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Cameroun: les « bendskinneurs » de Douala veulent défier le premier ministre

Ils ont observé un arrêt de travail lundi, 15 juin. La marche annoncée dispersée par les forces de l’ordre

Lundi, 15 juin 2009, les populations de la ville de Douala, notamment celles des quartiers Ange Raphaël et Bépanda Omnisports au réveil, sont surprises de constater qu’il est quasiment impossible d’emprunter une moto – taxi pour rejoindre rapidement leur site d’activité. Rares sont les engins en circulation en cette matinée. Et pour cause, les conducteurs de moto taxi, répondaient à un mot d’ordre de grève, afin de protester contre plusieurs exigences de l’administration qu’ils jugent, « excessives ». L’association des bend skin du Cameroun, branche du littoral, avait annoncé une marche dite pacifique et patriotique qui devait aller de l’omnisports pour Bonanjo. Mais celle-ci a été vite maîtrisée par les forces de l’ordre qui se sont déployées dès l’aube sur les lieux pour contenir tout mouvement d’humeur.

C’est de l’omnisports qu’on devait se réunir pour procéder à la marche, mais elle n’a plus eu lieu par ce que tout le quartier a été envahi par les forces de l’ordre. La police ne nous influence pas, notre souci est de ne pas organiser les émeutes. Quelqu’en soit le cas, on ne peut ne pas marcher, même en passant toute une journée sans travailler, ça fait toujours parti des revendications, selon Hilaire Zouakeu. Le président régional de l’association des bend skin pour le littoral, poursuit: [b Nous demandons au gouvernement de prendre ses responsabilités. Il avait demandé le permis, l’assurance, la vignette, l’impôt libératoire, ces quatre pièces pouvaient suffire. A ce moment là, on va fonctionner avec le gouvernement sans souci ». Il précise en outre, que le mouvement d’humeur de ce lundi, 15 juin, était également une manière de s’insurger contre la récente décision du premier ministre, laquelle interdit la circulation de moto taxis au centre ville. Celles-ci devant exclusivement se cantonner aux périphéries.

Cette décision arrive à expiration le 31 juin 2009, et dès le 1er juillet prochain, toutes les dispositions seront prises par les autorités locales pour sa mise en application. Une situation que les conducteurs de moto taxis redoutent certes, mais pas question de baisser les bras, clament-ils haut et fort. M. Zouakeu précise: cette décision ne peut pas réellement s’appliquer, puisqu’il n’y a pas de périphéries à Douala. Je ne me vois pas entrain de laisser tomber la ville. S’il faut réglementer l’activité de moto taxi, qu’on engage un dialogue entre les deux parties à savoir, le gouvernement et les bendskinneurs. A ce moment là, on va sortir avec une suite favorable, quelque soit le cas. Il se demande au vu du contexte actuel, « s’il n’y a pas une machine installée pour nuire au bas peuple », étant donné que dans la plupart des syndicats, le président, le vice-président et autre secrétaire général ne sont pas des conducteurs de moto taxi.

Quoi qu’il en soit, le date butoire approche à grand pas, d’ici là, nous allons multiplier protestation sur protestation, si on constate que rien n’est fait, là, on se prépare mûrement pour le 31. Si d’office le gouvernement ne répond pas positivement à nos doléances, ça veut dire que le 31, ce qui doit arriver doit arriver, prévient Hilaire Zouakeu.


Journalducameroun.com)/n
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