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Cameroun: Le port autonome de Douala peut être plus compétitif

Le CNCC vient de former à Douala les opérateurs sur l’importance d’anticiper les procédures de sortie des marchandises du port

Le Conseil National des Chargeurs du Cameroun (CNCC), vient de former à Douala, les opérateurs économiques sur l’importance d’anticiper sur les procédures de sortie des marchandises du port.

Les faits sont clairs: si un véhicule d’une valeur caf de 1 million de F CFA est sortie à temps du port, cela coûte au propriétaire la somme totale hors mutation de 702 240 FCFA, mais après un délai de 30 jours, cela coûte 723 080F CFA. Dans le même ordre d’idée, le séjour prolongé d’un stock de riz en magasin, entraîne plus de dépense de la part du propriétaire. Une cargaison moyenne de 15 000 tonnes, soit 300 000 sacs pour un délai de sortie fixé à 30 jours, occupe une surface de 5 000m2, d’où une rentabilisation annuelle de 180 000 tonnes. Après un stationnement prolongé au-delà de 90 jours, soit environ 3 mois, les 180 000 tonnes vont nécessiter 15 000m2, soit un investissement supplémentaire de 10 000m2 de magasin. L’évaluation en terme financier est estimée à 2 150 000 000 FCFA. C’est pour éviter aux opérateurs économiques de dépenser plus et d’être confrontés à d’autres désagréments, que le Conseil National des Chargeurs du Cameroun (CNCC), a organisé du jeudi, 26 au vendredi, 27 mars, un séminaire de formation sur le thème : le nouveau système de travail en continu et l’impact économique de l’anticipation des formalités de sortie des marchandises au port de Douala.

A l’importation, le fait d’anticiper évite bien des désagréments comme payer des pénalités de stationnement, les surestaries, les avaries éventuelles des produits, l’usage prolongé des infrastructures portuaires.
Onana Ndoh, expert

Les travaux ont eu pour cadre, l’une des salles de conférence du Groupement Inter Patronal du Cameroun (GICAM) à Bonanjo. Pendant deux jours, les séminaristes, principalement des importateurs – exportateurs, traducteurs, commissionnaires agréés en douane et opérateurs économiques, ont été édifiés sur plusieurs thématiques dans l’optique d’améliorer le délai de passage portuaire, de maîtriser les techniques d’anticipation, d’identifier les formalités en amont et les documents nécessaires pour les marchandises en transit, en passant par l’évaluation de l’impact de l’anticipation des formalités administratives et douanières. Ce dernier point précisément, a retenu l’attention des participants. Et pour cause, l’exposant Onana Ndoh affirme que les opérateurs économiques gagneraient plus, en anticipant sur les formalités de sortie de marchandises du port autonome de Douala. A cet effet, l’exposant mentionne qu’il est au préalable nécessaire de bien préparer son opération de dédouanement pour différentes raisons. A l’exportation, explique l’expert, cela permet de ravitailler à temps les clients, de ne pas manquer le navire, et surtout d’éviter les closing time et de rapatrier rapidement les devises au Cameroun. A l’importation, le fait d’anticiper évite bien des désagréments comme payer des pénalités de stationnement, les surestaries, les avaries éventuelles des produits, l’usage prolongé des infrastructures portuaires, sans oublier que l’opérateur économique dans le même temps, peut rapidement ravitailler les usines ainsi que les marchés. Ces démarches sont en outre profitables au port autonome de Douala, qui sera alors plus compétitif.

Comment anticiper la sortie des marchandises ?
A cette question, l’expert explique : « l’embarquement, il faut évaluer globalement l’opération en termes de coût d’acquisition, fret maritime, droits de douanes, frais d’acconnage et d’agence, redevance pad, frais divers, les coûts de livraison. ». Avant l’arrivée du navire, poursuit-il, il faut déjà envoyer son ordre de transit authentifié, obtenir les certificats techniques requis si nécessaire, se rapprocher de son agent pour connaître la date exacte de l’arrivée du navire et vérifier qu’il a validé le manifeste deux jours avant. De même, dès la validation du manifeste, il faut enregistrer la déclaration en douane, payer la redevance PAD et réunir tous les éléments en vue de la liquidation de la déclaration en douane. Dès l’arrivée du navire au port, l’opérateur doit obtenir la liquidation de la déclaration, s’acquitter des droits et obtenir sa quittance.

A l’embarquement, il faut évaluer globalement l’opération en termes de coût d’acquisition, fret maritime, droits de douanes, frais d’aconage et d’agence, redevance pad, frais divers, les coûts de livraison.
Onana Ndoh, expert

Lorsque ces mesures ne sont pas prises en amont, cela entraîne des conséquences non négligeables. Par exemple, une sortie de marchandise une fois le délai de franchise portuaire dépassé, expose l’importateur aux pénalités de stationnement, aux surestaries si la marchandise est en conteneurs et à des coûts élevés de location de conteneurs. Pire encore, une sortie tardive des marchandises peut entraîner l’arrêt d’une usine, et avoir aussi un impact sur le coût de production. Une sortie tardive expose aussi le port, à la réalisation précoce de nouveaux ouvrages, car les premiers étant mal utilisés, on se trouve obligé de construire de nouveaux espaces, relève l’expert. Une opération mal organisée, fragilise donc l’opérateur et l’expose au racket le long de son trajet. Sans oublier que toutes les incidences financières, ont directement des répercussions sur le consommateur. D’où le sempiternel problème de la vie chère.

Port de Douala
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