Politique › Institutionnel

Cameroun: La décentralisation effective pour 2010

La deuxième session du Conseil National de la Décentralisation a permis de réaffirmer l’engagement de l’Etat

La deuxième session du Conseil national de la Décentralisation s’est tenue le 05 août dernier à l’immeuble Etoile sous la présidence de Philémon Yang. À l’ordre du jour, l’examen des premiers programmes de transfert de compétences et ressources de l’Etat aux collectivités territoriales. Dans la perspective de cette mise en place prévue pour être effective dans six mois, le premier ministre a rappelé que cette lancée était pertinente et définitive. Elle nous permettra de conduire une stratégie plus efficace et plus efficiente du développement local avec une meilleure participation des populations ainsi impliquées dans la quête de leur bien-être économique, social et culturel.

Depuis la tenue de la première session le 19 janvier 2009, la dynamique de mise en uvre de la décentralisation a connu un ralentissement de la part de certains départements ministériels. Cette situation à l’origine du retard a porté un coup au processus de développement des collectivités locales. Ainsi, le premier ministre a insisté sur le fait que ces assises devraient marquer la fin de cette forme d’inertie et mener à l’effectivité des programmes de transferts envisagés à partir de l’exercice 2010. L’urgence ne réside pas seulement dans le souci pour le gouvernement de parvenir à son objectif de décentralisation. Le projet a nécessité l’intervention de nombreux partenaires étrangers dont l’union européenne, pour plus de 20 millions d’Euros. Trois programmes ont ainsi été financés dans ce domaine avec pour but de contribuer au processus de décentralisation du Cameroun.

Aujourd’hui il y a eu un consensus croissant sur le fait que les collectivités locales ont un rôle décisif et crucial à jouer dans les objectifs de réduction de la pauvreté, de sécurité alimentaire et d’amélioration de la gestion des ressources naturelles. D’un autre point de vue, l’idée est de rapprocher davantage les administrés de l’administration, cela en vue de cerner les vrais problèmes de la population et trouver des solutions urgentes et adéquates. Le découpage territorial a été décidé de toute évidence dans le seul but d’accélérer le progrès économique et social de la population. Mais il va sans doute dire que le retard pris dans le processus cache l’ampleur des difficultés.

Les experts s’accordent à dire que pour réussir, la décentralisation doit être un processus général qui doit inclure toutes les modalités de l’intervention publique et une révision du cadre législatif. Pour ce qui est du Cameroun, le grand défi consistera en la gestion de la tension entre la reconnaissance des initiatives collectives mais locales et l’exigence d’intégrer ces initiatives dans une vision d’ensemble. Les clivages socio-ethniques sont encore trop présents. Une exigence rendue complexe par la disposition constitutionnelle qui demande que soit pris en compte l’intérêt des minorités autochtones. D’un autre point de vue, le processus de décentralisation ainsi amorcé sera susceptible d’accroître les inégalités entre les provinces les plus pauvres et les plus riches du pays. Les politiques n’ont pas expliqué comment ils procèderont réellement pour empêcher une rupture brusque de ces inégalités.


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