Politique › Institutionnel

Cameroun: la Cour suprême fustige les lenteurs et erreurs judiciaires

Le premier président de ladite institution appelle les magistrats à chercher à s’améliorer dans l’accomplissement de leurs missions quotidiennes

Le premier président de la Cour suprême du Cameroun, Daniel Mekobe Sone, a vigoureusement fustigé les phénomènes de lenteurs et erreurs judiciaires, qui se selon lui sont enracinés dans le pays.

S’exprimant mardi, 23 février 2016, à Yaoundé à l’occasion de l’audience solennelle de rentrée de la haute juridiction, il a dénoncé les faux témoignages, l’erreur d’identification, la faiblesse des expertises, l’interprétation erronée des textes, la fabrication des preuves, l’ignorance de la loi, l’archaïsme du matériel de police scientifique comme faisant partie des causes desdits phénomènes.

Selon Daniel Mekobe Sone, les erreurs judiciaires, synonymes de « négation de la vérité judiciaire », sont aussi liées à « la formation des magistrats, au respect du devoir d’impartialité, à la composition collégiale des juridictions et à l’intervention volontaire ».

Il a ainsi appelé les magistrats à chercher à s’améliorer dans l’accomplissement de leurs missions quotidiennes et dans chaque maillon de la chaîne judiciaire.

« Et à la fin de la journée, lorsque nous quittons le palais de justice, nous devons toujours nous demander si un innocent ne croupit pas injustement en prison de notre fait. Nous devons nous demander si un citoyen n’a pas été injustement dépossédé de son bien de notre fait. Nous devons nous demander si un criminel n’a pas réussi à échapper aux mailles de la justice de notre fait. Nous devons nous demander si un orphelin ou une veuve ne maudit pas la justice par ses pleurs de notre fait. Nous devons nous demander si un investisseur n’a pas mis la clef sous le paillasson de notre fait. C’est de la sorte que nous pouvons réduire le risque d’erreur judiciaire », a martelé Daniel Mekobe Sone à l’endroit des magistrats.

Le premier président de la Cour suprême a aussi dénoncé « l’amateurisme » des avocats, qui se manifeste souvent jusqu’à la saisine de la juridiction dont il a la charge.

Quant au procureur général près la Cour suprême, Luc Ndjodo, il a rappelé aux magistrats que toute personne avait droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement, et publiquement, par un tribunal impartial.

Abordant également les lenteurs, il a déclaré que la garantie d’un délai raisonnable dans le prononcé des jugements « est de protéger tous les justiciables contre les lenteurs excessives de la procédure ».

Il a ainsi appelé les magistrats, officiers de police judiciaire et auxiliaires de justice à privilégier la collaboration, à éviter les techniques de dilatoire à travers des techniques d’endiguement des procédures, mais également des renvois ou des rabattements de délibéré injustifiés.


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