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Cameroun: Emancipation, la femme du nord cherche encore sa voie

Malgré la célébration d’une journée de la femme, le parcours pour l’émancipation des femmes du nord est encore long

Non pas que les objectifs ont été atteints dans toutes les autres parties du Cameroun, on devrait relever que la situation des femmes du nord du point de vue des critères d’émancipation actuels mérite qu’on s’y attarde en vue d’un état des lieux. Il n’est pas question de verser dans le grand débat sur les civilisations. Si l’on admet que vivre de manière intégré c’est respecter les dynamiques de son environnement, le constat sera donc aisément fait que la femme du nord du Cameroun est encore la victime d’un certain retard.

Tout d’abord au plan de l’éducation, on note que la sous scolarisation et la déscolarisation de la jeune fille se posent encore avec sérieux. Selon des statistiques publiées en 2008 par l’Unicef (Organisation des nations unies pour l’enfance), le taux de scolarisation de la jeune fille des trois régions septentrionales du Cameroun culmine à 54% (contre 59% pour les garçons). En l’an 2000, il était de 33%. Autrement dit, pour 100 enfants en âge scolaire, 60 garçons vont à l’école aujourd’hui contre 40 filles. Des taux qui sont en dessous de la moyenne nationale. Malgré les campagnes de scolarisation des filles menée par le gouvernement en partenariat avec l’Unicef, des poches de résistance subsistent. Les causes de ceci peuvent se retrouver dans les germes d’une société qui ne s’intègre pas encore totalement avec les valeurs universelles communément admises. Elles font face à de nombreux obstacles sur le chemin de l’école : mariages précoces, grossesses non désirées, préjugés socioculturels, coutumes rétrogrades, harcèlement sexuel, travaux domestiques. Sensible à cet état de chose, le gouvernement a depuis un certain temps ouvert des canaux de discussion avec les autorités traditionnelles et religieuses, afin que soient compris les enjeux dont les principaux sont l’atteinte des objectifs du m

femmes du Nord

Limitée dans son accès à une éducation moderne, la femme du nord souffre aussi du non respect de ses droits matrimoniaux. Contrairement à ce que l’on pourrait penser cela n’est pas que le fait d’une éducation musulmane. Dans nombre de cas ce sont les pratiques traditionnelles qui sont musent en cause. Le résultat est le fort taux de prostitution qui existe dans les quartiers populeux des agglomérations du grand nord. La plupart des filles et femmes originaires du grand Nord qui y opèrent sont des déçues ou des victimes collatérales d’unions libres. Par une simple signification, un homme peut impunément mettre fin à un mariage sans aucune autre forme de procès. C’est une situation déplorable parce que les chances de mariage au sein de la société traditionnelle majoritaire, sont plus grandes pour les très jeunes filles. Celles qui à 22 ans par exemple qui seraient frappées de divorce courent le risque de vivre un long et difficile célibat. En l’absence de toute formation les seules voies qui leur restent généralement ouvertes sont celle de la prostitution dans sa forme la plus téméraire. Sans avoir conscience de leurs situations les victimes tardent à rompre le silence. Dès lors, le combat du ministre de la Promotion de la femme et de la famille pour la sécurisation de la famille trouve sons sens. Mais beaucoup reste à faire car déjà pour les causeries éducatives organisées pour la JIF 2009 peu de femmes ont assisté aux causeries éducatives qui tait pourtant des mains tendues
Lésées dans leurs droits matrimoniaux, la femme du grand nord camerounais l’est aussi dans son pouvoir économique. Pourtant la région connaît la plus forte concentration des maisons de la femme, véritables structure de soutient et d’accompagnement des femmes. L’affluence n’y est pas très grande, malgré le panel d’opportunités qu’elles peuvent y saisir. On peut en effet y faire l’apprentissage de l’informatique, la teinture, la couture et autres activités génératrices de revenus.

Mais peu de femmes natives du Septentrion y vont, souvent faute d’information. Très souvent réduites à rester à la maison par leurs époux. Le peu de femmes qui se montrent engagés dans l’entreprenariat font face au manque de financements pour mener leurs activités. Vers la fin de l’année dernière, Suzanne Mbomback avait promis des appuis à la femme du grand Nord s’agissant des problèmes tels que l’accès au micro crédit, l’acquisition d’intrants et du matériel agricoles, la construction des magasins de stockage. Le gouvernement au travers du ministère en charge de la promotion de la femme demandait aux femmes de se rapprocher des maisons de promotion de la femme et de la famille pour bénéficier gratuitement des variétés de patates, pommes de terre, ignames, macabos, etc. par ailleurs promesse a aussi été faite d’octroyer des crédits remboursables aux reines de la terre dans ces structures. Pour l’exercice 2009, une provision de plus de 13 millions FCFA est prévue à cet effet pour la seule région de l’Adamaoua. Il est tout simplement souhaitable que dans la mise à disposition de ces crédits que les sommes ne souffrent pas de détournements


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