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Cameroun: Il y’aura pas de grève de transporteurs

Suite à une rencontre avec des autorités, les syndicats ont sursis à la grève qu’ils menaçaient d’effectuer le 30 mai

Les syndicats des transporteurs terrestres ont décidé de suspendre le mot d’ordre de la grève annoncée pour le 30 mai prochain. Lundi 23 mai, une rencontre a eu lieu entre les responsables des syndicats du secteur et les ministres en charge des transports et de la sécurité sociale. Il aura fallu près de quatre heures pour parvenir à un accord. Les responsables des syndicats de ce secteur ont finalement entériné cette demande du gouvernement. 16 présidents de syndicats du secteur avaient annoncé de lancer une grève, pour protester contre un certain nombre de mesures. En plus du ministre Robert Nkili de la sécurité sociale et Bello Bouba des transports, étaient aussi présents le délégué général à la sûreté nationale (DGSN), le directeur général de la caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH). Le gouvernement a presque tout concédé. Un des principaux griefs des transporteurs terrestres est la taxe de développement local (TDL). Une taxe qui n’avait fait l’objet d’aucune concertation avec les concernés. Il a été convenu que cette taxe qui était devenue exigible depuis le début de cette année dans la seule vile de Yaoundé, devait être suspendue. Les syndicalistes ont aussi protesté contre les délais trop longs pour la remise des documents permettant de travailler. « Il y a des lenteurs, mais ce sont généralement le fait des personnes isolées. Nous verrons dans quelle mesure nous pourrions alléger les procédures », a promis le secrétaire général du ministère des transports. Les transporteurs se sont aussi plaints de l’irresponsabilité des assureurs. Un représentant du ministère des finances a indiqué que la question sera examinée. D’autres promesses leur ont aussi été faites comme celle de revoir l’octroi des certificats de capacité, l’harmonisation du fichier des taximen, la mise d’un accent sur la sécurité des taximen.

En un mot, le gouvernement n’a pas voulu faire des vagues. De nombreux observateurs regrettent le fait que les syndicats des transporteurs urbains aient posé des revendications qui résolvaient directement leurs problèmes personnels, mais pas celui de la profession et encore moins des usagers. Depuis qu’il a été interdit à la police de faire des inspections en route, il est aujourd’hui devenu monnaie courante de voir des véhicules de transports surchargés. Autre grief des usagers, les taxis sont parfois sales, vieux ou tout simplement trop polluants pour la ville. La question des assurances elle aussi demeure un tandem difficile. De nombreux transporteurs ne paient les primes d’assurance que pour éviter des ennuis avec la police. Très souvent ils ne se préoccupent pas de l’objectif même de l’assurance et des ses conditions. Enfin il y a aussi le comportement des usagers, qui semblent avoir un certain mépris pour la profession de transporteur. Les prix proposés pour les prestations de déplacements sont très souvent dérisoires et de fait ils acceptent d’être les complices de toute forme d’insécurité. Des experts estiment que même s’il ne faut pas négliger la capacité de nuisance d’une grève de transporteur urbain, les expériences passées ont montré que ces mouvements ont de grosses limites, en raison de nombreux facteurs. La profession n’est pas organisée, et les revendications sont parfois primaires et peu fondamentaux.

Il y’aura pas de grève de transporteurs routiers au Cameroun
Journalducameroun.com)/n


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