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Cameroun: Le point sur la situation humanitaire à l’Extrême-Nord

Environ 75.000 réfugiés nigérians et 82.000 populations déplacées sont recensés dans trois départements de l’Extrême-Nord. La région souffre actuellement d’un déficit de 132.000 tonnes de céréales

Les activités terroristes de Boko Haram au nord du Nigéria et dans la région camerounaise de l’Extrême-Nord, donnent à observer un «état des lieux préoccupant» sur le terrain, d’après des données présentées mardi, 02 juin, à Yaoundé, par l’inspecteur général du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), Enow Abrams Egbe. L’officiel représentait le Minatd mardi, à la signature d’un partenariat entre la Croix-rouge camerounaise et Guinness Cameroun S.A.

Selon les statistiques présentées par Enow Abrams Egbe, le Cameroun accueille abrite à ce jour environ 75.000 réfugiés nigérians et près de 82.000 populations déplacées internes dans les localités des départements du Logone et Chari, du Mayo Sava et du Mayo Tsanaga.

«La capacité d’accueil largement dépassée a entrainé une aggravation considérable des préoccupations humanitaires diverses», indiquent les autorités camerounaises.

Sur le plan alimentaire, la région de l’Extrême-Nord, qui fait régulièrement face à de rudes saisons de sécheresse, accuse actuellement un déficit de 132.000 tonnes de céréales, ce qui représente selon le Minatd, «un manque à gagner de 30 milliards de F CFA».

Le gouvernement camerounais note par ailleurs, entre autres, sur le plan sanitaire, «une résurgence des épidémies de rougeole, choléra, méningite» «notamment dans les camps de réfugiés de Minawao et de Gawar, dans le département du Mayo-Tsanaga».

Le camp de réfugiés de Minawao accueille un peu plus de 33.000 réfugiés nigérians.

Enow Abrams Egbe a salué l’action des partenaires internationaux du Cameroun, précisément «les partenaires humanitaires de la galaxie onusienne», qui ont élaboré en début d’année 2015 un «plan stratégique de riposte humanitaire» pour aider à la prise en charge de cette situation. L’Unicef, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Programme alimentaire mondial (PAM), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), Onu Femmes et le HCR sont déployés dans la région. A côté de ces organisations du système des Nations-Unies, on retrouve d’autres acteurs à l’instar de Médecins sans frontières (MSF).

Du côté du gouvernement, le Minatd est à la tête de deux comités interministériels créés par le président de la République en rapport avec la situation humanitaire dans la région : le premier, créé le 13 mars 2014, s’occupe de la gestion des situations d’urgence des réfugiés au Cameroun; le second, mis sur pied le 21 avril 2015, est un comité ad hoc en charge de la gestion des dons destinés aux populations et aux forces de défense, dans le cadre de la lutte contre Boko Haram.

Des femmes réfugiées nigérianes, dans un camp à l’Extrême-Nord du Cameroun
unhcr.org)/n



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