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Cameroun : il évoque la coutume pour hériter de son arrière-grand-père

Un homme a saisi la justice pour ouvrir la succession de son arrière-grand-père et hériter de tous ses biens au détriment de sa maman et de ses tantes affaiblies par le poids de l’âge.

« C’est pour résoudre un problème précis que nous n’avons pas voulu surcharger la décision ». C’est en ces termes que Nicolas a expliqué les raisons pour lesquelles il a été désigné unique héritier administrateur des biens de Mathieu, son arrière-grand-père. Il a saisi le juge du Tribunal de premier degré de Yaoundé d’une requête dans laquelle, il souhaite ouvrir la succession du patriarche décédé il y a plus de dix ans.

Le compte rendu d’audience est fait par Kalara. Pour convaincre le tribunal de la justesse de sa réclamation, l’homme à fait comparaître comme témoins trois vieilles dames, qu’ils présentent comme étant ses tantes maternelles, et quatre autres personnes. Malheureusement, sa requête n’a pas connu une issue favorable.

Après l’ouverture des débats, le tribunal a constaté quelques irrégularités dans un procès-verbal de conseil de famille qui lui a été présenté. Notamment sur l’héritier désigné et certains témoins, qui devraient en principe bénéficier eux aussi des biens laissés par Mathieu.

Dès appel du dossier, c’est une famille nombreuse qui s’est présentée devant le tribunal. Nicolas, le plaignant, étant seul devant le juge tandis que les autres membres de la famille étaient à sa droite. Lorsque la parole lui a été donnée, il a déclaré qu’il souhaite ouvrir la succession de Mathieu, son arrière-grand-père.

En effet, ce dernier est décédé en 2010, laissant derrière lui une grande famille et un grand patrimoine foncier. De son vivant, le défunt a eu deux enfants. L’un d’eux l’a précédé au pays des morts sans laisser de progéniture. Le second, qui est en réalité le grand-père de Nicolas, a eu quatre filles, dont Eveline, la mère du demandeur.

Contestation

En 2020, la famille s’est réunie en conseil et il a décidé que Nicolas est le seul et unique héritier de son arrière-grand-père. Il lui a également été confié la mission d’administration des biens successoraux. Toutes les personnes ayant assisté à ce conseil de famille ont été d’accord avec ces résolutions.

Alors que tout semblait facile pour Nicolas, il s’est heurté à la contestation du juge, qui, après avoir entendu les témoins et consulté le dossier soumis à son appréciation, a rejeté toutes les décisions consignées dans le procès-verbal de conseil de famille.

Dans ce dossier, le tribunal a relevé qu’il y a un problème de qualité. En effet, Nicolas veut hériter de son arrière-grand-père alors que Eveline, sa mère, vit encore. De plus, ses tantes maternelles qu’il a fait comparaître comme témoins malgré le poids de leur âge sont également de ce monde.

« Pourquoi voulez-vous bénéficier d’un parent aussi lointain  alors que votre mère est encore vivante ? Quel que soit le problème qui vous amène ici, vous n’avez pas qualité pour saisir le tribunal d’une telle procédure », a fait observer le juge.

Poursuivant son raisonnement, le juge a fait comprendre à Nicolas que le procès-verbal de conseil de famille qui lui a été présenté n’est pas conforme à la loi. Selon lui, Eveline et ses sœurs doivent être déclarées co-héritières de Mathieu, leur grand-père.

« Madame, la présidente, sa maman est déjà très âgée et fatiguée par les maladies. Elle ne peut pas se présenter devant vous. Raison pour laquelle elle a voulu que son fils la représente dans cette procédure », a confié l’avocat de Nicolas avant d’ajouter : « les tantes de mon client sont allées au mariage et ont eu des enfants. Seule Eveline a accouché à la maison. Selon la coutume, mon client est le seul successible ».

« Madame la présidente, nous ne savions pas que nous aussi nous pouvions hériter de notre grand-père. Notre sœur n’est pas allée en mariage comme nous à la demande de notre père, qui n’a pas eu d’enfant garçon. Pour protéger la lignée familiale, notre neveu a été désigné chef de famille », a déclaré l’une des tantes de Nicolas.

Le tribunal n’a pas été convaincu par le raisonnement de l’homme à la robe noire, encore moins par l’intervention de la tante de Nicolas.Il a exigé que Nicolas présente une procuration signée de Evéline. Ce document lui donne le droit de parler désormais en lieu et place de sa mère malade. L’affaire a été renvoyée au 17 novembre 2021.


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