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Cameroun : Enquête sur les hôtels de passe à Douala

Comment fonctionnent-ils ?

Hôtel T. à Bépanda. Il est 19 heures. Dans la pénombre, on distingue des couples se diriger tranquillement vers cet établissement. Certains sont tendrement enlacés alors que d’autres font comme s’ils ne sont pas ensemble. Monsieur loin devant et la petite copine traînant le pas. Une mesure de prudence, certainement pour ne pas se faire remarquer, surtout quand on est un couple qui veut se cacher. Mais une fois dans l’enceinte de l’hôtel, à l’abris des regards indiscrets, on se serre l’un contre l’autre comme jamais on ne l’a fait.

A l’entrée de l’hôtel, une ampoule rouge est allumée, un signe qui ne trompe pas: le rouge, couleur de l’amour, de la passion et de la vigueur, un code que les clients connaissent bien. La plupart des hôtels offrant des prestations à l’heure se distinguent par ce genre de lumière. Mais ce n’est pas partout la même lumière rouge, car certains hôtels restent discrets. Rien sur la façade ne laisse penser à un hôtel de passe. Seuls les initiés savent ce qui s’y fait. Ici, la passe oscille en général entre 3000 et 5000 francs Cfa de l’heure, discutable bien sur selon le confort. Parfois même, des hôtels se dotent de quelques chambres de passe, surtout qu’ avec 5000f l’heure, c’est plus rentable que la nuitée. Car les clients se bousculent pour avoir une place et faire vite ce qu’ils ont à faire avant de céder la place aux autres avoue Xavier M, réceptionniste dans un hôtel à Douala. Il y a aussi les hôtels de fortune; et là, c’est pas cher du tout. Avec 1500 Francs Cfa ou même 1000 Francs Cfa, vous avez une place. Mais à l’image du prix, l’hygiène n’existe pratiquement pas dans ces endroits.


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A l’hôtel M. à Akwa par exemple, les files d’attentes sont très longues, surtout les week-ends, ou entre midi et deux, l’heure de pause pour les travailleurs. Dans les chambres, le rituel est le même. Dès qu’un couple fini et sort, les employés commis au ménage nettoient les lieux en vitesse pour permettre à ceux qui attendent, de venir se soulager. En trois minutes, la chambre est faite. La douche nettoyée à la va-vite, les serviettes de bain et draps de lit changés. Quand on constate que les clients qui viennent de finir n’ont pas sali les draps ou les serviettes, il nous arrive de laisser les choses telles qu’elles sont pour le couple suivant et parfois, ce sont les clients même qui nous mettent la pression. Nous sommes débordés! révèle H.L, employé d’un auberge à Bonanjo.

La demande est plus forte que ce dont nous disposons pour satisfaire tout le monde. Et les choses sont d’autant plus difficiles que les clients sont impatients, renchérit Mademoiselle S., gérante d’une auberge. Mais le pire, c’est un client qui passe et qui laisse les lieux dégueulasses alors qu’il sait que des gens viendront après lui. Même si c’est un hôtel de passe, il y a quand même le savoir vivre. alors que voulez-vous qu’on fasse?

Lorsqu’on sait que l’usage commun des serviettes, draps de lit, douche et toilettes souillés peut être source de maladies contagieuses de la peau ou d’IST (infection urinaire, trichomonas, gonorrhée, pédiculose et autres), il est indispensable de faire attention au choix des endroits de vos amours cachés. C’est bon à savoir!


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