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Cameroun: la Fedipresse contre la suspension des médias par le CNC

Dans un communiqué publié mardi, la Fédération des éditeurs de presse du Cameroun s’est dite opposée aux sanctions prises contre des médias à capitaux privés par le régulateur

La Fédération des éditeurs de presse du Cameroun (Fedipresse) vient d’élever une « vive protestation » à propos des lourdes sanctions prises contre les médias à capitaux privés par le Conseil national de la communication (CNC).

Dans un communiqué publié mardi, et se référant particulièrement aux condamnations prises contre certains journalistes et leurs publications par le régulateur, au cours de sa 13ème session ordinaire tenue le 11 mars 2016, qui vont de l’avertissement pour les journalistes ou les organes de presse auxquels ils appartiennent à une suspension d’exercer ou de diffuser allant jusqu’à 6 mois, elle se dit «catégoriquement opposée à toute forme de suspension d’une entreprise de presse, à fortiori pour une faute professionnelle ; réelle ou supposée ; d’un de ses employés».

Pour la Fedipresse, les erreurs d’un médecin ou d’un infirmier ne peuvent conduire à la suspension d’un hôpital.

Ainsi, les éditeurs de presse, promoteurs de petites et moyennes entreprises, s’inquiètent-ils des effets néfastes de ces décisions, prises sans considération de la situation des entreprises de presse, qui peuvent difficilement survivre à de telles interruptions, sauf si l’objectif est de parvenir à un musellement.

Apôtre d’une régulation des médias par les pairs, défenseure acharnée d’une éthique et d’une déontologie professionnelles, la Fedipresse «regrette que l’accompagnement des pouvoirs publics pour l’instauration d’une presse forte et le renforcement de sa crédibilité se présente régulièrement sous la forme du bâton et rarement de la carotte».

Les éditeurs attirent aussi l’attention du gouvernement quant à ces atteintes répétées à la liberté de presse, qui selon eux, entachent gravement l’image de marque du Cameroun.

Placé sous l’autorité du Premier ministre, le CNC, organe de régulation et de consultation dont les membres sont par ailleurs pour la plupart soit des éditeurs ou encore des journalistes en fonction, s’illustre depuis des années par une approche essentiellement répressive qui épargne toutefois les médias à capitaux publics.

Haman Mana, président de la Fedipresse.
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