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Cameroun: La décision de recourir à nouveau au FMI inquiète les experts financiers locaux

Ce prêt résulte d’une lettre d’intention envoyé par le gouvernement à l’institution

Mardi 05 juillet dernier, Mme Malangu Kabedi-Mbuyi, la représentante de l’institution du FMI au Cameroun a confirmé l’accord par l’institution d’ un prêt d’environ 72 milliards de francs CFA (144 millions de dollars US) au gouvernement camerounais, officiellement pour lui permettre de surmonter les chocs liés à la crise financière mondiale actuelle, a annoncé. Mme Kabedi-Mbuyi a expliqué que le montant sera décaissé dans le cadre de la composante d’accès rapide de la Facilité contre les chocs exogènes (FCE) dont la vocation est de fournir des conseils politiques et économiques et une aide financière aux pays à faibles revenus, frappés par des chocs exogènes de nature temporaire.

Ce prêt résulte d’une lettre d’intention envoyé par le gouvernement camerounais aux dernières heures de l’ère Inoni Ephraïm. Dans cette lettre, l’argument utilisé est que la crise mondiale pose aux autorités camerounaises de redoutables défis. Le niveau inférieur des cours du brut a pour effet de réduire les recettes d’exportation et les recettes budgétaires. Le net repli de la demande extérieure porte durement atteinte aux principales exportations. Le durcissement des conditions de financement extérieur retarde la marche d’importants projets d’investissement. En raison de ces chocs considérables la croissance devrait être plus lente et le solde budgétaire global ainsi que le solde extérieur devraient devenir déficitaires. Sans dispositifs de protection sociale appropriés les coûts sociaux du ralentissement pourraient être lourds.

Malgré la satisfaction affichée du FMI, de nombreux experts de l’économie camerounaise Babissakana en tête désapprouvent avec énergie. En premier lieu, ce prêt est accordé dans les mêmes conditions qui ont au bout de 20 ans de coopération avec le FMI conduit les tissus sociaux camerounais à la ruine. Il reste difficile pour beaucoup d’admettre que la seule crise économique mondiale suffit à justifier l’espoir suscité par Lazare Essimi Menye l’actuel ministre des finances, lorsqu’en début de l’année en cours il a déclaré: «Nnous n’irons plus chercher l’argent au FMI. » Visiblement cela avait été soit une incohérence soit une grosse incompétence de la part des techniciens économiques du ministère des finances.

D’un autre coté, on s’étonne de la rapidité avec laquelle le fonds a débloqué l’argent, lui qui pourtant a fait trainer des années le dossier d’admissibilité à l’initiative PPTE. Dans une lettre ouverte au nouveau chef du gouvernement; Babissakana met en garde le nouveau patron de l’immeuble étoile contre une voie qui va nous replonger dans le cycle d’un nouveau ré endettement, de nouvelles mesures d’ajustement structurel qui ont fait preuve de leur inefficacité dans l’économie camerounaise. La situation est d’autant plus déconcertante que l’Etat des finances publiques camerounaises du fait des réserves accumulées pendant la période de hausse des cours du pétrole sont encore suffisamment solides pour résister jusqu’à l’embellie des marchés internationaux escompté pour 2010 ;

Dans tous les cas, ces fonds au Cameroun au taux d’intérêt de 0,5% remboursable dès 2013 sur une période de 10 ans, est un financement additionnel qui sera injecté dans le budget de l’Etat au cours de cette année afin de financer les dépenses prioritaires de l’heure. Des priorités non clairement identifiées, alors que les projets PPTE font déjà défaut. Pour sa part, le directeur du Comité technique de suivi du programme économique au ministère des Finances, Jean-Pierre Tchoffo, a souligné la nécessité, pour le gouvernement, d’émettre une ordonnance visant à rectifier la loi des finances 2009 en y incluant les 72 milliards de FCFA du FMI.


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