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Cameroun: Hilaire Kamga condamne les casses à Yaoundé

Dans son ouvrage « Nous sommes tous Camerounais », il fustige l’action de déguerpissement que mène Tsimi Evouna

C’est dans un lettre ouverte que Hilaire Kamga, président des Nouveaux droits de l’Homme Cameroun et en même temps secrétaire permanent de la plateforme de la société civile sur la démocratie s’adresse au délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé (Cuy), Gilbert Tsimi Evouna. Dans 112 pages, Nous sommes tous Camerounais, Hilaire Kamga retrace les actions initiées par Gilbert Tsimi Evouna. Et il s’insurge en faux contre les casses perpétrées dans la capitale politique du Cameroun. Des casses qui se sont intensifiées dans le centre commercial de la ville, juste avant l’arrivée du Pape Benoît XVI au Cameroun. D’après des informations recueillis dans Nous sommes tous Camerounais, ces casses ont déjà fait plusieurs victimes dont plusieurs morts et environ 3 000 sinistrés. Des situations qui sont une violation des droits de l’homme. D’autant plus que la majorité de ces populations n’ont reçu aucune proposition de logement de la part des casseurs.

D’après Hilaire Kamga certaines clauses du droit international prévoient des indemnisations pour les victimes des évictions forcées et des sites de recasement. Une loi qui n’est pas du tout appliquée par Tsimi Evouna. Car les familles déguerpies dans les quartiers Carrière, Ntaba, Mbankolo, Mballa II, Briquetterie, Mokolo, etc. n’ont pas pu en bénéficier. Par contre, les sinistrés de l’inondation du 4 avril 2008 dans les artères de Nkolbisson et de Oyomabang à Yaoundé ont bénéficié des indemnisations, et même du soutien de la part des pouvoirs publics. Face à cette injustice, Hilaire Kamga pose une question: Les autochtones de ces zones sont-ils plus Camerounais que les autres de Ntaba, d’Etetak, et d’ailleurs?

Pour ce diplômé d’analyse et de politiques économiques de l’Université de Yaoundé, le délégué du gouvernement n’est pas la personne indiquée pour cette opération de déguerpisement. Car en s’appuyant sur la loi de 1980, Il parait très clairement qu’aucune mesure de démolition ne peut être entreprise sans passer au préalable par une procédure judiciaire. Ainsi, le juge est l’autorité incontournable en matière de déguerpissement. Dans le cas camerounais, les deux personnalités compétentes en matière de déguerpissement sont: le juge qui ordonne et le préfet qui exécute la décision du juge devant un juge administratif en cas d’abus. Il précise que La décision de démolition du préfet est attaquable devant un juge administratif en cas d’abus.

Toutes ces casses se déroulent pourtant au vu et au su de tous. Mais les membres du gouvernement restent passifs face à cette action que nuit considérablement au bien être de la population. Que ce soit le ministère du Développement urbain et de l’Habitat, qui, selon lui, n’a pas réagi en faveur des sinistrés. Ou encore celui en charge de l’Education et celui de la Promotion de la femme et la famille, aucune réaction favorable. De même, un doigt accusateur est également pointé vers la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) qui est plutôt occupée à gérer les fonds alloués par le Pnud et l’Etat du Cameroun, au lieu de défendre les droits de l’homme régulièrement bafoués au Cameroun.
A en croire l’auteur de ce livre, Gilbert Tsimi Evouna utilise les fonds qui proviennent de l’initiative pays pauvre très endetté (Ppte) et du projet C2d dont la valeur est estimée à 100 milliards de francs Cfa pour détruire des milliers de pauvres. L’auteur dénonce par ailleurs des réalisations fantaisistes du délégué, telles l’échangeur de la préfecture de Nlongkak et le bois Saint Anastasie, dont les projets ont coûté des millions de francs Cfa, pour embellir une ville d’un pays dont la population vit dans la misère.
Un livre qui arrive au moment où les commerçants du centre urbain de Yaoundé qui ne cessent de se plaindre des casses. Cependant, Hilaire Kamga dénonce sans toutefois proposer des ébauches de solutions pour venir à bout de ce problème.

« Nous sommes tous des camerounais »
journalducameroun.com)/n
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