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Cameroun: Environ 40 dépouilles seront bientôt déterrées à Douala

Après le cimétière de Ndokoti, c’est celui de Ndogbati qui est concerné!

L’opération d’embellissement de la ville de Douala, se fera par tous les moyens, même s’il faut pour cela à chaque fois déterrer des cadavres pour construire des routes. Après le scénario observé il y a quelques mois au cimetière de Ndokoti où des sépultures avaient été exhumées lors des travaux de réhabilitation de l’axe Ndokoti – école publique Deïdo, le même scénario va incessamment se reproduire dans la cité économique. Cette fois, c’est le cimetière de Ndogbati qui est concerné. Plus de détails ont été fourni ce lundi, 13 avril, au cours du lancement de cette opération par le premier adjoint de la préfecture du Wouri, en présence du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, le Dr Fritz Ntonè Ntonè. La CUD qui a entamé les travaux de construction du trajet Bp cité – carrefour Ndokoti, un axe qui récemment encore, était caractérisé par des nids de poules de tout genre, mais qui malgré son mauvais état, était généralement embouteillé, notamment au moment des heures de pointe. Les populations riveraines ainsi que celles qui passent par là pour regagner leur domicile d’ici peu, ne feront plus les frais des secousses, puisque la livraison de ce chantier doit se faire très rapidement, du moins, si l’on en croit les autorités administratives locales. Les travaux avaient jusqu’ici pris du retard, car il fallait procéder au préalable à l’exhumation des corps du cimetière de Ndogbati, situé sur un flanc du trajet. Désormais, la procédure est en marche.

Certains corps identifiés, d’autres pas encore
Autorisée par Bernard Okalia Bilaï, préfet du département du Wouri, les corps qui seront déterrés, seront transférés au cimetière de Malangué, comme recommandé dans le rapport d’une commission créée par arrêté préfectoral, et dont les membres devaient justement trouver un autre cimetière d’accueil pour les 40 dépouilles, comme le confirme le délégué. Sur les 40 corps, 25 ont déjà été identifiés, le processus d’identification des 15 autres, suit son cours. Les corps seront enterrés à nouveau au cimetière de Malangué où la construction des nouvelles tombes est presque achevée. Pendant ce temps, les casses ont également commencé au cimetière de Ndogbati, et se poursuivent malgré le regard quelque peu ahuri des habitants du coin. Ceux-ci ne comprennent toujours pas la nécessité de déterrer les corps, c’est une perturbation du repos de ces personnes, estime un habitant.

Loin d’être surpris par de telle réaction, le délégué se veut rassurant et indique que tout va se faire dans le respect de la dignité de l’homme, et que les chefs traditionnels tout comme les familles, sont déjà au courant de l’opération de délocalisation des sépultures des personnes décédées. Fritz Ntonè Ntonè confiant, affirme haut et fort que personne ne va porter plainte. Après les paroles, place aux actes concrets dans dix jours. L’opération se fera suivant deux grandes phases. Dans sa première phase, l’on va se limiter à casser les tombes qui ont été répertoriées, ensuite, l’on va passer à la phase d’exhumation des dépouilles proprement dite. Sur ce dernier point, les experts en la matière vont au préalable désintoxiquer le site. L’objectif avoué, est d’éliminer les effets du dioxyde de carbone qui se dégagent généralement des tombes. Pour les autorités locales en effet, il n’est pas question que la santé des populations riveraines soit menacée au cours de cette opération, tout comme celle-ci ne doit pas laisser des séquelles sur l’environnement.

Impossible de faire d’omelette sans casser les ufs ou encore chaque chose à son prix, a-t-on coutume de dire. Cette fois, ce sont les 40 dépouilles du cimetière de Ndogbati qui vont payer le prix de la réhabilitation de l’axe Bp cité – Ndokoti.


Journalducameroun.com)/n
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