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Cameroun: La pêche reste porteuse à Kribi!

Afin de faire face aux difficultés de la vie, les jeunes de Kribi vivent grâce au poisson.

Au bord de la mer de Kribi, plus précisément à la plage du lycée, un groupe de dix jeunes pêcheurs s’activent à tirer une corde. Celle-ci est enfouie dans la mer, et grâce à un ballon rouge flottant au milieu de la mer, ceux-ci parviennent à déterminer à quel niveau se trouve la corde qu’ils tirent sans relâche depuis une dizaine de minutes. Cette corde que nous sortons de la mer est liée à un filet que nous avons lancé au milieu de l’eau il y a une heure, dans le but de pêcher du poisson. Nous y sommes rendus à l’aide de la pirogue qui est placée là au bord de la mer, explique Emmanuel Sadjo, un pêcheur.
Après une trentaine de minutes, l’on voit peu à peu sortir de l’eau le filet. D’une couleur blanche, il est large d’une trentaine de mètre. Extrait de l’eau avec plusieurs variétés de poissons, ce filet est immédiatement mis au bord de la plage où les pêcheurs essaient de sortir la moisson récoltée dans la mer. Ce sont en majorité des fritures, des bars, des crevettes et des crabes encore vivant. Ce contenu est mis dans un récipient de couleur bleu marine prête à la commercialisation.

Le récipient est transporté à quelques mètres de la plage où se trouve une nappe étalée à même le sol avec au dessus des plats en aluminiums qui servent de mesure. Aussitôt, quelques dames venues s’approvisionner engagent des pourparlers avec les pêcheurs. Le plat de Meo encore appelé fritures est vendu à 250 Fcfa, le plat de Mabanga coûte entre 1000 Fcfa et 1500Fcfa. Le plat de sardine coûte environ 500Fcfa, explique Emmanuel Sadjo. Après les ventes, les bénéfices sont partagés entre toutes les personnes ayant participées à la pêche. «Le gain du jour varie en fonction de la qualité et de la quantité de poisson pêché. Je peux avoir jusqu’à 3500Fcfa de gain quotidien si la pêche est bonne. Mais il y a des endroits de la mer où la pêche est encore meilleure. Et dans ces endroits, on peut facilement avoir plus de 10000Fcfa par jour », affirme Emmanuel Sadjo.
Plus la pêche est bonne, plus les pêcheurs mènent leurs activités. Ils peuvent jeter le filet au milieu de la mer jusque dans la nuit.

Jeunes pêcheurs à Kribi
journalducameroun.com)/n
Quand nous jetons le filet dans un endroit dans la mer, et qu’il récolte beaucoup de poisson, nous y retournons jusqu’à ce que la mer nous refuse le poisson à cet endroit. Ensuite, nous changeons d’endroit et si là aussi il n’y a pas de bons résultats, nous changeons jusqu’à ce que la mer refuse définitivement de nous donner du poisson.
Emmanuel Sadjo, jeune pêcheur

Cette activité est très fructueuse pendant la saison du poisson. La bonne saison commence à la fin du mois d’août jusqu’au mois de janvier. « Cette période est marquée par la présence dans la mer des poissons Bars en majorité. Ce qui fait les affaires de tous ceux exercent dans le secteur. A partir de mai c’est la mauvaise saison. Pendant cette période, la mer bouge beaucoup, et la variété de poissons qu’on y retrouve est majoritairement constituée de crustacés (langoustes, crabes, mâchoirons, requins…). Pendant la saison sèche, les crevettes se font rares », explique Antoine Beyembele, vendeur de poisson..
Tout le monde peut s’allier aux pêcheurs pour « pointer la journée ». Et tous ceux qui ont le désir de pêcher dans la mer de Kribi sans aucune discrimination peuvent le faire sans condition », rassure M. Bello, patron pêcheurs. « Je suis originaire du Nord Cameroun. Je n’ai eu besoin que de ma pirogue et des gens avec qui je travaille pour mener cette activité qui me permet de nourrir toute ma grande famille », poursuit-il.

Mener cette activité nécessite une pirogue: la pirogue à en croire les pêcheurs coûtent sensiblement 60 000Fcfa. Le filet quant à lui est commercialisé à 200 000Fcfa. Pour d’autres pêcheurs qui pratiquent l’activité autrement, ils ont besoin d’un bateau. Ces derniers font plusieurs jours en mer. Ils jettent le filet dans l’eau et attendent trois heures au même endroit avant de le tirer de l’eau.
Malgré le caractère obsolète de leurs équipements, les caprices du climat et de la mer, les jeunes pêcheurs de la cité balnéaire ne compte pas mettre un terme à cette activité qui leur permet de survivre. Une aubaine pour les nombreux touristes qui auront toujours à leur table du bon poisson frais de Kribi.

Jeunes pêcheurs à Kribi
www.hotel-kribi.com)/n
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