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Cameroun : pour l’Eglise catholique, l’évêque de Bafia a été assassiné

Mgr Samuel Kleda, président de la conférence épiscopale nationale du Cameroun. ©Droits réservés

C’est la position qui découle de l’ assemblée plénière extraordinaire de la conférence épiscopale nationale tenue mardi à Yaoundé.

« Nous, évêques du Cameroun, affirmons que Mgr Jean-Marie Benoît Bala ne s’est pas suicidé ; il a été brutalement assassiné. Voilà un meurtre de plus, et un de trop ». Cette phrase résume la position de l’Eglise catholique, au sujet de la disparition de l’évêque de Bafia. Le prélat, dont le corps a été repêché des eaux de la Sanaga le vendredi 02 juin, avait disparu mystérieusement le mercredi 31 mai. Sa voiture était garée sur le pont de l’enfance à Ebebda. Un message écrit disant « Je suis dans l’eau » -et vraisemblablement signé du défunt-, ainsi que des pièces personnelles de l’évêque avaient été trouvés dans ledit véhicule.

Depuis le vendredi 02 juin, la dépouille de Mgr Bala se trouve à la morgue de l’hôpital général de Yaoundé. Les enquêtes sont en cours pour élucider les circonstances de ce décès aussi rocambolesque que surprenant. Mais, à peine le procureur général près la Cour d’appel du Centre a-t-il annoncé l’ouverture d’une procédure judiciaire pour « mort suspecte », que la thèse de l’assassinat s’est définitivement installée  dans l’opinion. La position de l’Eglise catholique ne vient que la consolider. Les résultats de l’enquête n’ont pourtant pas encore été publiés.

Visiblement remontés, les évêques du Cameroun ont « le sentiment que le clergé au Cameroun est particulièrement persécuté par des forces obscures et diaboliques ». Ils en veulent pour preuve, « le triste souvenir de plusieurs autres prélats, membres du clergé et personnes consacrées qui ont été assassinés dans les conditions non élucidées à ce jour. Pensons notamment à Mgr Yves Plumey (Ngaoundéré – 1991), Abbé Joseph Mbassi (Yaoundé – 1988), Père Anthony Fontegh (Kumbo – 1990), les Sœurs de Djoum (en 1992), Père Engelbert Mveng (Yaoundé – 1995), pour ne citer que ceux-là ».

Fort de cela, les évêques du Cameroun appellent l’Etat à faire toute la lumière sur les circonstances et les mobiles de ce qu’ils considèrent comme étant un assassinat. Pour le moment, de nombreuses personnes issues de l’entourage de l’évêque auraient été auditionnées.


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