Politique › Institutionnel

Cameroun: Entente difficile entre le délégué du gouvernement de Maroua et ses maires

Vote du budget, non respect des procédures, tout y était pour créer le désaccord parfait

Les débats ont été très durs samedi, 14 mars 2009 dans la salle des actes de la Communauté urbaine de Maroua d’après le journal Le Messager qui rapporte l’information. Les grands conseillers issus des communes d’arrondissement de Maroua 1er, Maroua 2e et Maroua 3e prenaient part au tout premier conseil de la Communauté en vue de l’examen et de l’adoption du budget de l’exercice 2009. Mais, un fait rare a marqué les esprits. Les maires des communes d’arrondissement semblaient avoir particulièrement pris rendez-vous pour se faire entendre par le délégué du gouvernement Robert Bakary.

Tout au long des trois heures qu’a duré la session à laquelle prenaient part 17 grands conseillers sur 18, les maires n’auraient eu cesse de faire des remarques, de cribler le délégué et le préfet des questions ou d’arracher la parole. Monopolisant de fait les prises de parole au détriment d’autres grands conseillers qui assistaient en victimes passives au débat.
Chaque maire voulait que les investissements inscrits au programme de la communauté figurent dans son ressort de magistrature. D’où les nombreuses questions aux allures de protectionnisme.

La liste des revendications est longue et plus ou moins objective selon les uns et les autres. On aura entre autre reproché le fait que la communauté urbaine s’est attribuée le droit de percevoir des recettes du marché central au dépourvu du maire habituellement compétent. D’un autre coté on reproche au délégué du gouvernement de s’être attribué la compétence d’attribution des permis de bâtir en violation de la loi 17 du 18 juillet 2004 qui donnerait normalement cette compétence aux communes d’arrondissement. On comprend très bien les raisons d’une telle débauche de désaccord; la ville de Maroua a commencé à accueillir cette année des étudiants, d’où une augmentation de l’activité économique. Les différents protagonistes ont été interrogés.

Pour Bakary Robert, délégué du gouvernement, le budget en débat était un budget expérimental, parce qu’il existe maintenant quatre structure aptes à intervenir dans l’arène de la Communauté urbaine de Maroua (Cum). Il y a les trois communes d’arrondissement de Maroua qui ont leur budget propre à exécuter et la Communauté urbaine qui a le sien. La Cum s’occupera essentiellement de ce qu’il convient d’appeler les intérêts communautaires. L’éclairage public est qui préoccupe le plus parce qu’il fait partie des recommandations prescrites par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Le besoin en la matière se faisait déjà sentir.
Avec la présence dans la ville de plus de 7 000 étudiants qui prennent cours au-delà de 22 heures, il faudrait offrir un espace assez éclairé. C’est pour cela que cet éclairage devra être étendu à l’Est de Maroua notamment jusqu’au site de l’Université de Maroua. Parce qu’une bonne partie des opérateurs économiques et de l’élite sont en train de construire des mini-cités. Or ces minis cités doivent être attrayantes, viabilisées et éclairées. C’est pour cette raison que l’éclairage occupe une telle place dans ce budget. Sur le conflit qui l’oppose à ses maires, il affirme ne pas penser qu’il puisse se poser un problème de cohabitation. Pour lui s’il en existait, ce ne serait pas étrange puisque c’est à l’image des groupes d’hommes. Il choisit plutôt de relever le fait que toutes les communes d’arrondissement ont la même feuille de route que la communauté urbaine. A savoir, celle d’assurer le bien être des populations et leur rendre la vie agréable. Encore qu’il faut savoir que chaque commune d’arrondissement dispose d’un territoire bien déterminé. La Communauté urbaine venant en appui aux efforts qu’elles font à la base Il ne devrait pas y avoir logiquement de désaccords fondamentaux.

Quoique passionnés, les débats n’ont pas empêché aux grands conseillers d’arriver enfin au consensus et de voter le budget de l’exercice 2009 qui s’élève en recettes et dépenses à la somme de 824 078 452 FCFA. « C’est un budget expérimental, dira le délégué du gouvernement Robert Bakary, qui a pour ambition de hisser Maroua comme troisième ville du Cameroun après Yaoundé et Douala ». Ainsi le budget de fonctionnement s’élève à 442 437 305 FCFA soit 53.68% et 381 641 193 FCFA soit 46.32% qui seront consacrés aux investissements.
Le plan de campagne prévoit entre autres l’enlèvement des ordures ménagères (119 millions à reverser à Hysacam), l’entretien des voies communales (60 millions), le rétablissement de l’éclairage public, l’élaboration du plan d’urbanisme de la zone universitaire de Kongola 71 120 000 francs CFA), l’aménagement des espaces verts (6 millions), l’entretien des bâtiments communaux (10 432 910 FCFA), la dotation aux trois communes d’arrondissements (60 millions), les subventions à verser (5 millions) et les indemnités d’expropriation (20millions).


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