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Cameroun: le peuple Bassa veut sa région

Une localité de la Sanaga Maritime (c) Droits réservés

L’élite des départements de la Sanaga Maritime et du Nyong-Ekelle s’est réunie mercredi autour de la question de la création d’une région dénommée «Sanaga Maritime».

Le projet est porté par des professeurs d’universités, des hommes politiques et des hommes d’affaires du grand groupe Bassa-Mpoo-Batix, à l’instar du sénateur Marinette Yetna, de l’anthropologue Charly Gabriel Mbock, le Pr Tjade Eone… Ceux-ci viennent de finaliser un document qu’ils comptent transmettre au président de la République en vue de la création d’une onzième région au Cameroun qui serait dénommée «Sanaga Maritime» et qui couvre les départements du Nyong-Ekelle (6362 Km2 pour 145 181 habitants en 2001) et de la Sanaga Maritime (9 311 km2 pour 167 661 habitants en 2001).

«Nous disons que ces deux départements se trouvent au carrefour entre le Littoral, le Centre et l’Océan [dans le Sud]. Et pourtant nous, nous n’avons pas de route, l’électricité du pays est produite chez nous et pourtant, nous n’avons  pas d’électricité dans nos villages. Il n’y a rien. Nous ne sommes même pas représentés au sein de l’administration. Figurez-vous, nous n’avons qu’un seul sous-préfet et quand on reparti les ministères, on nous donne un seul ministère pas plus. Nous avons des enfants qui fréquentent et pas d’opportunité pour eux comme cela se fait ailleurs. Ceux même qui se lancent dans l’agriculture ne peuvent pas prospérer dans leurs activités parce qu’il n’y a pas d’infrastructures routières pour écouler leurs produits.

Nous avons été coupés de tout depuis 1950 et aucun projet d’envergure n’est mené chez nous depuis. Pourtant le président Paul Biya connait bien la situation de cette zone. Il a fréquenté chez nous, à Eseka. Nous lui demandons donc ce qu’il a fait pour nous. Près de 37 ans après qu’est-ce qu’il nous laisse comme héritage», déclare Marinnette Yetna, sénateur RDPC.

Il s’agit de la deuxième tentative qui sera entreprise en vingt-cinq ans pour obtenir la création de cette région dont les limites géographiques ont été présentées lundi à Edea, suivant l’idée de l’Association Mbock Liia.

Le projet de la «Sanaga Maritime» n’est pas le premier du genre dans le pays. A l’Ouest du pays, les ressortissants du Noun demandent que ce département soit érigé en région. Objectif: sortir de l’ombre du peuple Bamileke qui bénéficierait, du point de vue des leaders tels que le député Hermine Patricia Tomaino Njoya, de tous les avantages accordés à la région de l’Ouest.

Le Cameroun est pourtant jaloux de son «vivre-ensemble». C’est du moins ce qu’il ressort de la pléthore de discours des hommes de pouvoir du Cameroun. Notamment, lorsqu’il s’agit de défendre le refus de discuter des questions touchant la forme de l’Etat avec les séparatistes anglophones, en fronde depuis trois ans dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest.

«Nous ne voulons  pas mettre en mal le vivre-ensemble. Nous voulons juste dire au chef de l’Etat qu’il y a péril en la demeure parce que voyez-vous, le vivre-ensemble suppose qu’on a mis en place une répartition équitable des richesses. Or, nous, nous sommes toujours en marge. On dit de nous que nous sommes des éternels opposants mais cela est surtout dû au fait que nous avons toujours été écartés de toute initiative de développement. Résultat, même quand vous partez battre campagne de ce côté les populations vous écoutent à peine», conclut Marinette Yetna.

 



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