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Cameroun: Guy D’x, jeune rappeur et graffiteur pour qui talent rime avec engagement

« Il n’y a pas de synergie entre les artistes de hip hop… »

Nguiamba Bockally Armand Guy! Ce nom peut paraître anodin, pourtant avec le temps, il est devenu une marque. Et si vous n’êtes pas très au fait des tendances urbaines, ce nom ou mieux, cette marque ne vous dira rien, mais alors rien du tout. Guy D’x ! Le dessin pour cet originaire le Lolodorf dans le Sud Cameroun est comme une seconde nature. Il lui colle à la peau, lui qui voit le jour le 22 septembre 1977 à Douala. Déjà tout petit, il se plait à dessiner des objets tels des camions, maisons… Et ce n’est pas tout ; A l’age de dix ans, sa deuxième passion se révèle en lui, la musique, sous l’influence de son voisin de naissance à la cité sic à Douala, le batteur et percussionniste Calvin Yug. Mais loin de battre sur des instruments, il choisit de faire du rap. Normal ! Nous sommes en 1989, et ce courant musical vient en successeur au « Break dance ». Tous les jeunes s’y donnent, et Guy d’x ne veut pas être en reste. Mais il faut se défaire de l’étiquette selon laquelle « le rap c’est pour ceux qui n’ont rien dans la tête ». Il suspend donc ses activités artistiques, pour ne les reprendre qu’en 1996, année ou il obtient son baccalauréat.

Sa réintégration dans l’univers de l’art se fait sans grandes difficultés et les amours d’enfance sont toujours au rendez-vous. Il co-fonde en 1997 le Mouvement d’Auteurs Camerounais de bande Dessinée (MACBD), mouvement grâce auquel certaines de ses uvres plastiques seront exposés au festival de Bande Dessinée d’Angoulème (France) en 1998. Ceci lui vaudra par ailleurs d’entrer dans le répertoire d’illustrateurs africain « Amabuku », édition 2000.

Guy D’x
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Si Guy d’x n’avait pas existé, peut être que le groupe S-TEAM n’aurait également pas été, lui qui en est l’un des fondateurs. Pendant neuf ans, il y officie en qualité d’auteur compositeur, réalisateur de vidéogrammes, plasticien et producteur exécutif de l’album le petit bantou. Dans ce groupe, il va forger ses qualités, tant sur le plan de la musique et particulièrement le rap, que sur le plan du graffiti, qui « sont tous les deux des composantes du Hip-hop » précise t-il. Même si, regrette t-il.

Seul le travail paye
Malgré tout, son art lui permet de participer à bien d’évènements et de gagner dès 2001, plusieurs distinctions honorifiques. En mai 2001, il est invité à participer au festival des voix de femmes « Massao ». Un festival ne pouvant en cacher un autre, il prend part à celui des « contes et musiques bantou » en 2003. Il ne se limite pas seulement à participer aux concerts et spectacles, mais tente aussi d’en organiser, à commencer par le festival hip hop de l’équipe du sud en 2005. Essai plutôt réussi, puisqu’il rééditera l’exploit l’année d’après. En 2004, il avait déjà assuré la première partie de l’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly à douala, sans compter ses nombreuses prestations sur les planches du Centre Culturel Français de la même ville. Avec le groupe S-TEAM, il remporte en 2005 les prix de meilleur vidéogramme et meilleur groupe rap au Cameroun, lors de la cérémonie annuelle de récompenses artistiques organisée par la chaîne de télévision Canal 2.

Guy D’x
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Il y a un gros problème de représentation. On a tendance à considérer le hip-hop comme un mouvement réservé aux étrangers. On a du mal à l’intégrer dans la culture camerounaise. Il y’a des exemples que j’ai même parfois vécu, les structures qui au Cameroun sont considérés comme des majors, et qui ont des gros moyens, je prend le cas de J.P.S, n’ont pratiquement jamais produits des artistes de hip-hop.
Guy D’X

Vexé par l’inertie des pouvoirs publics face aux multiples problèmes des artistes hip-hop, il décide de se lancer dans la production. C’est ainsi que naît en 2007 la Guy D’x productions, qui travaille dans la production musicale, vidéo et plastique. Et comme la bonne charité commence par soi-même, il sort la même année son premier solo de onze titres intitulé prenons conscience, un fervent appel à la prise de conscience de la part des jeunes qui de plus en plus se laissent entraînés dans des situations pas dignes de nous. En 2008, il produit et édite l’album Croisons les doigts du jeune artiste Les clés son of God qui rencontre un franc succès jusqu’à ce jour. Pour Guy D’x il faut encore une réelle volonté des pouvoirs publics et des graffiteurs eux même pour que l’art du graffiti et du hip hop en général soit reconnu. En novembre 2008, il co-organise l’évènement Douala Groove, dont l’objectif est de rassembler, chaque année à la même période, et mettre en contact les différents acteurs du milieu hip hop, notamment les rappeurs, chanteurs, danseurs, plasticiens, modélistes, ainsi que tous ceux qui d’une façon ou d’une autre interviennent dans ce mouvement socioculturel, afin de susciter et encourager la créativité artistique et l’esprit d’entrepreunariat pour lutter contre la pauvreté.
En plus de son atelier, il est actuellement en studio pour son second album solo, dont la sortie est prévue pour début 2010.


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