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Cameroun: la société de transport urbain de masse Stecy en faillite?

Un Bus de Stecy (c) Droits réservés

L’entreprise est en cessation d’activités depuis lundi, suite à une grève des employés. La société depuis sa création fait face à de nombreux problèmes.

«Nous allons tenir une réunion portant sur la situation de Stecy Sa. tout à l’heure (17 juillet Ndlr). Je ne peux me prononcer avant ces assises», lance Gilbert Tsimi Evouna, délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy), joint par journalducameroun.com.

Le fruit n’aura pas tenu la promesse des fleurs. La Société de transport et équipements collectifs de Yaoundé (Stecy) est en souffrance. Les activités sont à l’arrêt depuis lundi 15 juillet. Dans un communiqué, le directeur général de la société Célestin Herman Tsambou annonce la couleur « Suite à un préavis de grève des délégués du personnel lancé ce lundi 15 juillet 2019, la société Stecy Sa observe un arrêt de ses activités de transport urbain de masse.» Ouvert en grande pompe en mars 2017, la société croule déjà sous le poids de dettes.

-Engagements non tenus-

Stecy est né d’un contrat entre l’Etat du Cameroun et le consortium portugais, qui s’était engagé à investir 13 milliards Fcfa sur une période de 10 ans. L’Etat pour sa part devait verser une subvention annuelle de 1,6 milliard de Fcfa, devant permettre aux usagers de la ville de Yaoundé et ses environs de débourser la modique somme de 200 Fcfa par trajet.

Des engagements qui n’ont pas été respectés. Les responsables de la société de transport urbain accusent l’Etat d’insolvabilité. Les 1,6 milliard de subvention annuelle du gouvernement n’auraient pas été reversés depuis deux ans, selon des sources au sein de la société.

Il faut dire que les signes avant-coureurs étaient visibles dès la mise en service de l’entreprise.

Ce fruit d’un partenariat public-privé entre le groupement portugais Eximtrans Sarl/Irmaos Mota et la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy), a démarré ses activités avec 40 autobus, et ambitionnait, sur le long terme, de porter son parc à 150 autobus. Une ambition jamais atteinte. De plus, il avait été prévu des points de billetteries et d’abonnements pour permettre aux passagers de payer une carte magnétique de transport. Outil devant faciliter la tâche aux usagers mais également permettre une traçabilité des fonds perçus par les transporteurs. Sauf que ce mode de paiement est mort à peine commencée.

-Licenciements-

C’est ainsi que le 06 janvier 2018, le directeur général de Stecy Sa, dans un communiqué, dénonçait un réseau de détournement des recettes à l’origine d’une perte de près de 600 millions Fcfa. Une situation qui avait conduit au licenciement de 58 chauffeurs de bus et 104 commerciaux.

Autres faits, en novembre 2017, quelques mois après la mise en service des véhicules de Stecy, les employés ont fait grève en réclamation de deux mois d’arriérés de salaire et le respect des clauses contractuelles entre autres.

Le sort de Stecy pourrait être celle connue par la société «Le Bus» (2005-2016) qu’elle a remplacée. Cette dernière issue d’un consortium formé entre des institutions publiques camerounaises et le groupe américain Parker International Industries a mis la clé sous le paillasson. Mettant «Ses 600 employés en «congé technique». Employés qui ont réclamé le paiement de leurs droits pendant plusieurs mois, sans succès.



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