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Cameroun : inondations à l’Extrême-Nord, les curiosités de la mission interministérielle

Véhicules du cortège accidentés lors de visite de réconfort des membres du gouvernement aux victimes des inondations à Maroua

L’accident des véhicules des sept ministres en visite de « réconfort » aux populations de l’Extrême-Nord victimes d’inondations, vient susciter plus d’interrogations sur les raisons et les moyens d’un tel déploiement.

Une mission de réconfort qui s’achève dans la douleur. Plusieurs blessés enregistrés suite à l’accident du cortège ministériel le 5 septembre 2020 au matin.

Tout semblait bien partie pour que ce voyage hautement médiatisé laisse des traces. Car au départ le 3 septembre 2020,  une polémique est née autour du choix de la compagnie aérienne Ethiopian Airlines, au détriment de la nationale Camair-co dont les avions sont au « chômage » depuis le début de la pandémie du Covid-19.

Le journaliste Paul Mahel indique sur les réseaux sociaux que : «  l’opération a coûté 120 millions de FCFA au contribuable. L‘aéronef de type Bombardier Q400 auprès de la compagnie Ethiopian  en question est ‘’nyangalement’’ stationné à Salak en attendant que ses excellences de passagers finissent de nager pour rentrer à Yaoundé ». Selon certaines indiscrétions,  c’est le même type d’avion qu’avait déjà emprunté Cavaye Yéguié Djibril le président de l’Assemblée nationale lors de sa descente à Maroua pour la fête de la Tabaski célébrée le 31 juillet dernier.   

Descente d’avion des ministres à Maroua

Paul Mahel déplore le choix de compagnie, mais aussi trouve curieux que l’avion loué pour cinq jours soit autant onéreux. « Pourtant, on se souvient que Camair Co avait loué le même type d’avion (Bombardier Q400) qui était beaucoup plus jeune que celui d’Ethiopian, pour les liaisons internes. Cette location coûtait 85 Millions par Mois. On avait été incapable de payer la facture et le loueur avait récupéré son avion menaçant de traîner la compagnie en justice. Comme quoi parfois il vaut mieux ne pas chercher à comprendre », ironise-t-il.

Selon un membre de la délégation, chaque ministre était accompagné des collaborateurs. L’équipage éthiopien était composé d’environ 10 personnes logées pendant les cinq jours à l’hôtel Mizao de Maroua. Des véhicules de location avec chauffeur ont été utilisés pour les descentes sur le terrain pour une mission interministérielle qui a mobilisé une soixantaine de personne – escorte de sécurité comprise – pendant cinq jours.

Pourtant une semaine avant, Paul Atanga Nji le ministre de l’Administration territoriale effectuait  avec une poignée de collaborateurs une mission similaire dans la région du Littoral, où les inondations ont fait deux morts à Edéa.

La mission de réconfort aux populations de l’Extrême-Nord a failli coûter au Cameroun  5% de son gouvernement. Au nom de la gabegie et des calculs politiques.


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