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Cameroun: Kareyce Fotso se raconte!

Elle est médaillée d’argent en chanson aux jeux de la francophonie et finaliste du concours Rfi découvertes

Vous revenez des jeux de la francophonie d’où vous avez ramené une médaille en argent. Racontez nous votre expérience de ces jeux.
Je dois d’abord dire que c’est très enrichissant de pouvoir participer à une rencontre d’une envergure internationale parce que c’était au minimum 30 pays réunis. De cela on en tire toujours beaucoup de profit. J’ai beaucoup appris, j’ai beaucoup partagé. Mais il y a certaines choses que j’ai pas compris. Peut -être que je me trompe mais je pense que dans le jury il faut parfois la neutralité sinon la fibre patriotique peut prendre le dessus. J’ai été étonnée de me retrouver en compétition en finale avec des pays et que le jury soit représentatif de ces pays là. J’avais en face de moi le congo, la suisse, le canada avec dans le jury, un suisse président du jury, un français, un congolais, un canadien mais aussi un marocain et un cap-verdien, les deux neutres pour moi. C’est comme s’il s’agissait d’un match qui se joue entre le Cameroun et la Suisse et que l’arbitre est un camerounais. A chacun d’en tirer une conclusion.

Quelle a été votre motivation à y participer?
Je dois avouer que ce sont des amis qui m’ont poussé à le faire. Au départ j’étais un peu sceptique parce que j’ai toujours l’impression que les jeux surtout ceux qui sont culturels ne sont pas réalistes.
J’ai toujours l’impression que l’art est un peu aléatoire. Chacun peut porter un jugement qui n’est pas forcément celui de l’autre. Parce que s’il y a un domaine où les gens n’arrivent pas toujours à avoir un avis commun c’est l’art. C’est vrai que les gens peuvent avoir à 90 % le même avis sur le rendement d’un artiste, mais il est difficile que cela atteigne les 100%. Moi c’est toujours la crainte que j’ai. Est ce que les gens auront le même regard, la même compréhension?

Comment se sont déroulées les sélections?
Le ministère de la culture a lancé des appels à candidature à la télévision, dans la presse et un peu partout. Les candidats concernés étaient des jeunes de moins de 35 ans dans tout les domaines de l’art. Le conte, la littérature, la peinture la sculpture et la chanson pour laquelle j’ai postulé. Des experts de la francophonies non camerounais sont venus au Cameroun faire une inspection. Quelque mois plus tard j’apprends que c’est mon nom qui est affiché au ministère de la culture. Je suis retenue pour représenter le Cameroun aux jeux de la francophonie. En gros la compétition s’est d’abord faite en interne.

Vous êtes à Beyrouth, vous participez au jeu. Le jury rend son verdict, Vous êtes sur le podium à la deuxième place que ressentez vous ?
Ce genre de récompense n’arrive pas tout les jours et à tout le monde. J’étais tellement émue que ceux qui ont vu la soirée en direct à la télévision m’ont vu exploser de pleurs parce que j’étais contente. Je pense qu’il s’agit de la manifestation du Christ. Il s’agit du dessein. Il faut que Dieu mette sa main pour que ça t’arrive.

Vous êtes également parmi les trois finalistes du Concours Rfi découvertes. Comment vous vous retrouvez dans ce concours?
Le concours Rfi découvertes est une compétition ouverte aux artistes qui ont un album en gestation ou qui viennent de sortir un album. Des milliers d’artistes ont envoyé leur album. Au Cameroun nous étions trois a être retenus. Moi, Kareyce Fotso, X-maléya et Jafa. Rfi a mis sur son site au moins pendant un mois tous les nominés. Chaque semaine on faisait passer des vagues d’au moins 15 artistes. Nous étions vraiment nombreux. J’ai été sélectionnée parmi les finalistes. Pourquoi Rfi me choisit? Je ne sais pas. Ils ont dû juger que je méritais d’être en finale avec le mauritanien Bakhan et le sénégalais Naby. Je pense également comme je vous le disais tantôt que c’est un des plans que le Christ avait pour moi. Maintenant c’est à moi d’assumer ce plan en travaillant.

Kareyce Fotso à Beyrouth
Journalducameroun.com)/n

Revenons à votre musique. Vous venez de sortir votre premier album Mulato, de 14 titres. Pouvez vous nous parler de cet album? De sa coloration, sa réalisation. Quels sont les textes et le message que vous souhaitez passer à travers lui?
Mulato c’est un album qu’on a commencé a travailler en 2007. Il ne s’est pas fait en un an. Les chansons ont été écrites il y a 10 ans, 5ans ou un mois. Pour le réaliser j’ai été accompagnée des grands frères qui ont cru en moi. Touré, Ebode Guillaume, Petit Willy, Venant, Mevio, José Lenga, Ma maman, Eshu , sans oublier les s urs comme Joyce, Alima, Sanzy et bien d’autres. Mulato, tout simplement parce que je suis une fille bamiléké qui a grandi dans un village béti, je parle bamiléké et ewondo. Cet album l’illustre aisément. Sur les 14 titres, il y en a trois en Ewondo et 11 en bamiléké. Mulato est une représentation de ce que je suis, un métissage purement culturel. Dans cet album, les titres font référence à la vie de tous les jours c’est à dire à la jeunesse, au banditisme qui est grandissant, au manque de solidarité que nous remarquons aujourd’hui, également aux m urs des africains qui se pervertissent à cause de la télévision, aux langues maternelles qui disparaissent, à la déforestations, à l’immigration, aux médisances et un hommage au Christ.

Parlez nous du projet visa pour la création
En 2008 je postule pour un appel à projet lancé par le ministère français des affaires étrangères à travers son opérateur culturel qui est culture France. Le projet s’appelle visa pour la création. J’ai envoyé mon album Mulato qui était encore en création et il a été primé comme l’une des meilleures créations en Afrique. Au travers cela, j’ai reçu une bourse d’à peu près 5000 euros et je suis allée en France pour, pendant 3 mois parfaire ma création. L’album est sorti en Septembre 2009 en France, et j’ai mis sur pied un spectacle solo d’une heure vingt. Il s’appelle Kuichoueu, unité en langue bamiléké et titre de mon prochain album. C’est un extrait de ce spectacle que j’ai présenté au jeu de la francophonie qui m’a value la médaille en argent.

Quand le public camerounais aura t-il l’occasion de découvrir ce solo?
C’est pas une priorité maintenant. Je préfère d’abord présenter Mulato, parce qu’il n’est pas encore connu. C’est encore un bébé, il faut que je lui laisse le temps de grandir, de marcher et de murir. Il faut que les gens le découvrent. Ce sont 14 titres et pour moi chaque titre est important.

Kareyce Fotso
Journalducameroun.com)/n
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