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Cameroun: Le FMI prévoit une croissance de 5,5% réelle d’ici à 2018

Une performance que l’organisation juge positive, mais qui est en deçà des prévisions de la stratégie à moyen terme du gouvernement

Dans sa note d’information sur les consultations effectuées au Cameroun au début du mois de mai 2013 dernier, le Fonds Monétaire International a rendu publique une note de conjoncture dans laquelle il ressort que le Cameroun pourrait connaitre une croissance réelle de la richesse créée de 5,5%, soutenu notamment par les grands investissements publics (Les Grands Chantiers). Si les politiques en place sont poursuivies, la croissance économique devrait s’accentuer légèrement, ce qui impliquerait une modeste amélioration de la croissance par habitant en 2013. Selon les projections des services du FMI, le PIB réel va s’accroître progressivement jusqu’à atteindre 5½ % en 2018, peut-on lire dans le document du FMI. On y relève aussi que la croissance hors pétrole devrait être soutenue par les efforts en cours pour rehausser la productivité et la compétitivité agricoles, et les mesures déployées pour améliorer le climat des affaires. Autres « bonnes nouvelles » rapportées par le FMI, Le système bancaire s’est stabilisé. Mais préviennent les experts de l’organisation, il demeure une source de préoccupation. Deux des cinq banques commerciales en difficulté financière semblent être en voie d’assainissement, mais les trois autres montrent peu de signes de progrès. En outre, les banques commerciales restent exposées à la concentration excessive du crédit, aux difficultés de paiement de la raffinerie de pétrole nationale et aux déficiences des structures en place pour traiter la situation des banques en difficulté, ont-ils fait savoir.

Derrières ces bonnes nouvelles se cachent cependant de gros défis pour les responsables camerounais en charge des finances publiques et de l’économie. Le déficit budgétaire en 2012 a pu être maîtrisé principalement grâce à un surcroît de recettes pétrolières et à une sous-exécution des dépenses d’investissement, mais non pas en raison d’un dynamisme particulier de l’économie. Toujours concernant le budget les subventions aux produits pétroliers représentent à terme un risque pour la viabilité des finances publiques en ce qu’elle constituent une couverture budgétaire de plusieurs centaine de milliards de FCFA dont la gestion n’est pas clairement connu du grand public ou du parlement. Or il apparait aujourd’hui clairement que cette subvention qui ne profitent pas totalement aux pauvres contrairement à ce que pense l’opinion publique dominante, a un effet d’éviction sur les dépenses de développement et contribuent à générer un encours d’obligations de paiement, et restreignent la capacité des banques à financer d’autres secteurs. Pour les administrateurs du FMI, pour assurer une croissance plus forte tirée par le secteur privé il faudra redoubler d’efforts afin d’améliorer le climat des affaires et de corriger les goulets d’étranglement infrastructurels et énergétiques. Ils encouragent aussi les autorités à uvrer avec les autres pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) pour assurer des marges de man uvre extérieures suffisantes et promouvoir l’intégration régionale afin d’appuyer les échanges et la diversification de l’économie.


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