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Cameroun: Le carburant frelaté refait parler de lui.

L’ONG camerounaise «Les Voies Nouvelles», a dénoncé cette situation, dans un rapport publié ce mardi

Près de 20 000 litres soupçonnés de frelatage chaque semaine
Alors que l’opinion collective au Cameroun croyait l’affaire du carburant frelaté totalement résolue, l’Agence France Presse a rendu publique une information selon laquelle l’ONG Voies Nouvelles dénonce la poursuite de la vente de carburant frelaté, notamment à Yaoundé, la capitale camerounaise. Selon les responsables de cette organisation non gouvernementale (ONG) qui affirment avoir mené une enquête de 13 mois, plus d’une dizaine de site de frelatage auraient été inventoriés. Le rapport indiquerait selon l’AFP, que la vente de carburant frelaté dans les stations-service est une réalité dans la ville de Yaoundé. Les mélanges frauduleux – mélanges de gasoil et de pétrole lampant ou d’essence et de pétrole lampant – sont effectués par les chauffeurs des camions citernes à la sortie de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), selon l’organisation. De même source, entre 1.500 et 2.000 litres de carburant sont siphonnés à chacun de leur passage (des camions citernes) dans un site de frelatage, et certains sites peuvent accueillir plus d’une dizaine de camions citernes par semaine avec des quantités de carburant siphonnés évaluées à plus de 5 millions de FCFA. Les mesures de contrôle ne sont ni régulières ni efficaces, aurait constaté l’ONG, évaluant les pertes de l’Etat à plusieurs dizaines de milliards de FCFA par an, du fait de ce trafic qui présente par ailleurs des risques écologique, environnemental et social. L’ONG recommande notamment la multiplication des contrôles du carburant et le recours à des méthodes de surveillance électronique des camions-citernes.

Une situation récurrente
Les autorités n’ont pas encore réagi à cette annonce. Mais alors qu’il était ministre en charge de l’eau et de l’énergie, le ministre Jean Bernard Sindeu, avait fait savoir que des études conduites par ses services, démontrait que le Cameroun perdait près de 39 milliards de FCFA en raison de la vente illicite du carburant sur le marché. Traditionnellement, les autorités camerounaises attribuent l’origine du carburant frelaté à certains pays voisins. C’est la première fois qu’un rapport indique l’existence des centres de frelatage sur le sol camerounais. Plusieurs causes facilitent la prolifération d’un tel marché parallèle. L’essence dit normal coute très cher et parfois ne présente pas suffisamment de garantie quant à sa qualité. C’est la première fois qu’un rapport dénonce publiquement l’existence d’un vaste réseau de fabrication et de commercialisation de carburant frelaté. Depuis quelques temps, plusieurs entreprises sont rentrées dans le marché du carburant au Cameroun. C’est de façon constante que le Cameroun gère la question du carburant frelaté. Au mois de février 2010 dernier une forte odeur de l’essence avait permis de réaliser qu’une grosse cargaison d’essence vendue sur le marché camerounais était de qualité douteuse. Les autorités avaient étouffé l’affaire sans clairement indiquer ce qu’il était advenu du carburant ainsi retiré.


www.fntp.fr)/n
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