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Cameroun: La Douala Stock Exchange à la croisée des chemins

Les attentes qui avaient justifié sa création n’ont pas été atteintes, pourtant la structure se refuse à toute fusion avec la BVMA

Le 30 juin 2006 sonnait le premier gond marquant le début effectif des opérations de cotation à la Bourse nationale des valeurs mobilières du Cameroun, Douala Stock Exchange (DSX). Une étape décisive dans son fonctionnement qui n’intervenait que sept ans après sa création. Trois ans après, seulement quelques entreprises y sont cotées. Ces résultats plutôt mitigés ne semblent pas entamer la détermination des responsables de la structure. De sources proches des milieux de la finance au Cameroun, d’autres entreprises devraient y faire leurs apparitions avant la fin de l’année. Pour le directeur de la DSX Pierre Ekoule Mouangue, la conjoncture actuelle justifie l’urgente nécessité de laisser poursuivre les activités de la bourse de douala. Les actes combinés de la banque centrale (BEAC) et de la législation fiscale du Cameroun ont été orientés ces derniers temps vers un encouragement des entreprises à se rapprocher du marché financier. Des mesures qui semblent inopérantes pour l’heure.

Un marché financier en proie à de nombreuses difficultés
Les handicaps de la DSX sont juridiques, politiques, purement boursiers et surtout, économiques. Sur le plan juridique, les règles sont appliquées de façon laxiste et répondent à des considérations nationales, éloignées des normes qui prévalent sur les grandes places. De ce fait, les informations publiées par les sociétés sont rarement exhaustives et fiables. De même, la fragilité du système institutionnel n’est pas de nature à rassurer les investisseurs. Ceux qui sont engagés dans des participations stratégiques dans les entreprises locales comme les télécommunications par exemple hésitent à introduire leurs titres sur le marché.

Le handicap purement boursier ne peut être négligé. La bourse de Douala n’est ouverte que quelques heures par jour et surtout quelques jours par mois. Les plates-formes électroniques ne sont pas harmonisées, les systèmes de règlement-livraison et de compensation manquent de fiabilité, les commissions de Bourse restent trop onéreuses. Et surtout les opérations ne sont pas à l’abri d’un délestage d’énergie. Enfin, l’économie camerounaise malgré les améliorations indiquées souffre encore d’un climat des affaires qui n’inspire pas totalement confiance et d’un faible taux d’épargne. D’un autre coté, les sociétés présentes au Cameroun ont gardé l’habitude de se financer en priorité en faisant appel aux banques. Ensuite, même si la situation évolue depuis quelques années, la rentabilité de ces sociétés reste moindre. Enfin, le programme de privatisations a pris du retard par rapport aux annonces.
La solution de la fusion fortement discutée.

Il s’agit d’élargir la gamme de placements offerts aux épargnants et aux investisseurs institutionnels et d’assurer la transparence des informations économiques et financières.
Pierre Ekoule Mouangue, directeur de la DSX

Face à un tel retard dans sa rentabilité, de nombreux experts proposent la solution de la fusion à la Bourse des Valeurs Mobilières d’Afrique Centrale(BVMAC). Cette option aiderait à réduire les coûts de financement des entreprises et les frais de courtage. Une idée soutenue par Willy Ontsia, Directeur Général de la BVMAC. « Nous soutenons les efforts de la DSX. Il est donc urgent d’unir nos forces pour une efficacité accrue ». Les experts affirment que ces regroupements devraient permettre le lancement d’emprunts dont le pays à tant besoin. Ils pourront aussi aider à la constitution et au financement de grandes entreprises privées, permettant ainsi une réduction effective des déficits publics. L’idée n’enchante pas les autorités camerounaises. Le ministre Essimi Menye est lui plus tranchant. Dans une récente intervention, il rejette cette vision du marché, qui voudrait que la CEMAC ne puisse pas réunir des potentialités économiques pour abriter deux bourses. Une position du ministre camerounais des finance, jugée irréaliste par des ingénieurs financiers, mais que les faits semblent conforter. Depuis sa création en 2003, la BVMAC n’a enregistré sa première cotation que récemment.


www.douala-stock-exchange.com)/n
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