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Cameroun: les propositions du FMI contre productives face à la mal gouvernance

Par Vincent Sosthène Fouda, président national du Mouvement Camerounais Pour la Social-Démocratie (MCPSD)

La position officielle du Cameroun semble donc être que le Cameroun ne quittera pas le CFA si j’en crois certains médias et que ce propos aurait été tenu par le premier ministre Philémon Yang lors de la visite de Christine Lagarde au Cameroun. Il en est de même pour ce qui est des propositions de madame Lagarde quant à la multitude des projets du gouvernement camerounais. Un pays n’est pas une institution internationale, nous devons simplement déplorer que la conférence de presse avec les ministres des finances de la zone CEMAC n’est pas été un échange franc avec les journalistes, ce qui aurait permis de vulgariser les thèmes qui tiennent les populations à c ur.

La monnaie est à l’économie ce que le sang est au corps humain; s’il en manque, c’est l’anémie, s’il y en a trop, c’est la congestion. Il ne viendrait à l’idée de personne d’emprunter son propre sang. Alors, il revient à l’État, pour le service du bien commun, d’assurer l’offre à la demande de monnaie pour qu’enfin l’économie camerounaise soit au service des camerounais. Voilà le principale sujet qui intéresse les camerounais dans le rapport de leur pays avec la Banque Mondiale.

La conjoncture intellectuelle présente nous interpelle sur la question du savoir économique autorisé et de la place spécifique que la monnaie y tient. On dispose en effet désormais d’assez de recul pour constater qu’en dépit de l’ampleur de la crise actuelle du capitalisme financiarisé dans ses deux premières phases, celle initiée en 2008 aux États-Unis par le défaut sur les dettes privées des ménages et ses conséquences dépressives sur l’économie mondiale, puis celle de l’endettement des États dans la zone euro initiée en 2010, les idées des économistes qui font autorité continuent de structurer, comme si de rien n’était, la vision du monde des classes dirigeantes occidentales. Tout se passe comme si un effet de sidération avait paralysé la capacité à penser de nos gouvernants et de leurs conseillers économiques et financiers.

Le gouvernement camerounais, a son programme que nous demandons à voir, à implémenter, le Chef de l’Etat dans son message de v ux à la Nation le 31 décembre 2015 a dit que le DSCE est la boussole de son gouvernement. Nous ne pouvons donc pas dire qu’il a entendu les conseils de madame Lagarde pour se réajuster ou pour se déployer. Qu’est-ce que le développement ? François Perroux en 1961 disait et je cite : c’est « la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître cumulativement et durablement son produit réel et global ». Cette définition implique deux faits principaux : si la croissance peut se réaliser sans forcément entraîner le développement (partage très inégalitaire des richesses, captation des fruits de la croissance par une élite au détriment du reste de la population), il y a tout de même une forte interdépendance entre croissance et développement (le développement est source de croissance et nécessite une accumulation initiale).

Enfin, le développement est un processus de long terme, qui a des effets durables. Une période brève de croissance économique ne peut ainsi être assimilée au développement. Le problème du gouvernement camerounais n’est pas d’embrasser trop de projet mais de ne conduire aucun à terme et ceci depuis 30 ans environ et cela s’appelle la mal gouvernance. Ce gouvernement est champion des déclarations, des projets mais nul en réalisation, c’est ce qui découle d’ailleurs du dernier rapport de Transparency International quand on le lit par rapport à l’indice de développement. Madame Lagarde comme toute financière ce trompe sur les objectifs que doit atteindre un pays s’il veut se développer alors que ces critères n’ont pas changé depuis 1970 et énoncé par le PNUD à savoir : la productivité qui permet d’enclencher un processus d’accumulation ; . la justice sociale : les richesses doivent être partagées au profit de tous ; . la durabilité : les générations futures doivent être prises en compte (dimension à long terme du développement) ; . le développement doit être engendré par la population elle-même et non par une aide extérieure. Quand vous regardez et lisez attentivement les propositions de madame Lagarde le compte y est-il ?

La nécessité de la monnaie
La monnaie est essentielle au fonctionnement d’une économie moderne, mais sa nature a sensiblement varié au fil du temps. Aujourd’hui, la monnaie est une dette, dont la spécificité est que chaque acteur du système économique est sûr qu’elle sera acceptée par les autres en échange de biens et de services.

Il existe 3 types de monnaie : les espèces, les dépôts bancaires, et les réserves de la banque centrale. Chacun représente une dette entre un secteur de l’économie et l’autre. Dans l’économie, moderne, les dépôts bancaires, qui sont créés par les banques commerciales elles-mêmes constituent la majeure partie de la monnaie. Sur les trois types de monnaies il revient non pas seulement au Cameroun mais à l’Afrique entière d’analyser avec rigueur où se trouve sa faille, celle du pays et celle du continent. Où se trouve la réserve de la banque centrale des Etats de la CEMAC et par là de tous les Etats francophones à quelques exception et les Comores ?


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