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Cameroun: Le gouvernement fait face à la grippe porcine

Après l’annonce de quatre cas, les membres du gouvernement ont multiplié les déclarations.

L’information a alimenté les conversations jusque très tard dans la nuit, dans tous les milieux de la capitale Yaoundé. Une des personnes diagnostiquées aurait séjourné récemment aux Etats-Unis. La nouvelle tombe au plus mauvais moment pour les acteurs de la filière porc qui sont réunis depuis hier pour sa relance. Dans la région de l’est une mystérieuse maladie s’est emparée des porcs. Le chef service vétérinaire de cette région a annoncé dans une interview accordée à la radio nationale avoir fait des prélèvements qu’il a envoyés à Yaoundé pour des analyses complémentaires. Contrairement à l’Egypte où la prévention de la pandémie a entrainé l’abattage de centaines de milliers de porcs, les autorités camerounaises semblent vouloir protéger la filière. Dans les médias, de nombreuses interventions allaient dans le sens de démontrer la qualité des précautions prises pour garantir la sainteté du commerce du porc.

Le gouvernement réagit
Quelques heures après l’annonce de ces cas confirmés, le gouvernement par la voix des ministres Mama Fouda de la santé et Bello Bouba des transports ont fait l’annonce d’un plan d’urgence, qui devrait être renforcé dans les prochains jours. Des brochures et autres supports de communication ont été remis par le ministre de la santé au ministre des transports, pour affichage dans les points de voyage stratégiques, comme les ports, les aéroports et les gares routières. Pour sa part, Mama Fouda a rappelé la nécessité pour les personnes qui reviennent des voyages des pays ou des cas ont été déclarés, de signaler tout symptôme suspect. Les recommandations d’hygiène ainsi que la nécessité de renforcer les mesures de propreté ont également été rappelées.

Des mesures peu rassurantes
Les observateurs s’accordent à dire que la réaction du gouvernement devrait s’intensifier dans les prochains jours. La réaction que le gouvernement a eu hier n’est pas une nouveauté. Déjà en fin avril au début de la propagation mondiale de la maladie, Jules Doret Ndongo, Secrétaire général des services du premier ministre, a tenu d’urgence une réunion interministérielle. Rencontre à laquelle ont pris part le secrétaire d’Etat à la Santé, la ministre des Affaires sociales, le ministre de la communication, le ministre délégué à l’administration territoriale, le ministre des transports et les représentants du ministère de la Recherche scientifique et technique. En cette occasion, il avait été recommandé de renforcer les stocks de Tamiflu utilisé lors de l’avancée de la grippe aviaire au Cameroun. Aussi devait être renforcée la vigilance dans les aéroports et les ports. Les populations étaient appelées à signaler des cas suspects de grippe. Les mêmes mesures ont été retenues dans la rencontre des ministres concernés, de la sous région Afrique centrale.

Bien que les autorités soient rassurantes, les experts savent bien que si la situation dégénère, ce serait une véritable catastrophe pour le Cameroun. Comme beaucoup de pays africains, le pays fait face à la gestion de plusieurs épidémies et très difficilement. Son système de santé est déjà surchargé, manque de personnel et est sous-financé. D’un autre coté dans cette hypothèse, les populations vivront de plein fouet les conséquences d’une limitation d’investissement dans les systèmes de santé, en particulier sur l’accès aux diagnostics et sur les systèmes de surveillance. Pour l’heure, l’OMS a offert mi-juillet, un lot de 100.000 doses de Tamiflu à la République Démocratique du Congo, siège de l’OMS pour l’Afrique. Margaret Chan directrice de l’organisation multiplie depuis plusieurs semaines des appels au soutien des pays les moins riches, comme le Cameroun.

Carte du Cameroun
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