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Cameroun: Léonard Logmo le Directeur du Festival les Moment Conte-Patrimoine fait le bilan de la 10e édition

La ville de Sa’a a servi de cadre à ces rencontres qui mettent en avant l’oralité de la culture africaine

Qu’est ce que le festival les moments conte-Patrimoine (FESTMOC)?
Le festival Les Moments Conte-Patrimoine est l’une des activités majeures de l’Association Carrefour des Conteurs Contemporains qui s’occupe de la promotion des arts de la parole, de la protection du patrimoine matériel et immatériel et du développement des carrières artistiques des acteurs uvrant dans ce domaine.

Le FESTMOC 2009 est arrivé à son terme, quel bilan faites vous de cette dixième édition?
Le bilan de cette édition nous semble globalement positif. Sur le plan de la tenue du festival, celui-ci a pu avoir lieu aux dates prévues malgré le manque de moyens financiers. En ce qui concerne les activités, presque toutes se sont tenues aux dates et heures indiquées. Nous avons une équipe dynamique, jeune et organisée qui a permis d’assurer un meilleur déroulement de cet événement. La Mairie de Saa, à cette édition particulièrement nous a apporté un soutien vital sur le plan matériel et financier. L’Organisation Internationale de la Francophonie a soutenu la venue d’artistes africains nous renouvelant ainsi sa confiance pour la tenue de cet événement. Le public, très convivial et très alerte sur la place de la Mairie, a répondu nombreux aux nocturnes de contes.

L’innovation cette année a été les bibliothèques mobiles, est ce que leurs objectifs ont été atteints?
Avec la bibliothèque mobile au FESTMOC-P cette année nous pensons avoir atteint nos objectifs, à savoir canaliser le maximum de jeunes de cette localité vers le livre et la bibliothèque. La bibliothèque mobile, il faudrait le dire, a été mise en place cette année par le festival en collaboration avec le Centre Culturel François Villon de Yaoundé suite a un besoin relevé par la municipalité de Sa’a en matière de lecture. Cette bibliothèque a travaillé au niveau de la Mairie de Sa’a, dans plusieurs établissements scolaires de la ville et à l’orphelinat « la Maison du soleil » de Nkolmebanga. Ce fut une expérience merveilleuse. Nous pensons avoir atteint nos objectifs qui étaient d’amener le livre vers les populations, susciter un intérêt manifeste des enfants et des jeunes vis-à-vis du livre. Cette activité a permis de restituer l’intérêt d’une bibliothèque en milieu rural et son impact sur les populations. Cette tâche rentre en droite ligne dans le cahier de route de la commune de Saa qui en ce moment est entrain de construire un foyer qui comprendra entre autre une médiathèque. Ces bibliothèques mobiles viennent donc consolider l’action menée par la municipalité.

Cette édition tournait autour du rôle de la femme et de son importance pour l’encadrement et le maintien des valeurs dans la société, pourquoi ce choix thématique?
L’action des femmes, qui sont pourtant nos mères, nos s urs, nos épouses n’est pas très souvent comprise et mis en exergue. Voilà pourquoi nous avons consacré cette édition à la femme. La plupart du temps, quand vous entendrez un conteur vous raconter une histoire, il vous dira c’est ce que ma grand-mère m’avait dit ou m’avait raconté. La femme chez nous, était au centre des berceuses et des contes autour du feu. Pourtant le constat que nous avons noté est net: la femme africaine, élément assujetti depuis la nuit des temps et jusqu’à nos jours est présentée comme un être infériorisé parce que cela correspond à la vision de l’homme qui détient encore le monopole de la culture et de l’oralité. Dans de nombreuses sociétés africaines, le droit de raconter était exclusivement réservé à l’homme. Quant aux femmes, le seul domaine de création qui leur était réservé était la chanson (les berceuses dans les contes) dont elles se sont constituées des répertoires intéressants et louables. Eduquée dès le plus jeune âge à son futur rôle d’épouse exemplaire, de mère et de gardienne des traditions, la femme est modelée à l’image idéale que la société a ancrée à travers les âges, dans les mentalités : image de femme docile, patiente, travailleuse, disponible et capable de taire ses souffrances physiques et morales dans l’intérêt supérieur de ses enfants et de la communauté. Ce rôle s’accomplit dans l’ombre, bien évidemment. Dans la sphère intérieure: celle des travaux domestiques, de l’éducation des enfants, de la sauvegarde des liens familiaux pour la transmission des préceptes de la tradition. Or la femme est un maillon essentiel dans la chaîne de transmission des valeurs de la communauté. A côté des tenants des pouvoirs spirituels et des personnes âgées, vénérées pour leur proximité supposée avec le royaume des ancêtres, la femme joue en effet un rôle considérable dans la sauvegarde et la consolidation des valeurs que la société s’est forgée. C’est elle qui inculque à la fille et plus tard à la jeune fille les principes liés à la condition féminine. Notre projet lors de cette édition a mis en valeur l’action des femmes dans le développement des langues, des coutumes et des traditions locales dans son ensemble. Ainsi, à travers nos actions, la gente féminine, aura un véritable chapitre d’accès à la culture.

Cette année c’est la localité de Sa’a (Région du centre, département de la Lékié) qui a été choisie pour abriter le festival, comment s’opère le choix des localités cibles et où sera basée l’édition prochaine?
Le Festmoc-P est à l’origine un festival itinérant qui est censé intervenir sur l’ensemble du territoire national. Pour l’instant et en fonction des moyens disponibles, le festival peut se tenir dans une ou deux localités. Le choix des localités se fait sur étude minutieuse de l’emplacement de la localité, des besoins des populations en matière socio culturelle, de l’intérêt de la municipalité choisie vis-à-vis de notre projet. Au terme de cette édition et certainement avant la fin de l’année 2009, avec le comité d’organisation, nous déciderons du lieu de la prochaine édition.

Que rapporte concrètement le FESTMOC à ses organisateurs?
Le FESTMOC-P est une activité qui milite dans le développement des carrières artistiques des ouvriers de la parole. Notre association est à but non lucratif. Ce qu’on y gagne comme organisateur, c’est principalement un épanouissement personnel des membres qui pour la plupart sont des artistes ; c’est aussi la possibilité de pouvoir développer un réseau de rencontres permettant la valorisation des arts de la parole. Pour notre association, le projet n’est nullement commercial, il est artistique.

Avez-vous bénéficié du soutien de l’Etat pour cette édition?
Comme je l’ai signalé plus haut, pour l’instant nous avons reçu une aide substantielle de la Mairie de Sa’a, qui nous a permis d’assurer une partie du séjour des artistes. Nous avons soumis un dossier de demande de subvention pour la tenue du FESTMOC-P 2009 au Ministère de la Culture, nous attendons une suite à cela.

Festmoc 2009
Journalducameroun.com)/n
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