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Cameroun: Le Renovan du Pr. Anomangou pour soigner les crises de la drépanocytose

Le Dr Achidi NGU, médecin – chercheur à la clinique de l’Espoir à Yaoundé nous en parle. Interview.

Dr Achidi NGU d’entrée de jeu dites nous ce qu’est la drépanocytose ?
C’est une anémie, le malade hérite le gène de deux parents et cela provoque une fabrication de globules rouges pas totalement ronds mais un peu défectueux, ce qu’on appelle en anglais « cycle ». L’hémoglobine de cette morphologie perd beaucoup d’espace pour transporter l’oxygène et le malade a donc un déficit d’oxygène surtout après un effort physique intense. Aussi les cellules et les autres tissus du malade en souffrent vu que l’hémoglobine fabrique l’énergie en utilisant d’autres moyens et le produit final de cette métabolisation c’est l’acide lactique qui cause chez le malade des douleurs ou crises douloureuses.

Comment est la situation globale dans notre pays ? Les populations sont-elles assez averties, informées ?
Non pas vraiment. Parce que certains malades sont découverts parfois par hasard, l’enfant grandit mal, il a des articulations gonflées, des douleurs, il est toujours essoufflé après le moindre effort, et c’est là qu’on fait le test et découvre la maladie. Les femmes, lors des visites ante natale, doivent être contrôlées et puis informées de ce qu’elles ont à faire. Donc il y a beaucoup à faire pour informer les populations.

Vous êtes chercheur à la Clinique de l’espoir à Yaoundé, alors pouvez vous nous faire un état des lieux de la recherche sur la drépanocytose pour le cas particulier du Cameroun ?
Au Cameroun il y a plusieurs centres et institutions qui font de la recherche, mais nous accentuons la notre sur la prévention des crises. Nous avons mis en place grâce au Pr. Victor ANOMANGOU le Renovan, c’est un produit à base d’hémoglobine f tale qui ne provoque pas l’effet de « cycle ». Il prévient les crises pour une période déterminée, à peu près 90 jours, ainsi le malade doit prendre une injection de Renovan tous les trois mois environ.

C’est donc dire docteur que désormais un drépanocytaire peut vivre sans problèmes avec cette maladie !
Oui. S’il prend toutes les précautions, il peut vivre très longtemps sans crises ou avec des crises minimes sans grands dégâts.

Y a-t-il des patients qui suivent déjà ce traitement au Cameroun ?
Oui il y en a plusieurs et c’est l’occasion de rappeler que c’est d’abord un problème d’anémie qu’il faut résoudre. Si par exemple l’anémie est sévère il faut la transfusion sanguine, la réhydratation, pendant les crises il faut gérer la douleur et c’est quand le malade retrouve un peu la forme qu’on lui injecte le Renovan pour prévenir d’autres crises. Il y a plusieurs malades qui suivent ce traitement, on a même des militaires ; vous savez dans l’armée il y a beaucoup d’activités physiques intenses et il importe d’être en pleine forme pour répondre aux exigences militaires.

Et comment réagissent les patients ?
Plutôt positivement dans l’ensemble. Ils se portent bien avec ce traitement classique que nous leurs administrons.

Globules rouges

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Votre présence à Douala en ce jour c’est en prélude à une journée de sensibilisation prévue pour le 19 septembre prochain avec « MANITA Association », de quoi sera-t-il question exactement ?
Ce sera une journée de sensibilisation des populations et surtout de consultations gratuites de la drépanocytose, parce qu’il est important que chacun sache s’il est porteur ou pas du gène de la maladie.

Et pourquoi MANITA Association ?
Tout simplement parce que, créée l’année dernière, elle fait déjà beaucoup pour les malades et continue de travailler dans le sens de combattre cette maladie et surtout d’informer, car l’information est très importante pour que les malades et les parents sachent ou aller. MANITA c’est notre partenaire, elle nous a contacté et nous n’avons pas hésité.

Dernière question : le gouvernement vous soutient-il dans vos recherches ?
Oui, oui très souvent ! Quand vous arrivez à l’hôpital et que l’on diagnostique la drépanocytose, le gouvernement apporte l’aide qu’il peut, et il y a des associations comme MANITA et d’autres qui font beaucoup et des centres médicaux qui viennent pour le traitement, la prévention et l’éducation des malades.

Image d’illustrations

blogs.ionis-group.com)/n

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