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Cameroun: le Septentrion en quête de nouveaux marchés

Des oignons prêts à la commercialisation (c) Droits réservés

L’insécurité qui sévit dans les régions septentrionales constitue un frein pour les échanges commerciaux avec les pays voisins. Les opérateurs économiques de ces localités veulent pallier la situation en nouant de nouveaux partenariats.

Les attaques de Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, le phénomène de grand banditisme et de kidnappings récurrents dans les régions du Nord et de l’Adamaoua mettent à mal l’économie de ces localités soutenue essentiellement par des échanges avec les pays frontaliers. « 60% des échanges des régions du Nord et de l’Extrême-Nord se faisaient avec le Nigeria». Des échanges commerciaux en berne depuis quelques temps. Dans la mesure où les incursions de Boko Haram ont poussé à la fermeture des frontières. Le secteur touristique a également été touché soit moins de 20% des recettes.

Ce qui constitue un frein pour l’économie de ces zones déjà en proie à la pauvreté. D’après les Enquêtes camerounaises auprès des ménages (Ecam) 2, 3 et 4, réalisées par l’Institut national de la statistique (Ins), l’Extrême-Nord en 2014, était la région abritant le plus de pauvres soit 74,3% de personnes, contre 65,9 en 2007 et 56,3 en 2001. Le Nord venant en deuxième position enregistrait 50,1 en 2001 ; 63,7 en 2007 et 67, 9% en 2014. La région de l’Adamaoua plafonnait quant à elle à 47,1% en 2014.

Une situation qui pourrait changer si un accent supplémentaire était mis sur la valorisation des productions locales assez importantes. En 2018, la production de sorgho et de maïs était à 2 400 000 tonnes ceci pour un rendement 1,4t/ha. Ce qui est assez faible. Les agriculteurs locaux ont par ailleurs produit 400 00 tonnes d’oignons et d’ail. 320 000 tonnes de riz et 1 600 000 tonnes d’arachides et de soja ont également été mis sur le marché. Les produits pastoraux ne sont pas en reste: 2500 000 têtes de bœufs et 5 300 000 têtes de petits ruminants (chèvres, moutons).

Une bonne partie de cette richesse manque désormais de marchés. D’où la nécessité de raviver les partenariats avec les régions du Sud, Centre et Littoral. C’est du moins l’un des objectifs du Sahel Business Week qui se tient du 24 août au 03 septembre 2019 dans les villes de Maroua, Garou et Ngaoundéré «le climat d’insécurité créé par Boko Haram donne l’occasion de développer l’axe économique Nord-Sud; je dirais axe Nord-Douala. En donnant l’opportunité aux entreprises du Grand Sud de retourner dans le Grand Nord, voire de leurs propres yeux comment nous vivons; repérer de nouveaux partenaires, représentants, clients et apprécier les nouvelles niches d’affaires latentes ou manifestes», indique Daniel Kalbassou, directeur général du Crédit du sahel et promoteur de l’évènement qui entend drainer près de 100 000 visiteurs et participants.

Il sera question au travers des ateliers de réflexion, des rencontres professionnelles, des partenariats B to B, des concerts de montrer la zone septentrionale sous un nouvel angle que celui des conflits, présenté depuis quelques années.

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