Société › Faits divers

Cameroun: Les enfants de la rue incarcérés à Douala

Soupçonnés d’acte de viol, vol, une trentaine d’enfants de la rue se trouvent à la prison centrale de Douala.

Au nombre de 35 au total, les enfants de la rue comme on les appelle communément, sont incarcérés à la prison centrale de Douala à New Bell, depuis hier lundi, 23 février. Présentés comme de « redoutables délinquants », ces jeunes ont été arrêtés au stade Mbappé Léppé à Akwa. Au moment de leur arrestation, ils étaient « sous l’effet des stupéfiants », selon certaine source. Ils ont été immédiatement conduits au commissariat de sécurité publique de premier arrondissement, où ils ont été placés à garde à vue pendant cinq jours. Cette incarcération serait faite sur ordre de la préfecture du Wouri, qui entend lutter contre le désordre et l’insécurité dans la ville de Douala, notamment dans le centre urbain, qui s’avère être le principal pool d’activité des enfants de la rue. Ceux-ci, dit-on, seraient coupables des actes de viol, vol, consommation des produits illicites. De même, ils seraient impliqués dans les réseaux des phénomènes tels l’homosexualité et la pédophilie. A la prison centrale de New Bell, les dirigeants laissent entendre que ces jeunes sont sur garde à vue administrative, puisqu’ils sont arrivés sans mandat de dépôt signé par le procureur de la République. Si leur culpabilité est prouvée, ils resteront dans ce centre pénitencier, mais dans le cas contraire, ils seront libérés.

Ce n’est pas la première fois que les enfants de la rue se retrouvent au centre des problèmes complexes. Il est très facile de les retrouver dans les rues de la ville de Douala, notamment sur le boulevard de la liberté à Akwa, à certains carrefours très fréquentés comme le rond point Deïdo, le carrefour Ndokoti, et autres boulangeries, banques, etc. Si tout au long de la journée, ils se font remarquer en exerçant des multiples tâches telles laver les voitures, permettre à un conducteur de se garer, nettoyer certains endroits ou tout simplement faire la manche, il n’en demeure pas moins important de souligner, que ceux-ci sont aussi auteurs des actes crapuleux. Un moment d’inattention pour les dames, et les sacs, portes monnaies sont envolés. On ne compte plus également le nombre de fois où au sorti d’un night club, plusieurs personnes se sont fait dépouillées de tout leur argent et objet de valeur, parfois sous la menace d’un couteau, prêts à blesser si l’on résiste.

Abandonnés à eux-mêmes, nombreux sont les associations, orphelinats et foyers qui recueillent ces enfants, dans l’espoir de leur offrir une vie meilleure, voire une chance de changer. En 2003, on estimait le nombre des enfants de la rue à Douala, à 4 000. Un chiffre trop lourd, et dont les bonnes volontés, individuelles et généralement en groupe, se déploient pour permettre à ces enfants, de retrouver leur famille respective, de suivre une formation éducative dans le but de s’insérer dans la société.

Apparu au tout début des années 1980, le phénomène des enfants de la rue, est devenu un phénomène mondial. Les grandes villes, sont principalement concernées, comme c’est par exemple le cas à Douala où on compte ces enfants par milliers. Les raisons de leur présence dans les rues plutôt que dans leur domicile, restent toujours incompréhensibles avec d’un côté, les enfants qui s’y retrouvent par la force des choses, la pauvreté de la famille les amenant à se battre très tôt pour pouvoir survenir aux besoins des frères et s urs. D’un autre côté, ceux qui décident simplement de calquer la porte du domicile familial, afin d’échapper au contrôle parental. Quoi qu’il en soit, le phénomène des enfants de la rue, inquiété les autorités administratives de la cité économique, qui parfois, n’hésitent pas à débarquer sans crier gare, et à les rafler de force, même si quelque temps après, ils sont relaxés.


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