sa mère. Elle se réclame  unique héritière et administratrice des biens, au détriment de ses frères décédés, mais qui ont laissé une progéniture. Le Tribunal s’oppose à son action.

L’information est du journal Kalara. Visiblement, Lydia est décidée à faire exercer son droit à tout prix. Issue d’une fratrie de cinq enfants dont elle est la benjamine, cette dame a saisi le Tribunal de premier degré (TPD) de Yaoundé pour l’ouverture de la succession de Marguerite, sa mère. Cette dernière a trouvé la mort en septembre 2008 suite à une maladie qui l’a affaiblie pendant plusieurs années. Seule Lyndia était au chevet. La benjamine de la famille a fait appel à certains membres de la famille pour témoigner en sa faveur au cours de cette procédure.

Cette dame de 32 ans a déclaré au Tribunal qu’elle est l’unique enfant de la défunte et dit avoir été désignée par les membres du Conseil de famille comme la seule bénéficiaire du patrimoine de Marguerite et administratrice des biens successoraux. Seulement, au cours de l’audience, le tribunal a découvert l’existence d’autres enfants de la disparue. Hermine, sa belle-sœur et épouse de son frère ainé citée parmi les témoins qui a dénoncé les manigances de Lydia et a éclairé le tribunal sur l’arbre généalogique de Ma’a Marguet, comme l’appelaient affectueusement ses proches. Le juge s’est opposé à la requête de Lydia et a voulu comprendre pourquoi les autres enfants de la défunte ne sont pas présents à l’audience.

Veuve rejetée

Lydia a raconté au Tribunal qu’elle est issue du deuxième mariage de la défunte mère. Marguerite a vécu pendant cinq ans avec Georges son premier époux, parti également plutôt au pays des morts. De cette union, sont nés quatre enfants, qui sont déjà tous décédés. Elle explique qu’après le décès du premier mari de sa mère, cette dernière, qui n’avait jamais été acceptée par sa belle-famille à cause de tribu, a été abandonnée à elle-même.

C’est ainsi que Marguerite, qui n’avait plus aucune source de revenu, a été répudiée du domicile conjugal par ses beaux-frères. Elle est retournée dans son village natal, laissant les enfants, encore mineurs, à la charge de sa belle-famille. Plusieurs années après, elle fait la rencontre d’un autre homme, Félix, qui ne tarde pas à officialiser leur union et Marguerite quitte son village pour rejoindre son nouveau mari à Yaoundé. Lydia déclare que sa mère a trouvé le bonheur entre les bras de cet homme et c’est le deuxième mariage qu’elle est née. Félix meurt aussi après treize ans de vie commune avec Marguerite.

Dans son exposé, la dame a également révélé que la défunte mère a été atteinte d’une maladie en 2001. Elle avait perdu l’usage de certains membres de son corps. Lydia dit avoir été seule à l’avoir assisté pendant ces moments difficiles. Ce qui l’avait d ‘ailleurs contraint d’amener la malade chez elle afin de pouvoir mieux prendre soin d’elle et ce, pendant sept ans.

Malheureusement, la maladie a eu raison d’elle et Marguerite a rendu l’âme en 2008, laissant derrière elle un grand patrimoine dont elle souhaite hériter suite à cette procédure.  La plaignante soutient que ces autres frères étant décédés, elle est l’unique héritière et administratrice des biens que lui ont légué sa mère de regretté mémoire. Selon Lydia, les membres du conseil de famille n’ont trouvé aucun inconvénient à ses résolutions.

L’ignorance

Appelée à témoigner dans le cadre de cette affaire, Hermine, la veuve du fils aîné de Marguerite a confirmé le décès de son époux et a déclaré avoir eu quatre enfants avec ce dernier. Cette déclaration a suffi pour que l’affaire prenne une autre tournure. En effet, le Tribunal a fait remarquer à la plaignante que les enfants de ses frères décédés ont aussi droit à l’héritage de leur grand-mère en représentation de leurs parents.

« J’ai donné mon accord pour qu’elle hérite seulement des biens de ma belle-mère parce que je ne savais pas que mes enfants ont aussi droit de bénéficier du patrimoine de leur grand-mère », a déclaré Hermine. Pour soutenir sa demande, Lydia a présenté au Tribunal le certificat de décès de sa mère et le procès-verbal du conseil de famille.

Avant de renvoyer l’affaire au 7 juillet 2021, le juge s’est montré sensibilisateur et a expliqué à Lydia que les biens de Marguerite constituent un patrimoine familial dont doivent en bénéficier tous les ayants droits. Dans le cas d’espèces, soutient le Tribunal, la plaignante doit recenser tous les petits-fils de la défunte et les introduire dans la  succession.

Le juge a enfin demandé à la plaignante de compléter son dossier de procédure en produisant en la forme légale, les actes de décès de ses frères ainsi que les actes de naissances de tous les neveux.


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