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Cameroun : le gasoil se fait rare

Le gasoil est rare au Cameroun
En attendant la distribution des produits annoncés, les pompes sont sèches

Sur six stations-services parcourues dans la matinée du 12 juillet 2022, une seule possède le gasoil en stock limité.

 

Trouver du gasoil à Yaoundé relève d’un parcours du combattant. Ce mardi 12 juillet 2022, André, conducteur d’un mini-bus de transport en commun sur le trajet Yaoundé-Soa, a démarré la journée avec quelques litres le gasoil dans son réservoir. « Je n’ai pas pu faire le plein comme d’habitude en allant garer le soir, on va carburer en chemin », dit-il à ses passagers au départ de Soa pour rallier Yaoundé, alors qu’il est environ 6h50.

A la première station juste à quelques mètres de la gare routière, le chauffeur n’ose pas s’arrêter. Il connait d’emblée la réponse. « Ils n’ont pas de carburant. J’ai demandé hier soir », signale-t-il en poursuivant son chemin. A plus d’un kilomètre, non loin du campus universitaire, une autre  station sert du carburant aux motocyclistes. A notre arrivée, il n’y a aucun véhicule proche de la pompe. Du  coup, l’assistant du conducteur (motorboy) a préféré poser la question à distance. « Man il y a le gasoil ? », de toute évidence, la réponse est négative : « non babana (appellation vulgaire des motorboys), on attend encore », indique-t-il.

A 7 km de Soa, se trouve une autre station-service. Contrairement au vide observé à la précédente, il y a une file de voitures. Chaque chauffeur bataille pour intégrer le rang. Or au bout de la patience, la surprise est désagréable. « Il n’y a pas le gasoil, on ne nous livre  pas depuis des jours », déclare le pompiste.

Il est déjà 7h et quart, les passagers en majorité des travailleurs, commencent à s’indigner en se plaignant de la lenteur du véhicule. « Nous allons au travail et nous serons en retard », avance l’un d’eux. « Pourquoi tu n’as pas carburé hier soir ? » A cette question, le conducteur répond : « je vous l’ai dit au départ, je n’ai pas eu du carburant le soir. Vers 18h, je suis allé pour le faire, mais on m’a exigé de prendre du carburant de 7 200 francs seulement (ce qui équivaut à environ 10 litres Ndlr) J’ai roulé et il en reste un peu », explique-t-il.

Sur ces  explications, nous  arrivons à la prochaine station au quartier Fougerole à Yaoundé. Ici, entre véhicules de tourisme, taxis, autres mini-bus, mototaxis et autres personnes munies de bidons, c’est sauve qui peut. Chacun veut être servi le premier. Le motorboy descend et s’assure qu’il y a le gasoil. A la grande  surprise de tous, la réponse est « oui ». Mais, il faut s’aligner et patienter son tour. Environ 30 minutes d’attente, notre mini-bus se sert à la pompe.

Le chauffeur demande le produit pour 10 000 francs CFA. « Non, tu ne peux pas déborder la limite de 5 000 FCFA. Ici, on rançonne. Chaque usager a droit au gasoil de 5 000 FCFA. On doit servir le maximum de personnes », a-t-elle précisé. Contraint, le chauffeur n’a pas pu faire autrement.

Du côté de Mballa 2, la  situation est encore plus difficile. Les véhicules sont en attente sur une file allant du Carrefour Régis jusqu’au quartier Emana. La même pénurie est observée sur toute  l’étendue du territoire nationale. Les camions qui desservent la partie septentrionale du pays sont stationnés à Douala et à Yaoundé. Ils sont dans l’attente du carburant pour enfin se remettre en route.

Face à cette situation, le gouvernement a annoncé lundi 11 juillet des mesures prises pour pallier la pénurie.


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