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Cameroun: la question de l’esclavage aux oubliettes dans les universités?

La route des esclaves (c) Droits réservés

Très peu de travaux de recherche traitent de ce sujet qui a duré des siècles durant. Une tendance que des chercheurs veulent inverser.

M. Pefoura ne s’en cache pas, il est issu de la 4ème génération des captifs Bantoum. Après une guerre de conquête du roi Mbuembue, son peuple va perdre. C’est ainsi que ses aïeux deviennent des captifs du roi Bamoun. Pour l’enseignant à l’Université de Yaoundé I, il est important d’accepter son passé, son histoire. Ce n’est donc pas au hasard s’il s’intéresse aux vestiges de l’esclavage.

Un centre d’intérêt partagé par Cécile Dolissane Ebosse, Chef du département de Littérature à l’Université de Yaoundé I. Pour cet universitaire, on a comme l’impression que les africains veulent oublier, ce passé chargé d’histoire.

Un phénomène qui a duré des siècles mais très peu traité par les africains, pourtant principale victime. Un état des choses que le Séminaire-atelier sur les « Sites et la mémoire de l’esclavage au Cameroun», tenu du 25 au 26 juillet 2019 à Yaoundé, entendait décrier.

«La recherche universitaire dans ce champ est encore à ses premiers pas. En histoire (départements Ndlr), il n’y a que quatre thèses qui portent sur quelques aspects de l’esclavage au Cameroun. On peut y ajouter une vingtaine de mémoires. Dans les autres disciplines tout est à faire pratiquement. On peut affirmer qu’il y a de la matière et de la place pour tout le monde ! Il nous faut à la fois briser les cloisons et nous inscrire résolument dans l’interdisciplinarité», propose Ahmadou Séhou, enseignant à l’Université de Maroua et coordonnateur général du Centre d’études et de recherches pluridisciplinaires sur l’esclavage et la traite en Afrique (Cerpeta), groupe de travail de mise en œuvre du projet Slafnet (Heritages and Public History), à l’origine du séminaire.

Un évènement qui a vu la participation de plusieurs chercheurs et la présentation de divers exposés. Programme visant à booster l’intérêt des uns et des autres sur cette question encore en friche «une question qui nous intéresse au Cameroun, au premier point compte tenu de l’implication du Cameroun dans la traite que ça soit la traite atlantique ou transsaharienne, via les différents lamidats du nord Cameroun», ajoute M. Séhou.



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