Cameroun: Le festival de film court de Yaoundé bat son plein

Interview de Martial Nguéa, promoteur

Le festival international du film court de Yaoundé débute cette année avec un léger retard, qu’est ce qui en a été la cause?
Plusieurs raisons peuvent expliquer ce décalage. La première, c’est que nous attendions que des commissions auxquelles nous avons soumissionné des subventions et autres partenariats réagissent. L’autre raison est que la plupart des jeunes réalisateurs camerounais tournent leurs films pendant la période comprise entre juin et Août, à quelques jours de la clôture de nos appels à candidature. Certains films de très bonne qualité se trouvaient très souvent disqualifiés pour des questions de temps. Nous expérimentons cet autre système dans le but de vérifier notre constat.

Combien de films ont déjà été enregistrés pour cette 5ème édition?
En réalité, nous sommes à plus d’une centaine de films courts dont près d’une trentaine qui sera soumise au jury.

Quelles sont les différents prix mis en compétions cette année?
Notre jury consacre huit prix à savoir : Le grand Prix Yaoundé -Tout Court- , le Prix spécial du Jury qui est très souvent le mérite ou l’hommage rendu à professionnel de l’audiovisuel et cinéma au Cameroun, le Prix de la Presse décerné par la presse critique qui apporte à chacune de nos éditions, son regard sur les uvres en terme de message et de quête esthétique, le Prix de la Meilleure collaboration artistique. Cette année, nous avons intégrer le making off, l’intention de susciter auprès des réalisateurs l’importance d’un making off dans une production en tant que exercice délicat mais aussi comme un film réalisé sur un autre; Le Prix du public, celui de la meilleure distinction masculine et féminine et le prix du meilleur documentaire.

Que répondez vous aux critiques qui pensent que les RIFIC n’ont jusqu’ici pas contribué à l’amélioration du court métrage au Cameroun?
Je ne suis pas convaincu que dans un pays où les salles de cinéma n’existent plus, où vous avez été le premier festival à s’intéresser à ce format particulier, le court métrage, qui recense beaucoup de génies et au regard de l’affluence des jeunes cinéastes et autres structures, que nous n’ayons pas véritablement pas contribué. Il me semble qu’aujourd’hui encore, plusieurs festivals et organismes divers de la coopération multilatérale se réfèrent à nos données pour avoir l’état de ce qui se fait au Cameroun en matière de court métrage. Depuis l’année 2006, nous travaillons avec l’agence de coopération espagnole sur le projet de réduction de l’immigration clandestine des jeunes africains vers l’Europe. Sur la formation des jeunes camerounais à l’écriture et la réalisation audiovisuelle. Nous avons pu former quelques-unes dont les plus en vue au Cameroun en ce moment sont Eshu, Charlotte Ngo Manyo, avec des films à l’humour caustique qui parlent du quotidien des jeunes. Ces films sont en diffusion dans les chaînes de télévision et servent d’appui à d’autres types de projets d’éducation des jeunes. Depuis deux éditions, le comité d’organisation du festival A.S Cine de la filière Arts du Spectacle de l’Université de Yaoundé 1, sollicite notre soutien à la réalisation de leur festival. En cours d’années, le festival de Cozes à Bordeaux nous à inviter à être dans son jury. La dernière édition des Ecrans Noirs, notre équipe a été associée à d’autres professionnels dans le jury court métrage. Je crois que cela témoigne quelque peu du sérieux avec lequel l’association Sud Plateau mène son projet d’animation du court métrage au Cameroun. Evidemment, Sud plateau ne dispose plus des mêmes moyens financiers mais nous mettons sur pied grâce à la coopération multiforme, un système qui permette aux jeunes camerounais d’acquérir des formations ou alors de participer aux rendez-vous de court métrage les plus en vue de l’heure aussi bien en Afrique qu’ailleurs. Cette année, Le Centre de formation professionnel de l’audiovisuel de la CRTV, la télévision à capitaux d’état au Cameroun et notre association avons entamé une série d’échanges autour de la professionnalisation des jeunes camerounais dans les métiers de l’audiovisuel et cinéma.

Quels sont les formations qui seront offertes lors de cette édition?
Au terme des éditions antérieures et avec les formations à la carte que nous offrions aux jeunes camerounais, la direction d’acteur constituait une véritable entorse à plusieurs réalisateurs. Partagé entre le jeu théâtral et cinématographique, beaucoup naviguaient à vue. Nous avons choisi deux acteurs camerounais rompus à la tâche à savoir Joseph Mouetcho et Stéphane Tchonang, qui allient les deux expériences de théâtre et de cinéma, qu’ils pouvaient efficacement contribuer à montrer où se situent les limites de l’un et de l’autre. Nouqs avons deux thèmes majeurs pour les échanges professionnels notamment sur le droit d’auteur et les enjeux de la formation dans les métiers de l’audiovisuel et cinéma. A ce titre, plusieurs spécialistes de ces questions sont mobilisés. On a par exemple, Mme Annette Angoua, enseignante de cinéma à l’université de Yaoundé 1, Daouda Mouchangou, PCA se la société des droits d’auteurs d’audiovisuel et photographique, Eloi Bela Ndzana, producteur et réalisateur et bien d’autres.

Sur quels sites vont se dérouler les activités du festival, et quelles sont les conditions d’accès?
Au cours de cette édition, nous entendons ramener dans les esprits de cinéphiles que le cinéma en salle existe encore. Quelques salles de spectacle pourraient également servir de salle de cinéma. Les projections vont se faire à l’Institut Goethe et au Centre Culturel Francois Villon de Yaoundé et aussi dans à la Case des Arts au quartier Essos.

On a souvent déploré un soutien limité du ministère de la culture vis-à-vis de votre festival, qu’en est-il aujourd’hui?
Cela n’a pas n’a pas beaucoup changé. Nous avons été reçus par Mme la ministre de la Culture qui nous a confirmé son soutien. Elle a mobilisé ses collaborateurs à nous suivre de près. Cela a été fait. Nous avons été contactés par la direction des arts et spectacle, et entreprises culturelles, qui étudie notre dossier, selon les exigences de Mme la Ministre. En même temps, comme la plupart des artistes et promoteurs culturels, nous attendons les répartitions du Compte d’affectation Spécial au soutien des entreprises et industrielles culturelles.


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