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Cameroun : les assassins d’un militaire passent aux aveux complets

Deux des malfaiteurs à l’origine de la mort d’un sergent de l’armée de l’air ont reconnu leurs forfaits. Ils sont poursuivis pour vol aggravé et meurtre en coaction. Les faits sont rapportés par Kalara.

Eric Ngah Nomo et Marthel François Loïc Engagnim méditent sur leur sort à la Prison centrale de Yaoundé Kondengui depuis près d’un an alors que leur acolyte, un certain Bidias alias «Bâtiment», est déclaré en fuite. Il a échappé de justesse aux filets de la police. Les trois compagnons d’infortune sont accusés d’avoir perpétré des agressions contre les personnes qui avaient emprunté leur taxi.

Ils avaient également causé la mort d’un jeune sergent de l’armée de l’air renversé et grièvement blessé en pleine chaussée par le véhicule des mis en cause. Le 24 septembre 2021, Ngah Nomo Eric et Engagnim Marthel François Loïc sont passés aux aveux complets. Ils ont reconnu tous les faits qui leur sont reprochés devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi en présence des victimes et de M. Batje Daniel, le père du disparu.

Dans son exposé des faits au centre du procès, le représentant du parquet a expliqué que le 1er octobre 2020, aux environs de 21h, Mme Fimbo Béatrice, fonctionnaire de police, et Daniel Djakou, ingénieur agronome, ont emprunté un taxi au niveau de la Sous-préfecture de Yaoundé 1er.

A quelques pas de là, le chauffeur du taxi avait brusquement ralenti pendant que les deux autres occupants du véhicule armés de couteaux avaient neutralisé la policière et l’ingénieur agronome. Ces derniers avaient été dépossédés de tous leurs biens avant d’être projetés au sol à proximité de l’immeuble siège de la Caisse nationale de Prévoyance sociale (Cnps).

Blessure par balle

Informés de la situation, les collègues de Béatrice Fimbo avaient ouvert une enquête dans le but de retrouver les agresseurs. Pendant que les investigations se poursuivaient, un étudiant était tombé entre les mains des mêmes brigands au quartier Melen à Yaoundé. Il avait subi le même traitement que les premières victimes. Sauf que ce jour-là, un homme en tenue, témoin de la scène, engageait une chasse aux brigands.

Au cours de la course poursuite qui avait conduit les protagonistes au carrefour de l’hôtel Hilton, Ngah Nomo Eric, le chauffeur du taxi, avait été blessé par une balle au bras. Dans leur course folle, les agresseurs avaient percuté un sergent de l’armée de l’air qui était à bord d’une motocyclette. Conduit à l’hôpital, le militaire blessé avait rendu l’âme. M. Ngah Nomo Eric et Engagnim Marthel François Loïc avaient été appréhendés pendant que Bidias alias «Bâtiment» avait réussi à prendre la clé des champs.

Dans ses réquisitions, le représentant du parquet a estimé que le décès du militaire est un homicide volontaire, étant donné que Ngah Nomo était déterminé à échapper à l’homme en tenue qui le poursuivait. «C’est de manière délibérée qu’il avait balayé le motocycliste qui constituait un obstacle sur son passage. L’acte était voulu et l’objectif a été atteint», a-t-il déclaré. Il s’est réjoui du fait que les accusés, étant face à l’évidence, ont décidé de plaider coupables des faits qui leur sont reprochés.

 Il a ajouté que les aveux spontanés des mis en cause leur permettent de bénéficier des circonstances atténuantes. C’est la raison pour laquelle le parquet, dit-il, a requis l’infraction du meurtre dont la peine est moindre que celle de l’assassinat. L’avocat de l’accusation est allé dans le même sens que le ministère public.

Pour sa part, l’avocat de la défense a plaidé pour l’indulgence du tribunal, étant donné que ses clients ont reconnu leurs fautes et présenté les excuses au tribunal ainsi qu’aux victimes. L’avocat qui se présente comme l’oncle maternel de M. Ngah Nomo a déploré le revirement et les agissements de ce dernier qui avait pourtant suivi une formation en marine marchande à Douala.

Il a noté que son neveu, qui a été emporté par les mauvaises compagnies à son retour à Yaoundé, n’avait pas pour objectif d’assassiner le sergent. Il soutient que le but véritable des agresseurs était de déposséder leurs victimes des biens qu’elles détenaient. Il a demandé au tribunal de condamner les accusés à une peine permettant à ces derniers de se resocialiser.


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