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Cameroun: L’église déguerpit des populations à Bafoussam

Ceci suite aux actes d’immatriculation sur des terrains au quartier Doumelong

A la demande de l’Eglise catholique représentée par Monseigneur Joseph Atanga, évêque de Bafoussam, la commission chargée du règlement des litiges fonciers dans l’arrondissement de Bafoussam III, a procédé aux actes d’immatriculation sur des terrains que celle ci revendiquait au quartier dit Doumelong. Ces parcelles de terrain étaient pourtant occupées depuis plus de 70 ans par de nombreuses familles. Ces dernières se sentent réellement lésées et accusent le sous-préfet de la localité d’avoir pris cause et faits pour la mission catholique alors même que toujours d’après ces populations ce sont leurs familles qui gratuitement ont installé la mission catholique sur des terres qui leur servaient de culture et d’habitation.

Informée de la procédure de bornage, elles ont introduit une opposition qui n’a pas abouti du fait dit-on du parti pris du sous-préfet. Dans un message porté du 26 mai 2009, ce dernier invitait les membres de la commission consultative à prendre part, le 29 mai, à une assise préparatoire de bornage de trois parcelles du domaine national suivant la demande de la mission catholique de Doumelong et le règlement du litige l’opposant à certaines personnes convoitant le même espace. Il demandait aussi aux occupants du site d’apprêter d’autres documents relatifs à ce terrain, la demande d’obtention du titre foncier ou tout autre titre de propriété.

Face à ce que ces familles ont considéré comme étant des menace de la part du chef de terre dans son message porté, le Collectif des familles s’opposant au bornage sollicité par la mission catholique de Doumelong saisit le gouverneur deux jours après pour une intervention urgente. Visiblement le gouvernement n’a pas donné suite favorable à la demande puisque le 9 juin, veille du bornage, le chef de terre, par le commandant de brigade de gendarmerie de Kongso, envoi une lettre de mise en garde rappelant que la commission consultative chargée de la gestion du domaine national de l’arrondissement de Bafoussam III procèdera, le 10 juin 2009, à 9 heures, au bornage des parcelles querellées par la mission catholique et certains occupants. Au cours du bornage qui a eu lieu le lendemain, en présence des gendarmes et policiers, de l’évêque de Bafoussam et de ses collaborateurs, Innocent de nombreuses personnes protestataires seront arrêtés et gardés à vue.

Par la voix de son directeur exécutif, Charlie Tchikanda, la Ligue des droits et libertés, basée à Bafoussam a dénoncé et condamné « ce bornage au forceps qui vise à spolier les populations riveraines de leurs terres. Les opérations de bornage sont essentiellement une procédure consensuelle et amiable. Par conséquent la présence des forces de l’ordre sur les lieux ne se justifiait pas. Dès lors que tout acte posé sans ce consensus ni entente est réputé nul et de nul effet au regard de la réglementation en vigueur.» Tout en précisant qu’il ne prend partie ni pour les populations, encore moins pour l’église, Charlie Tchikanda regrette le fait que cette injustice soit soutenue et cautionnée par une autorité morale telle que le diocèse de Bafoussam. Cette dernière position est loin de surprendre. Au regard de la loi camerounaise sur la propriété immobilière, les terrains non encore immatriculés sont la propriété de l’Etat qui a la latitude en cas de besoin de procéder au déguerpissement.

Les familles qui restent insatisfaites ont introduit un recours auprès du délégué départemental en charge des questions foncières.

Image d’illustration
journal du Cameroun)/n
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