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Cameroun-entretien routier: Le ras le bol du gouvernement

Après un rapport d’audit très critique, le ministre Bernard Messengue Avom en charge des travaux publics invite ses collaborateurs à plus d’objectivité

Le ministre accuse les missions de contrôle
Mardi 02 novembre dernier, le ministère des travaux public s’est réuni en concertation autour de l’exécution des marchés d’entretiens routiers. Un audit commandé par le ministère des travaux publics, l’inspection générale de ce même ministère en charge des questions techniques et la coopération Cameroun-Union européenne, a été réalisé sur 231 chantiers placés sous la supervision de 103 missions de contrôle, appartenant à 27 bureaux d’étude, entre novembre 2008 et septembre 2010. Il ressort du rapport de cet audit que seulement 53% de ces chantiers ont obtenu la mention bien ou passable. Dans ce contexte de points négatifs, la situation des routes rurales est la plus déplorable. Il n’est pas normal que vous signiez un contrat et que vous n’en respectiez pas les obligations. C’est un problème d’abord d’honneur, avant d’être un problème d’honnêteté, a fait savoir fermement M. Messengue Avom, en s’adressant aux directeurs généraux des bureaux d’études. Depuis la privatisation de ce secteur il y a un peu plus de 15 ans, les bureaux d’étude et l’administration sont devenus partenaires dans l’exécution de l’entretien routier. En 2009, le Cameroun a dépensé 55 milliards de FCFA pour la réfection de ses routes, bien au-delà des 50 milliards de FCFA prévus normalement à cette fin. Sur le terrain, les usagers de la route ne ressentent pas vraiment de gros changements. Le rapport d’Audit indexe les exécutants des contrats d’entretien, mais aussi les missions de contrôle chargées de faire la police sur le terrain. Celles-ci ne joueraient pas pleinement leurs rôles dans le contrôle de la qualité des prestations fournies dans le domaine. Le rapport n’indique cependant pas si cette situation est à mettre sur le compte de la corruption.

Une conséquence sur le développement rural et sur le panier de la ménagère
Pour l’économie camerounaise, cette situation constitue une vraie cause de ralentissement. Les premiers à en ressentir les effets directs sont les ménagères. Les produits vivriers qui sont cultivés pour la plupart dans des zones difficiles d’accès par routes, voient leurs prix tripler du point de récolte jusqu’au point de vente. Vous voyez par exemple le plantain lorsqu’on l’achète dans le Mbam, il coute 600 FCFA le régime mais la route est tellement mauvaise que lorsque les marchandises arrivent ici à Yaoundé (capitale du Cameroun), le même régime coûte déjà 2500 FCFA, parce que les vendeurs veulent récupérer le prix dépensé sur le transport, fait savoir une revendeuse de produits vivriers au marché du Mfoundi à Yaoundé. Au cours de la concertation, le ministre des travaux publics a menacé les missions de contrôle de sanctions financières. Tout contrat mal exécuté entrainerait de facto une diminution des fonds de la mission de contrôle, pour le règlement des travaux additifs. Dans le silence, le Cameroun souffre autant que le déficit énergétique, d’un déficit de voies de communication. L’une des raisons de cette situation est que sur les dix dernières années, le gouvernement a dépensé plus d’argent à refaire des routes déjà existantes, plutôt que s’assurer que ces voies bénéficient de travaux solides sur le long terme. Plusieurs routes à peine achevées s’effondrent quelques temps après leurs utilisations. Les entreprises détentrices de contrat se plaignent de ce que l’administration n’honore pas toujours ses engagements financiers. Cela les amène à faire le maximum avec le budget disponible. Le Cameroun souffre d’un manque de routes, comme de nombreuses autres infrastructures, en raison aussi et surtout d’un manque d’engagement ferme et chiffré du gouvernement dans la politique y relative.

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africatime.com)/n
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