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Cameroun: le secteur informel, un foyer du sous-emploi

Secteur informel. Refuge du chômage (c) Droits réservés

 Plusieurs Camerounais se réfugient dans ce secteur pour échapper à l’oisiveté. Le ministère du Travail et de la Sécurité sociale a organisé un atelier visant à réfléchir sur une nouvelle stratégie pour des emplois de qualité.

«Le travail, c’est la vie, c’est la dignité. Lorsqu’on n’a pas de travail, on n’a rien», déclare François Murangira, directeur du Bureau international du travail (Bit) au Cameroun, ce 22 octobre.

Plusieurs Camerounais sont à la recherche de cet élément capital dans la vie: un travail. Il n’est pas rare de trouver un détenteur d’une licence ou encore d’un Master ayant pour activité le call-box ou encore le «benskin» (moto taxi). Ils veulent ainsi échapper au chômage qui touche 10% de la population jeune du Cameroun, selon les chiffres du Fonds national de l’emploi (Fne). Ils terminent alors leur course dans le lot des 70% de jeunes en situation de sous-emploi (inadéquation entre le travail et les compétences, les conditions de travail, les revenus ou encore le niveau de vie).

L’environnement est rendu encore plus difficile avec les nombreuses crises sécuritaires qui secouent le Cameroun. Selon une enquête réalisée en juillet 2018 par le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), depuis le début de la crise anglophone, le manque à gagner en termes de chiffres d’affaires des entreprises est estimé à 269,056 milliards Fcfa.

Il est donc urgent de repenser l’emploi au Cameroun. Une mission que s’est fixée l’atelier national d’appropriation de la stratégie nationale sur l’avenir du travail au Cameroun par les acteurs de la gouvernance du travail et les partenaires sociaux. Travaux qui ont débuté ce 22 octobre à Yaoundé.

Après avoir égrainé le chapelet des problèmes qui minent le travail au Cameroun, Antoinette Mebiane Tangono, représentante des organisations des travailleurs à ces assises, à souhaiter que les résolutions de l’atelier soient mises en application «si les orientations et les propositions que nous allons faire au cours de l’atelier restent dans des tiroirs, la question du travail décent va demeurer», a-t-elle déclaré. Le porte-parole des employeurs, Thierry Owona pour sa part a relevé les obstacles au développement des entreprises et par conséquent des employés. Notamment les coûts mondiaux défavorables à certains produits comme la banane, le caoutchouc, les lourdeurs dans le circuit de dédouanement, la pression fiscale etc. Il a par ailleurs évoqué l’insécurité qui constitue un frein au travail de qualité.

A ce sujet, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale (Mintss), Grégoire Owona n’a pas manqué de rappeler la précarité qui caractérise certains corps de métier.

Cette grand-messe du travail qui s’achève demain, 23 octobre, avait été annoncée lors de la célébration du centenaire de l’Oit en février 2019 en vue de jeter les bases d’une mise en œuvre d’un travail décent pour toutes les couches sociales.



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