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Cameroun: Faire des photocopies pour survivre

Rencontre avec des jeunes qui se battent nuit et jour contre le chômage

Pas besoin de chercher où faire une saisie ou des photocopies, des voix vous interpellent au passage par des questions du genre « grand frère photocopie ? » ou encore « ma s ur saisie -impression ? » des questions qui coulent sur les lèvres de ces jeunes filles et garçons dont la moyenne d’age varie entre 17 et 26 ans et qui pour la plupart n’ont «pas eu le chance de d’aller très loin avec les études ». Sylvain kameni n’est pas nouveau dans le métier « je fais ce métier depuis 4 ans », et d’une personne à l’autre, les motivations, comme on peut s’imaginer, sont loin d’être les mêmes ; pour certains c’est un moyen d’aider la famille à surmonter ses nombreux besoins ; pour d’autres c’est pour ne pas rester à ne rien faire, et donc ne pas voler.

La photocopie, qui apparaît comme l’activité principale ici, puisqu’on dénombre plus d’une centaine de structures tout autour du campus universitaire de Douala, autour des écoles et autres institutions scolaires, est pour certains un geste facile, car il suffit juste de placer un document sur une photocopieuse et celle-ci fait tout le reste. Que non ! Pour les concernés, il s’agit de bien plus que cela. « C’est toute une séries de techniques. Si vous ne les maîtrisez pas, vous ne pouvez pas vous en sortir. Certains pensent que c’est trop facile, mais c’est une autre école ». Et pour ce faire, il faut bien être doté d’un certains nombre d’aptitudes et de qualités, ajouté à cela les différentes humeurs des clients « certains sont tellement pressés, d’autres exigeants quant à la couleur et tout » affirme Sylvain.

Quelques photocopieurs…
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Parlant justement de clients, n’attendez pas de les voir accourir tous les jours « un jour il y a les clients, un autre jour tu en reçois deux ou trois, les jours ne sont pas pas les mêmes de toutes façon». Pour Berthe Moumbo qui fait de la saisie – impression, la fréquence de la clientèle varie selon des périodes précises « En cette période par exemple comme c’est les pré -inscriptions à l’université et dans les écoles il y a de l’affluence ; ce sera ainsi jusqu’à la rentrée. Les périodes mortes ce sont les congés et les vacances ». L’on peut donc comprendre que les recettes également sont fonction de ces périodes. «Effectivement. En cette veille de rentrée je peux avoir en moyenne huit à douze mille francs Cfa par jour, contre trois à cinq mille francs pendant les classes et même moins pendant les congés » confie Berthe. Cela peut être soit à son compte personnel, soit à celui d’un patron car dit-on ici « il faut au moins 500 000 FCFA pour disposer d’une photocopieuse d’occasion ».

Monsieur Kamgain M. est propriétaire d’une structure de bureautique. Selon lui, « pour s’en sortir il faut avoir plusieurs machines, sans compter qu’il faut payer ceux qui travaillent. C’est un métier saisonnier, donc pas évident de joindre les deux bouts ». Quoi qu’il en soit, être photocopieur ou secrétaire de bureautique n’est pas un péché, mais plutôt, cela constitue un maillon non négligeable de la société ; parce que « sans nous les gens ne parviendraient pas à constituer leurs dossiers et autres » ; Un rôle, tout comme celui de ministre ou de directeur, un rôle qu’il convient de respecter.

… Aux abords des campus
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