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Cameroun: L’administration se met les mototaxis à dos à Douala

Une décision du Préfet du littoral, leur interdit dès ce lundi de rouler au centre-ville, s’ils ne se conforment pas à la règlementation

Les motos interdites de circulation à Bonanjo
Selon des informations parvenues à la rédaction du site www.journalducameroun.com, la ville de douala, la capitale économique camerounaise, pourrait connaitre des légères perturbations en matière de transports urbain. Okala Bilaï, le Préfet du Wouri, circonscription administrative dont douala est le chef-lieu, a pris une décision qui interdit de circulation les conducteurs de moto taxis, à Bonanjo, le quartier administratif et centre d’affaires. Une décision prise le 12 avril dernier au cours d’une réunion de sécurité élargie aux maires des communes d’arrondissement de la ville. L’accès à Bonanjo a été interdit aux conducteurs de mototaxis, qui exercent cette activité de manière onéreuse, a confirmé Dr Fritz Ntonè Ntonè, délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala. Une mesure qui, dit-on, vise à lutter contre le désordre urbain. La décision a surpris et en conséquence frustré de nombreux acteurs principalement concerné. Lors d’une réunion tenue le 06 avril dernier, syndicats et autorités (le préfet était présent) sont convenus que l’administration accordait un délai supplémentaire jusqu’au 06 mai prochain, pour permettre à tous les conducteurs de ces engins de se conformer avec les exigences de l’administration (Patente, Carte grise, Casque et autres).

Risque de protestation et de désobéissance
Les motos taxis de Douala ont promis de s’opposer à cette décision, sans véritablement fixer la nature de la protestation. Selon des récentes statistiques, trente des quarante mille mototaxis que compte le département du Wouri qui couvre toute la ville de douala ne pourront pas être prêt dans les délais. Le coût des dossiers est élevé et parce que la demande a augmenté, les frais d’auto-école pour moto taxis a doublé. Il est franchement difficile pour nous de nous ajuster affirme Nzongang une moto taxi de la ville de Douala. Le préfet s’est interdit à recevoir notre coup de fil. Mais des sources proches de la préfecture affirment qu’il est reproché aux motos taxis, des actes de vandalisme (agressions et vol), le non-respect du code la route. Nous reconnaissons que certains de nos collègues ne sont pas toujours corrects, mais c’est comme dans la société, il y a des gens bien, des gens méchants et les gens meurent ailleurs que sur les motos taxis affirme Eric, licencié en économie et mototaximen. Pour Georges Bedime Ebona, le président du Syndicat national des propriétaires et conducteurs des mototaxis du Cameroun dans le Wouri, il est anormal que le gouvernement fasse porter la seule responsabilité aux mototaxis. La responsabilité est partagée. Dans notre secteur, tout le monde ne va pas accepter la chose telle qu’elle est, a-t-il déclaré.

Un lobby très puissant
L’activité de moto taxi a débuté il y a quelques 15 ans au Cameroun, d’abord dans la partie nord du pays et au sud avec l’accroissement de la population urbaine dans les grandes villes. Ceci à la suite du déclin des systèmes de transports urbains, combiné au chômage des jeunes et à la dégradation des routes. La moto est apparue très vite comme un moyen de déplacement facile et pratique. Les Camerounais à faibles revenus, qui n’ont pas les moyens de s’acheter leur propre véhicule, répondent dans leur immense majorité que c’est une activité extrêmement dangereuse. Les conducteurs roulent chaque fois à vive allure, mais il est impossible de se passer d’eux. Ils parviennent à se rendre dans les zones inaccessibles aux véhicules à quatre roues.

Les mototaxis dans la circulation à Yaoundé
Journalducameroun.com)/n

Aujourd’hui l’activité a créé toute une filière, qui part du fournisseur de moto, passe par les réparateurs garagistes, les fournisseurs de pièces détachées, les laveurs de moto, les vendeurs d’accessoires et les conducteurs. Entre l’administration et ces transporteurs d’un modèle spécial l’entente n’a jamais été cordiale. Mais le secteur apporte de nombreuses solutions face aux nombreuses défaillances de l’état. Si le secteur des transports urbains marchait bien au Cameroun, il n’y aurait presque pas de moto taxis, puisque tous travailleraient dans la filière créée par le transport urbain affirme un observateur. En attendant, les conducteurs de moto taxis ont promis un bras de fer avec l’administration, un énième qui tournera à l’avantage de ce corps de transporteurs devenu puissant par la force des choses.

Encadrer la filière ou gérer la crise
Près d’un million de personnes empruntent les motos tous les jours à Douala. Avec l’extension urbaine, seulement 40% des quartiers de Douala sont accessibles par route goudronnées. Le quartier administratif étant concentré à Bonanjo, près de 400 mille personnes s’y rendent tous les jours. La présence des mototaxis dans ce quartier est justifiée par le besoin de passer d’un bureau à l’autre rapidement et facilement. L’administration avait exigé deux casques par moto, mais il est difficile d’en garantir la sainteté si le même casque doit être porté par plusieurs personnes. Si on reconnait que les motos provoquent de nombreux accidents mortels, la voiture reste de loin le moyen de transport le plus dangereux au Cameroun. Près de 45 mille personnes conduisent les motos taxis, pour 8000 garagistes. On estime à 280 millions de FCFA, le chiffre d’affaires généré en un jour par les seules motos dans la ville de Douala. Face à ces données, les experts pensent que l’administration n’a pas d’autre choix que de collaborer, surtout dans un contexte où l’Etat n’est pas proche d’offrir des solutions.

Le mauvais état des routes qui favorise la présence des mototaxis
Journalducameroun.com)/n


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