Politique › Institutionnel

Cameroun: Le Sénat, une institution illégitime ?

Malgré la critique, le président du conseil électoral a invité les partis politiques à déposer la liste de leurs candidats en vue de la participation à cet évènement

Le Président du conseil électoral au Cameroun a invité jeudi 28 février 2013 tous les partis politiques qui le souhaitent à présenter la liste de leurs candidats pour les sénatoriales qui auront lieu le 14 avril 2013 prochain. « Le Président d’ELECAM invite tout parti politique désireux de prendre part à l’élection des sénateurs à présenter une liste de sept (07) candidats titulaires et de sept (07) suppléants choisis parmi ses membres. La constitution de chaque liste devra tenir compte des composantes sociologiques et du genre, conformément à la loi », peut-on lire dans un communiqué signé de Samuel Fokam Azu’u. Le communiqué rappelle aussi les dispositions relatives à cette élection. « Conformément aux dispositions de la Constitution et du Code électoral, les sénateurs seront élus au niveau de la région qui constitue la circonscription électorale pour cette élection, par un collège électoral composé des Conseillers municipaux en fonction. Toutefois, le vote se déroulera au chef-lieu de chaque département », indique le communiqué. Sur les délais, le communiqué fait savoir que la liste actualisée des électeurs sénatoriaux sera publié trente (30) jours au moins avant la date du scrutin. Celle des candidats sera arrêtée et publiée par le Conseil électoral quinze (15) jours au moins avant la date de l’élection. Un communiqué qui risque de faire l’objet de gros débats. Mise à part l’âge requis pour pouvoir participer à cette élection, il ne précise en effet pas si les partis invités sont ceux qui ont des conseillers municipaux exclusivement, ou alors s’étend à ceux qui n’en ont pas. Dans le cas de la première hypothèse, certains partis risquent de crier au scandale.

Instance illégitime?
Si la loi indique en effet que les sénateurs sont choisis par les conseillers régionaux et le cas échéant les municipaux, elle ne dit pas que seuls les partis possédant des conseillers régionaux sont habilités à participer ce scrutin, même s’il est évident que les logiques de conservation d’avantages et de conquête de postes vont fortement jouer. Ce communiqué de M. Fokam Azu’u intervient alors que Ni John Fru Ndi manifeste sa déception à l’égard de ce vote. Il estime que les corps électoral de ce scrutin est illégitime. « Biya doit respecter le processus des sénatoriales. Ce qu’il vient de faire est une mascarade. Les conseillers municipaux actuels ont été mal élus, avec des fraudes enregistrées dans plusieurs circonscriptions. Ce qui entache leur légitimité », a-t-il déclaré à l’occasion d’un point de presse le lendemain de l’annonce du décret présidentiel. Dans son discours de fin d’année 2012, le président Biya à la tête du pays depuis 30 ans, avait annoncé les sénatoriales promettant une modernisation de l’appareil institutionnel du pays. En l’état actuel, son parti, le RDPC, prendrait la grande majorité des sièges du SENAT. En plus de ceux qui seront nommés de son fait (30%). Des observateurs estiment que cette élection aurait dû se dérouler juste après les municipales. Car les prochaines élections municipales vont en principe modifier les forces vives locales et pourtant, ces nouvelles forces vivres n’auront pas choisi les sénateurs. Au sein du gouvernement, on indique que cela n’aurait rien changé. Un argument de poids, dans une configuration politique où le parti au pouvoir domine la sphère politique.

Le président du conseil électoral a invité les partis politiques à déposer la liste de leurs candidats en vue de la participation aux sénatoriales au Cameroun
Journalducameroun.com)/n
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