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Cameroun: Interview de Mgr Jean Mbarga

Invité de la radio nationale, le nouvel administrateur apostolique de l’archidiocèse de Yaoundé revient sur sa nomination, ses rapports avec Mgr Tonye Bakot et les chantiers qui l’attendent

Bonjour Monseigneur et bienvenu dans ce studio. Que devrais-je commencer par vous poser comme question: Comment va le diocèse d’Ebolowa ou comment va le diocèse de Yaoundé ?
Comment va le diocèse d’Ebolowa. Je suis évêque du diocèse d’Ebolowa, nommé administrateur apostolique à l’archidiocèse de Yaoundé.

ça veut dire que vous confirmez que l’archidiocèse de Yaoundé n’a pas de berger comme certains l’ont dit?
C’est un siège vacant.

Alors que fait l’administrateur apostolique?
Il gère la vacance. Je suis là pour gérer la vacance.

C’est-à-dire?
La vacance ça veut dire qu’actuellement il n’y a pas d’archevêque.

Mais lorsqu’on dit « avec plénitude de pouvoirs », ça veut dire que l’archidiocèse est placé sous votre responsabilité?
Entièrement, mais je ne suis pas nommé archevêque de Yaoundé.

[b Alors qui doit donner les nouvelles de l’archidiocèse de Yaoundé?
C’est moi, je réponds de l’archidiocèse, pour gérer cette situation de transition entre la renonciation à la charge pastorale de l’ancien archevêque et celui qui va arriver pour prendre charge. Je fais le pont.

D’abord, comment va le diocèse d’Ebolowa Monseigneur?
Le diocèse d’Ebolowa se porte bien. Et pour donner la preuve de ce que je dis, dimanche dernier, nous avons fêté les 80 ans de la fondation de la Mission, qui est l’Eglise cathédrale aujourd’hui. Donc, ça a été une fête qui a culminé après toute une année de préparation, qu’on a appelée « l’année de la cathédrale ».

Monseigneur Jean Mbarga vous voici donc administrateur de l’archidiocèse de Yaoundé. Quel est l’état des lieux?
Je suis arrivé lundi, il y a deux jours, j’ai pris connaissance de ma nomination, j’ai, en vertu de ces pouvoirs, pris certaines dispositions, qui me permettent de travailler avec une équipe canoniquement autorisée. Pour vous dire par exemple que, avec la renonciation à la charge pastorale de Monseigneur Simon Victor Tonye Bakot, les vicaires généraux aussi perdent leur mission. Je travaille avec un groupe de prêtres expérimentés qui ont des charges variées, mais pour les vicaires épiscopaux, on leur a donné le titre de modérateurs des zones, des pôles, et des services, afin de pouvoir s’appuyer sur le droit, tel que cela est possible.

Est-ce que vous avez rencontré celui qui est désormais l’ancien archevêque de Yaoundé?
Mais c’est de ses mains que j’ai reçu la charge.

Comment se porte-t-il?
Il se porte bien.

Quel est l’état d’Esprit de l’homme?
Monseigneur est un grand pasteur, un homme de foi et de prière.

En vous remettant les clés de son Eglise à Yaoundé, que vous a-t-il dit?
Il m’a béni. N’oublions pas que Monseigneur l’archevêque et moi avons déjà cheminé quand même un bon bout.

Vous avez été prêtre dans l’archidiocèse qui était le sien
Oui, j’y ai été prêtre. J’étais d’abord son économe, puis son premier vicaire général. Et c’est lui qui a été aussi l’un de ceux qui m’ont consacré évêque à Ebolowa.

Monseigneur, je voudrais à présent que nous sortions un peu de ce studio, pour voir la presse, l’on parle précisément de démission, l’on évoque même un certain nombre de raisons, que la pudeur m’interdit de décliner de façon assez claire en ce moment. Comment percevez-vous ce type de développement?
Vous savez, la presse est libre au Cameroun. À ce titre, la liberté de presse laisse dire que c’est aussi la liberté d’expression. Je veux dire qu’en cette heure grave, quand même, nous devons dire que chacun parle selon sa conscience et sa documentation.

Pourquoi qualifiez-vous cela d’heure grave?
Grave parce que pour moi, c’est une responsabilité énorme. Nous aurions bien aimé voulu voir Monseigneur travailler. Mais, s’il se sent physiquement limité, et demande du recul, du repos, nous ne pouvons que souffrir de voir les choses se terminer, de façon précipitée.

Comment convaincre les sceptiques, Monseigneur Jean Mbarga, quand malgré les explications que vous avez données, l’on observe que, dans les premiers actes de nominations que vous prenez, vous n’avez pas fait que reconduire les acteurs qui étaient en poste, il y a un nouveau visage comme recteur de la cathédrale, un nouveau visage comme secrétaire à l’éducation dans cet archidiocèse. C’est la renonciation de l’ombre de l’ancien berger de cet archidiocèse ?
J’ai pris le parti dès le départ d’écouter les prêtres, les affectations ont été faites, certains prêtres souhaitaient faire autre chose, j’ai pris bonnes notes.

Autrement dit si vous avez changé certaines personnes, celles-là ont bien demandé à partir.
C’est avec leurs accords et l’appréciation commune sur les perspectives. Vous parlez par exemple de notre curé à la cathédrale, je lui ai posée une question de savoir comment il vivait son sacerdoce, il m’a dit j’ai toujours comme l’impression que je voulais apprendre un peu plus. Je lui ai dit c’est une bonne chose. Avec 14 ans de sacerdoce que tu as, je pense que c’est le moment ou jamais de faire quelque chose pour affiner ta spécialisation dans ce qui me paraît être une option de réussite assez pertinente. Je le laisse partir en me disant on va se débrouiller comme on peut.

Donc Monseigneur Jean Mbarga n’est pas venu couper des têtes à Yaoundé?
Non, ils sont plutôt dans des positions qui nous apportent une meilleure consolidation dans le travail.

Alors, question de compréhension des mécanismes du déroulement de la messe, comment ça va se passer désormais au cours de la liturgie de l’eucharistie ? De qui se souviendra-t-on? De l’évêque émérite, de l’administrateur apostolique?
Ni de l’un ni de l’autre. Le siège est vacant, ça veut dire qu’on prie pour le pape, et on saute. On continue. Moi je suis évêque d’Ebolowa, et c’est là bas que la chrétienté prie spécialement pour moi. Si je suis comme je dis, envoyé par le Pape pour assurer la stabilité d’une Eglise locale et qui connaît la vacance de siège. Donc, je vais me dédier à ce que je puisse clarifier le fonctionnement de l’archidiocèse de Yaoundé qui est très complexe.

Vous ferrez comment, vous organiserez des visites pastorales ?
Comme j’ai les pleins pouvoirs, je peux poser tous les actes.

ça veut dire que des nominations sont encore possibles ?
Oui, les nominations vont encore continuer.
Merci de nous avoir fait l’amitié de venir dans ce studio
Merci beaucoup

Monseigneur Jean Mbarga, nouvel administrateur apostolique de l’archidiocèse de Yaoundé

Cameroun24.net)/n

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