Société › Société

Cameroun: Les Avocats toujours en grève

Ils étaient face à la presse le mercredi 17 juin 2009 à Yaoundé

Le torchon brule véritablement entre le barreau et la tutelle ministérielle. Depuis la condamnation de Maitre Abessolo dans l’affaire du Port Autonome de Douala, les avocats se sont révoltés et protestés contre ce qu’ils appellent des abus du pouvoir au Cameroun. Les avocats ont profité de cette situation pour exprimer le sentiment d’oppression qui les anime, sentiment lié aux multiples atteintes de leur profession. Il fallait donc trouver des voies et moyens pour remédier à cet état de choses, surtout préserver les intérêts moraux et professionnel de l’ordre national des avocats du Cameroun. Selon les avocats qui étaient face aux journalistes ce 17 juin 2009, une première réunion élargie aux membres du bureau a fait une évaluation provisoire des atteintes à leur profession, en attendant une évaluation définitive qui sera opérée au cours de l’assemblée générale à laquelle devront prendre part les 2000 avocats que compte le Cameroun. Les avocats estiment qu’aujourd’hui les combats et acquis hérités des fondateurs de l’ordre et qui ont définit le champ d’activité des avocats se réduisent chaque jour. Selon eux, le marché professionnel des avocats qui n’est pas une notion Camerounaise est entendu au Cameroun comme si l’activité d’avocat devrait être réduite à la simple défense du prétoire. Or depuis 1990, date de la loi en vigueur, le champ d’activité a été étendu et défini par l’article 1er de cette loi en vigueur

Ainsi l’avocat n’est plus simplement l’avocat défenseur mais aussi l’avocat conseil. En outre la notion même de la profession associée au concept anglo-saxon du ministère d’avocat a un champ plus large. Ce qui intègre la rédaction des actes authentiques. Cette méconnaissance de la profession s’accompagne par une suspicion générale. Par ailleurs le système de rémunération des avocats défini par la loi de 1990, et les contentieux y relatifs sont pourtant réglementés. Aucun acte d’avocat n’est donc par conséquent bénévole ni gratuit. Selon maitre Hyppolite Meli Tiakouang, président de l’Assemblée générale de l’Ordre national des Avocats du Cameroun, La condamnation de maitre Abessolo n’est que la goute d’eau qui a débordé le vase. Pour les avocats, il n’est pas normal que la cour suprême affirme que le ministère d’avocat ne peut que se réduire aux affaires contentieuses.

Pour eux, d’autres avocats ont été poursuivis par la justice sans la moindre réaction du Conseil de l’ordre. Face à la presse, les avocats ont affirmé que leur réaction vise à protéger l’indépendance de la justice, véritable gage de l’état de droit. Les hommes aux robes noires remettent donc en question le verdict rendu par la justice Camerounaise au sujet de leur confrère. La conférence de presse de ce 17 juin 2009, qui avait pour orateur principal maitre Atangana Ayissi, représentant du bâtonnier à Yaoundé, était donc l’occasion pour tous ces avocats présents dans la salle des conférences de l’ordre à Yaoundé, de réaffirmer leur détermination à poursuivre le débrayage. Dans les tribunaux, de nombreuses affaires sont renvoyées faute d’avocats, une situation qui risque à la longue de ternir l’image de la justice camerounaise en lui ôtant sa crédibilité. La réaction du vice- premier ministre garde des sceaux Amadou Ali à ce nouveau rebondissement, est vivement attendue.


www.equinfo.org)/n
À LA UNE
Retour en haut