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Cameroun : le calvaire sans fin des malades atteints d’insuffisance rénale

Manifestation des malades d'insuffisance rénale (photo d'archive)
Cette semaine encore, la rupture des kits de dialyse et le manque de salle d’eau appropriée ont provoqué la colère de ces patients. Pour exprimer leur ras-le-bol, ils ont bloqué la route devant l’Hôpital général de Yaoundé le 1er juin 2021.

Encore des cris de détresse des Camerounais atteints d’insuffisance rénale, éprouvant de sérieuses difficultés à effectuer leurs séances de dialyse à l’Hôpital général de Yaoundé. Assis au sol, ils ont manifesté pour exprimer leur mécontentement en barrant la route devant l’Hôpital général de Yaoundé ce 1er juin 2021. Ils étaient près d’une vingtaine de malades, visiblement mal en point, à avoir bloqué la circulation pendant des heures. Ces patients revendiquent des séances de dialyse auxquelles ils n’ont plus eu droit depuis des semaines à cause d’un déficit de kits.

Les messages inscrits sur leurs pancartes sont assez significatifs du sort qui leur est réservé « Pitié, nous mourrons ». C’est un véritable chemin de croix que ces malades décrivent pour avoir accès aux soins. «Nous venons ici à l’Hôpital général, depuis deux jours, mais toujours pas de suite. C’est à dire que la veille, vous devez passer quatre heures de dialyse, avant de revenir le lendemain. Et ce jour, on nous dit qu’il n’y a plus de kits à repasser demain. Nous n’avons plus de vie. Or, nous avons droit à deux séances au lieu de trois qui devraient être par semaine, et nous nous retrouvons avec deux dialyses. C’est déjà un problème et maintenant, même ces deux dialyses on n’arrive pas à les faire  », explique Issack Njoya, un malade hémodialysé.

Ce n’est pas la première fois cette année que les patients souffrants de cette maladie crient leur ras-le-bol. Il y a plusieurs semaines, des insuffisants rénaux pris en charge par le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Yaoundé ont investi la voie publique pour des raisons similaires.

Pourtant, après l’acquisition de 40 000 kits de dialyse en mai 2020 et 15 000 autres en décembre 2019, le ministre de la Santé publique (Minsanté), promettait que ce stock permettrait de juguler les pénuries pendant près de 6 mois. En moyenne, selon les sources gouvernementales, l’Etat dépense 4 milliards FCFA par an pour la prise en charge des malades souffrant d’insuffisance rénale. Cette subvention est destinée notamment à l’acquisition de kits et équipements d’hémodialyse.

Selon Pr Gloria Ashutantang, chef de service de neurologie/hémodialyse à l’hôpital général de Yaoundé, la rupture des kits d’hémodialyse s’explique par la défaillance des fournisseurs qui ne livrent pas toujours à temps le matériel commandé. Comme solution, le gouvernement travaille depuis quelque temps avec le Centre de production des tests de dépistage et de diagnostic (Camdiagnostic) en vue de la fabrication locale des kits de dialyse.


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